Marie-Sophie Kesteman - Auteur de Le livreur

Publié le par litteratureetfrancais

  1. Présentez-vous en quelques mots.

Je suis une jeune auteure belge de 23 ans, issue de la “cité ardente” de notre plat-pays: Liège. Je viens de terminer ma cinquième année de médecine à l’université de Liège. J’ai un chien, deux chats, un poisson rouge qui est en fait noir et qui s’appelle Nestor.

 

  1. Parlez-nous de votre dernier ouvrage.

Il est en vérité le premier. Il s’intitule “Le Livreur” et a été publié aux éditions Hélène Jacob le 21 juillet de cette année. Au départ, ce ne devait-être que de la littérature alimentaire: j’avais besoin d’écrire, mais je ne savais pas quoi... J’ai donc opté pour une histoire de mystère, de magie, avec un peu de romance et des personnages au caractère bien tranché.

 

  1. Depuis quand écrivez-vous ?

    Depuis si longtemps que je saurais le dire avec exactitude. Disons toujours, pour calquer à l’image qu’on se fait de l’écrivain modèle

 

  1. Que vous apporte l’écriture ?

Voilà une question intéressante, mais difficile... Elle m’empêche de mentir? Parce que je peux raconter mes vies mentales autrement que dans une discussion (ce que je faisais quand j’étais encore enfant)?  
Plus sérieusement, l’écriture m’apporte avant tout une grande sérénité. Elle est une délicieuse échappatoire face aux tracas de la vie et il est parfois difficile de ne pas s’y enfermer...

Mais l’écriture m’apporte également un grand manque de concentration. Mon esprit vagabonde toujours à des années lumières de la terre, dans des pays où les montagnes grattent le ciel de leur sommet enneigé et où de gigantesques forêts de pins dorés s’étirent à perte de vue! C’est un sacré inconvénient... Vous n’imaginez même pas combien de fois je peux perdre mes lunettes sur une seule journée... Mais au fond, peut-être est-ce ce manque de concentration qui m’apporte l’écriture

 

  1. Dans quelle condition écrivez-vous ?

Je ne suis pas difficile. Dans le bus, aux cours (oui, c’est mal), dans les files d’attentes, dans mon bain, sur un transat au bord de la piscine, dans mon lit, tard le soir, alors que je devrais dormir... Je peux écrire partout, quand l’envie m’en prend.

 

  1. Quelle est votre source d’inspiration ?

“Votre”? Il serait plus juste de dire “Vos”. J’ai une capacité de concentration très fluctuante, comme je le disais, et c’est en grande partie due à ces “sources d’inspirations”... Ce peut-être n’importe quoi!  Un objet insolite que je trouve en rue, une conversation anodine volée à deux passagers du bus, un élément mineur dans un film ou un livre, un évènement plus personnel, parfois, ... Bref, tout peut donner naissance à une histoire, le tout est de demeurer attentif aux appels de notre subconscient

 

  1. Etes-vous écrivain à part entière ou exercez-vous une profession à coté ? si oui laquelle ? Que vous apporte-t-elle par rapport à votre travail d’écrivain ?

J’étudie pour devenir médecin, donc non, je ne suis et ne serai peut-être jamais écrivain à part entière. Il faut beaucoup de talent et de persévérance pour arriver à vivre décemment de cette passion. Ce que m’apporte la médecine dans l’écriture... Et bien, un vocabulaire qui peut parfois paraitre étrange aux yeux de certains   Mais j’avoue que mes “occupations universitaires” influencent surtout beaucoup la lecture... Certains “évènements” décrits dans les livres me font dresser les cheveux sur la tête. Et pourtant, ils sont parfaitement anodins. Un exemple? Dans beaucoup d’ouvrages, les pupilles des personnages se réduisent en deux fentes, s’étrécissent, deviennent deux points incandescents lorsqu’ils ont peur... Non! Lorsqu’un humain a peur, l’adrénaline sécrétée dilate les pupilles, elle ne les rétrécit pas! Voilà, je viens d’avouer la folie qui se cache sous mes airs gentillets.

 

  1. Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

Bien entendu Le plus gros est en cours d’écriture. Il s’agit d’une saga de Fantasy en cinq tomes. J’ai entamé la seconde partie du tome 3.
Comme beaucoup d’auteur, j’ai énormément de projets de nouveaux romans! Si nombreux que j’en ai déjà oublié la moitié!

 

  1. On dit souvent que l’auteur « fait passer un message » : est-ce le cas pour vous ? Si oui quel est ce message ?

C’est vrai, on le dit. Cependant, je n’ai pas la prétention de dire que j’essaie de “Délivrer un message”. Mes histoires sont avant tout un moyen d’évasion, un moyen d’apporter un peu de cette magie qu’il manque aux adultes Mais mes romans essaient par ailleurs d’illustrer une problématique qui me touche, et le Livreur ne déroge pas à cette règle. Par l’histoire de ce héros un peu hors normes, j’ai essayé de mettre en avant la grande influence, parfois néfaste, que l’éducation pouvait avoir sur les enfants, et à quel point “être un enfant” était important dans la vie d’un adulte.

 

  1. Si vous deviez changer quelque chose dans votre carrière d’écrivain, ce serait quoi ?

Quelle question! Le nombre d’heures dans une journée! 6 ou 7 heures de plus ne seraient pas regrettables....

 

  1. Comment s’est fait le choix de votre maison d’édition ?

Ce qui m’a beaucoup plus aux éditions Hélène Jacob est le caractère assez hétéroclite de leur ligne éditoriale. Leur site, leur présentation, les echos... tout laissait croire en leur professionnalisme. Et j’ai eu raison d’écouter les racontars du net: je m’y sens très bien!

 

Quelques questions sur vous et la lecture

  1. Qui vous a fait aimer la lecture/ l’écriture ?

Mon grand-père, Emile Kesteman, m’a fait aimer l’écriture. Il était lui-même écrivain et c’est un univers qui m’a toujours fascinée.

La lecture... disons qu’il n’y a pas de “Qui”, mais bien un “Quoi”. Un livre, à dire vrai. Attention, le titre va paraitre ridicule parce qu’il s’agit d’un livre pour enfant: Pentecôte le mulot. Eh oui, pas de grands classiques qui en mettent plein les yeux Il faut dire que ma passion pour la lecture ne remonte pas à hier...

 

  1. Quel est votre auteur préféré en dehors de vous-même bien sûr ! ?

Moi-même? Non! Je ne supporte pas de me relire, c’est donc impossible. Lire ses propres histoires a quelque chose d’effrayant... Impossible de me relire sans corriger quelque chose!
Sinon, mon auteur préféré est sans conteste J.R.R. Tolkien. C’est classique me direz-vous. Mais bon... les coups de cœur ne se contrôlent pas. De lui, j’ai tout lu, et j’ai tout adoré! Le Silmarillon demeure cependant mon roman favori.

  1. Quel type de lecteur êtes-vous

Du type avide, de celui qui tuerait pour obtenir un roman qui lui a tapé dans l’oeil. Et croyez-moi, il y en a beaucoup!

 

  1. Qu’aimez-vous lire ?

 A nouveau, je ne suis pas difficile: Je lis de tout! Du fantasy (mon style de prédilection), des classiques, des romances, des livres documentaires, des dystopies, ... Tant que l’histoire est originale, ne regorge pas de clichés et que les personnages sont intéressants (et donc pictés de défauts), je prends!

Quelques questions sur les blogs et tout le reste …

  1. Que pensez-vous des blogs littéraires ?

Ils fleurissent de plus en plus sur la toile, et c’est très bien! J’en tiens (plus ou moins) un moi-même et je trouve ça bien agréable! Ils permettent aux jeunes auteurs comme moi de se faire connaitre et de relayer les informations concernant leurs romans. Nous n’avons pas encore idée, je crois, du poids de ces blogs sur le net.

Ils me permettent aussi, en tant que lectrice, de découvrir les sorties littéraires prévues, des romans qui ne m’auraient jamais attirés en librairie...

 

  1. Que pensez-vous de mon blog en particulier et quel est pour vous l’intérêt de répondre à ce petit questionnaire ?

Ce qui m’a le plus marqué sur ce blog est la PAL! Quelle PAL! Aurez-vous assez d’une vie?  
Votre blog est bien organisé, il est aisé et agréable d’y voyager et vos chroniques sont nombreuses  

 

  1. Comment gérez-vous les critiques des lecteurs de blogs qui ne sont pas des spécialistes ? (critique positive et négative) ?

La critique positive est agréable à l’égo, elle vous fait sourire jusqu’aux oreilles, mais elle ne vous fera pas progresser.

Lorsque je reçois une critique négative... Eh bien, je commence par me dire que je vais arrêter l’écriture, me mettre au tricot, au point de croix ou à la prostration... Et puis je la relis quelques jours plus tard, lorsque la frustration et la colère sont retombées Les critiques négatives sont celles qui feront progresser, elles pointent du doigt les faiblesses de notre écriture, que nous avons du mal à voir, par cécité, par lassitude ou par orgueil.

Mais ce qui est vraiment abominable lorsqu’on reçoit un avis négatif est l’absence de justification. “"Tu n’as pas aimé? D’accord, mais pourquoi!” Il n’y a rien de pire que cette critique tranchante qui clame que ce n’était pas bon, mais qui ne prend pas le temps d’expliciter les détails... Vraiment, je la redoute.

 

  1. Si vous deviez remercier un professeur que vous avez eu : ce serait qui et pourquoi ?

Madame Delacroix, mon professeur de français au Lycée saint-jacques où j’ai effectué toutes mes secondaires. Elle nous a beaucoup fait écrire et nous a beaucoup appris. Elle m’a enseigné les champs lexicaux, que j’utilise souvent, mais elle m’a aussi appris à contrôler mon imagination parfois trop “imaginative” et à me concentrer sur la forme que prenaient mes idées.

 

  1. Pensez-vous que les jeunes ne sont plus capables d’apprécier la lecture ? Quels remèdes proposeriez-vous ?

J’ai en effet cette impression de désintérêt des jeunes vis à vis de la lecture, mais je ne suis plus assez “in” pour en juger objectivement . Je vois tout de même certains adolescents passionnés de lecture et je me dis que c’est une passion qui demeurera éternellement (je l’espère), même si elle perd un peu de terrain face au monde audiovisuel.

 

 

  1. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes écrivains ?

Oubliez ceux qui vous disent que vous n’y arriverez pas, que vous écrivez mal, que vous avez encore beaucoup de chemin à parcourir. Vous aimez écrire? Alors écrivez!

 

La parole est à vous : Une dernière phrase ? pensée ? critique ?

Bon, allez! Une petite citation, qui résume ma façon de vivre: “La vie ce n’est pas d’attendre que les orages passent, mais d’apprendre à danser sous la pluie”.

        

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