Natalie W. Genova - Auteur de Sombre désir

Publié le par litteratureetfrancais

Présentez-vous en quelques mots :

Je suis née en banlieue parisienne, dans les Yvelines. De nature assez éclectique, j'ai fait des études scientifiques puis paramédicales, tout en étant attirée par la littérature et l'art purement graphique . J'affectionne la lecture et le travail sur les textes de tout genre. J'en suis venue naturellement à tâter de la plume à mon tour il y a peu de temps.

 

Parlez-nous de votre dernier ouvrage

Sombre Désir est ma première nouvelle tout fraîchement publiée : Le thème est la rencontre fortuite entre Chloé et Teddy, dont l'union va sembler idyllique. Mais dans l'ombre Teddy lutte contre de sombres pulsions qu'il essaye tant bien que mal de réfréner et de cacher. Le temps passe et Teddy va avoir de plus en plus de mal à résister à sa nature profonde. Vont-ils en sortir indemnes ?
Une nouvelle sur le fil du rasoir, qui joue sur le genre, les sentiments et les caractères des personnages. J'ai voulu une histoire courte et une fin qui ait un impact. Je travaille autant le style que le thème, j'aime que mes textes soient étonnants, que le lecteur ressorte avec une certaine émotion.

Depuis quand écrivez-vous ?

Depuis peu de temps contrairement à la plupart des auteurs. Ma venue à l'écriture est le fruit d'années de lecture, de travail en tant que directrice littéraire sur des textes, nouvelles, scénari, romans… J'ai ressenti le besoin de prendre à mon tour le clavier il y a deux ans environ.

Que vous apporte l'écriture ?

Sans hésitation, une déconnexion totale d'avec le quotidien. Le passage dans un autre monde parallèle, onirique, construit par sa propre imagination, cette bascule me fait vibrer !

Dans quelle condition écrivez-vous ?

N'importe laquelle, dans mon lit, sur le canapé, en train, en voiture (à l'arrêt sinon j'ai mal au cœur), en musique ou avec la télé, seule ou avec du monde autour, quand je suis partie dans mon monde ce qui existe autour ne m'apparaît plus que par bribes.

Quelle est votre source d'inspiration ?

Elle est la plupart du temps très visuelle, une phrase, un titre, des paroles de chanson, une photo ou une image en général déclenche une idée et un fil conducteur.
Je voulais d'ailleurs "titrer" ma nouvelle Noir Désir, car à l'origine c'est le nom du groupe qui a fait germer l'histoire, mais la confusion avec l'affaire Bertrand Cantat était trop évidente. Pourtant je trouve toujours que ce titre collerait parfaitement.

 

Etes vous écrivain à part entière ou exercez vous une profession à côté ?

J'aimerai mais non, je suis infirmière libérale après avoir été infirmière en chirurgie septique et du handicapé et infirmière au département d'anesthésie réanimation. Cela peut paraitre très éloigné du domaine littéraire, mais c'est une expérience unique à vivre pour s'imprégner d'une panoplie incroyable de relations, de partages, de situations et de découvertes en tout genre. Non que je me serve de mon quotidien pour écrire, mais j'ai développé une certaine vision, une certaine sensibilité aux choses.

Avez-vous d'autres projets d'écriture ?

Oui j'ai un projet en cours d'écriture d'un artbook avec une amie photographe, M.Ptak Robin, dont l'histoire se situera à Paris intra-muros.
J'ai aussi une idée de roman qui verra peut être le jour après. Beaucoup de projets se bousculent en fait.


On dit souvent que l'auteur "fait passer un message" : est-ce le cas pour vous ? Si oui quel est ce message ?

Je pense qu'il existe toujours un message dans n'importe quel écrit, même si l'auteur n'en a pas conscience et ne le fait pas forcément volontairement. Au lecteur de tirer l'essence même du texte selon sa propre sensibilité ou pas.

Si vous deviez changer quelque chose dans votre carrière d'écrivain ce serait quoi ?

Le temps. J'aimerais avoir des journées de 48h pour pouvoir écrire comme je l'entends.

Comment s'est fait le choix de votre maison d'édition ?

Il n'y a pas eu de choix puisque nous avons créé notre propre maison d'édition : Les Têtes Brulées Editions. Nous sommes trois fondateurs : Eric Lequien Esposti, auteur et directeur littéraire, M. Ptak Robin, photographe et illustratrice, et moi-même.

 

Quelques questions sur vous et la lecture

 

Qui vous a fait aimer la lecture, l'écriture ?

La solitude m'a fait aimer la lecture. Le fait d'être fille unique, sensible et un peu réservée a fait que très jeune j'engloutissais livre sur livre. Avec le désir aussi de vivre des histoires à travers des personnages, le besoin de m'identifier pour me construire.

L'écriture est venue plus tard avec le travail sur les textes, les annotations, les réécritures, les corrections ont commencé à faire travailler mon imaginaire en même temps qu'une certaine technicité

Quel est votre auteur préféré en dehors de vous-même bien sûr !?

J'aime beaucoup, John Irving, pour son univers, son engagement, son audace et sa fantaisie.
J'aime également Jilliane Hoffman, pour son style, son suspens et le travail psychologique de ses personnages.
Et bien d'autres encore, difficile de s'arrêter à un auteur.

Quel type de lecteur êtes-vous ?

Je ne dis pas que je dévore littéralement comme avant, faute de temps, mais je lis régulièrement, je ne reste jamais sans un livre en cours que je trimballe partout.

Qu'aimez-vous lire ?

J'aime lire de tout, BD, littérature générale, polar, fantastique, thriller. J'aime tout ce qui est vraiment fictif, j'ai plus de mal avec les biographies.

 

Quelques questions sur les blogs et tout le reste …

Que pensez-vous des blogs littéraires ?

Je pense que pour les maisons d'édition et les auteurs, c'est un excellent moyen de se faire connaître.
En tant que lectrice, on y trouve des avis intéressants et des romans qui sortent du circuit traditionnel. C'est un vrai plaisir de découvrir de nouveaux auteurs, c'est un vrai plaisir de sortir des sentiers battus de la littérature hypermédiatique.

Que pensez-vous de mon blog en particulier et quel est pour vous l'intérêt de répondre à ce petit questionnaire ?

J'aime beaucoup ce blog, joyeux, foisonnant, passionné, c'est un beau lieu d'échanges et de découvertes. Un vrai coup de peps !
Répondre à un tel questionnaire permet de se faire connaître et de discuter avec un plaisir non dissimulé.

Comment gérez-vous les critiques des lecteurs de blogs qui ne sont pas des spécialistes ? (critiques positives et négatives)?

Les critiques positives sont de vraies boosters de motivation d'autant plus si elles sont argumentées. Les critiques négatives sont un peu plus dures à encaisser mais du moment qu'elles sont constructives et non pas dans le but de descendre un auteur par plaisir ou vengeance (déjà vu), elles ne peuvent qu'être utiles. Ceci dit, on ne peut pas plaire à tout le monde, il faut faire la part des choses.

Si vous deviez remercier un professeur que vous avez eu : ce serait qui et pourquoi ?

Mon professeur de français au collège, Mme Bonhomme, pour sa douceur, sa patience et son attention à nous faire découvrir qu'au-delà de l'histoire, il y a un auteur, un style et une analyse.

Mon professeur de philo en terminale, Mme Hazebrouck. Le tiers de la classe de scientifique séchait ses cours, moi j'adorais, elle me passionnait. Je la remercie de m'avoir offert son temps et son savoir, entre 13h et 14h plusieurs fois par semaine. Elle m'a appris à appréhender les grandes questions existentielles, et à penser au-delà d'un plan scolaire.

Pensez-vous que les jeunes ne sont plus capables d'apprécier la lecture ? Quels remèdes proposeriez-vous ?

Si, les jeunes sont capables d'apprécier la lecture, ils sont seulement accaparés par le phénomène écrans (internet, portable, jeux vidéo…). Le problème est que le seul endroit où on pourrait leur faire découvrir ce plaisir, c'est-à-dire l'école, reste vide de sens ! Franchement pourquoi s'aligner sur un vieux programme tout obsolète, avec des auteurs d'un siècle qui ne nous ressemble plus. Notre époque est foisonnante d'auteurs plus parlants, plus apte à faire vibrer les jeunes, et dont les messages sont largement plus d'actualités ! C'est tout un concept académique à réévaluer.

 
Que pensez-vous du boom des éditions numériques ?

C'est une grosse révolution, déjà de casser le monopole des grosses maisons éditoriales, ça j'adore. La lecture devient de par ce fait plus accessible, moins cher, sur un support de qualité. Les auteurs ont plus de chance de publier ou s'auto publier ! Certes pour le lecteur, c'est une marée de textes et il faut faire le tri dans ce flot de parutions pas forcément toujours de qualité, mais c'est aussi le jeu de la démocratisation et de la popularité. Et pour ceux qui ne prônent que le livre papier, je leur dis que l'un n'empêche pas l'autre, le principal pour moi étant le contenu. On n'a pas fait un tel foin quand le mp3 a remplacé le CD….

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes écrivains ?

Je dirais simplement,lecture, plaisir, travail et encore travail, car l'écriture et la recherche de soi-même ne se fait pas d'un simple claquement de doigts, l'investissement personnel est conséquent.

 

La parole est à vous : une dernière phrase ? Pensée ? Critique ?

Simplement un grand merci Emmanuelle, d'avoir chroniqué ma nouvelle, et de m'avoir permis de m'exprimer sur cette page. C'était bien agréable.

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