Notions générales : énonciation, discours et texte (Objet d'étude 1ere)

Publié le par litteratureetfrancais

Notions générales 1 : énonciation, discours et texte

I)                   Analyser une situation d’énonciation

1-      Qu’est-ce que l’énonciation ?

L’énonciation est le fait de produire un énoncé destiné à un lecteur ou à un auditeur.

On doit se poser plusieurs questions pour analyser l’énonciation : qui communique avec qui ? Dans quelles circonstances ? Quelle est l’attitude du locuteur face au contenu de son énoncé ?

Celui qui parle s’appelle le locuteur, il s’adresse à un destinataire dans un contexte (lieu et temps) précis.

Dans tout texte à la 1er personne, celui qui parle est appelé le locuteur, l’émetteur ou l’énonciateur. Dans un texte narratif, le locuteur est aussi appelé le narrateur, c’est lui qui raconte l’histoire. Il ne faut pas le confondre avec l’auteur. Dans une autobiographie, il y a identité entre l’auteur, le narrateur et le personnage principal.

La situation d’énonciation peut changer dans un même texte : le locuteur initial donne la parole à un autre personnage qui devient le nouveau locuteur.

2-      Exploiter la notion d’énonciation

Analyser la situation d’énonciation permet de mieux connaitre le locuteur et le contexte. Les indices ne prennent sens que par rapport à la situation d’énonciation.

II)                Analyser des marques de la subjectivité

1-      Objectivité et subjectivité dans un texte

Quand le locuteur exprime ses sentiments, ses doutes,… on parle de subjectivité.

On parle d’objectivité lorsque le narrateur ne donne pas signe de sa présence.

2-      Les marques de la subjectivité

Le vocabulaire affectif comprend des verbes de sentiment et les champs lexicaux de la joie, la haine, … Les phrases exclamatives traduisent toute la gamme des émotions.

Le locuteur peut donner explicitement son opinion en utilisant des verbes de déclaration ou d’opinion. Il peut exprimer un jugement implicite à travers ses choix. Les mots mélioratifs sont des mots élogieux alors que les mots péjoratifs donnent une vision négative.

Le locuteur peut exprimer son degré de certitude à l’égard de ce qu’il affirme. C’est ce qu’on appelle la modalisation assurée par des adverbes, des expressions, des verbes, des auxiliaires, le conditionnel et/ou des moyens typographiques.

III)              Repérer l’implicite et ses procédés

1-      Qu’est-ce que l’implicite ? Pourquoi l’employer ?

Un énoncé est implicite quand les idées, les émotions sont perceptibles mais ne sont pas directement exprimés. Le lecteur comprend le message. L’implicite fait appel à son imagination, à sa capacité à « lire entre les lignes » les intentions de l’auteur. Il crée une complicité entre l’auteur et le lecteur.

Un auteur recourt à l’implicite par discrétion ou bienséance, pour critiquer indirectement, pour donner un ton ironique et/ou pour échapper à la censure.

2-      Procédés de l’implicite

Le sous-entendu est une allusion volontaire qui donne au lecteur des indications pour comprendre le reste de l’idée dont il est question.

Le présupposé est une hypothèse implicite, non formulée, considérée comme vraie avant d’entamer une discussion. Il se déduit d’un mot ou d’une expression de l’énoncé.

La question rhétorique est une fausse question qui impose une réponse sous-entendue.

La litote atténue l’expression de la pensée, dire moins pour suggérer plus.

L’euphémisme atténue une expression littérale trop choquante ou bien désagréable.

L’hyperbole exagère pour faire semblant d’admirer une chose mais en souligne implicitement l’excès.

L’implicite peut recourir à la forme condensée de l’oxymore, association de deux mots contradictoires.

Le raisonnement par l’absurde prouve la validité d’une idée en montrant que la thèse adverse aboutit à des conclusions absurdes, en reliant une cause et une conséquence sans rapport avec elle.

L’antiphrase dit le contraire de ce que l’on pense. Elle semble approuver une opinion à laquelle on n’adhère pas ou qui est en opposition évidente avec la réalité. Elle est le procédé essentiel de l’ironie : le lecteur doit alors comprendre qu’il faut inverser les affirmations de l’auteur.

IV)             Reconnaitre et analyser des paroles rapportées

1-      Qu’est-ce que des paroles rapportées ?

Quelqu’un qui parle ou écrit peut rapporter les paroles que lui-même ou une autre personne a prononcées. Ce sont des paroles rapportées.

Il y a trois façons de rapporter des paroles : le discours direct, le discours indirect et le discours indirect libre. Quand le narrateur veut rendre globalement la teneur des paroles sans les rapporter précisément, il recourt au discours narrativisé.

2-      Discours direct et discours indirect

Le discours direct : les paroles sont transcrites telles qu’elles ont été prononcées. Ils sont introduits par un verbe de parole, parfois placé en incise et encadrés par des guillemets. Il se caractérise par l’emploi d’une ponctuation expressive.

Le discours indirect : les paroles sont transformées et rapportées dans une subordonnée ou un groupe prépositionnel à l’infinitif. Ils dépendant d’un verbe de parole. La ponctuation disparait, les temps, les pronoms et les indicateurs spatio-temporels peuvent être modifiés.

3-      Le discours indirect libre

Les paroles sont rapportées comme au discours indirect mais le verbe principal et le mot subordonnant sont supprimés. Les temps et les pronoms sont ceux du discours indirect mais avec la ponctuation du discours direct. Quand le narrateur rapporte les pensées intimes d’un personnage, on parle de monologue intérieur, très fréquent dès le XIXe siècle.

V)                Distinguer les types de textes

1-      Le texte narratif

Il raconte des événements et les situe dans le temps. Il se caractérise par la présence d’un narrateur, de personnages, d’une action rythmée par des péripéties et d’un point de vue narratif. Il constitue la base des genres narratifs.

2-      Le texte descriptif

Il décrit, caractérise et qualifie un objet, un lieu, une personne,… Il se caractérise par la présence implicite d’un observateur qui observe selon un point de vue et révèle sa subjectivité.

3-      Le texte explicatif

Il définit, analyse et explique un phénomène ou un processus. Il soulève des questions auxquelles il apporte des réponses. Il comporte souvent des définitions, des exemples qui servent de preuves. Le locuteur s’implique peu, il veut être objectif et s’efface souvent derrière le pronom indéfini « on ».

4-      Le texte argumentatif

Il vise à convaincre, persuader, délibérer pour défendre une opinion. Il se caractérise par la présence d’une thèse, d’arguments et d’exemples. Le locuteur doit s’adapter à son destinataire. Il est fréquent dans les genres de l’argumentation directe mais présent aussi dans les genres narratifs.

5-      Le texte injonctif

Il donne des consignes, des ordres ou des conseils. Il est fréquent dans les règlements, les genres de l’argumentation directe et les textes engagés.

VI)             Employer des connecteurs

1-      Les connecteurs temporels

Ils établissent des rapports chronologiques entre différents événements. Ils prédominent dans les textes narratifs et descriptifs. Ils appartiennent à des classes grammaticales variées (adverbes, conjonctions de subordination, groupes prépositionnels).

2-      Les connecteurs spatiaux

Ils fournissent des points de repère dans une description. Ils permettent de suivre la progression du regard de l’observateur ou de guider le lecteur dans sa découverte des lieux. Ils prédominent dans les textes descriptifs. Ils indiquent le lieu où l’on est, où l’on va, ‘où l’on vient et par où l’on passe.

3-      Les connecteurs logiques

Ils relient les arguments et les exemples les uns avec les autres : ils indiquent les phases de l’argumentation. Ils peuvent marquer l’addition, la gradation, la comparaison/l’analogie, l’opposition, la concession, la cause, la conséquence et la synthèse/conclusion.

VII)           Employer des procédés de reprise

1-      Les reprises pronominales

Il peut remplacer un nom, un groupe de mots ou une proposition. La reprise peut se faire par un pronom personnel ou par un pronom démonstratif.

2-      Les reprises lexicales

On distingue les reprises lexicales par un groupe nominal des reprises lexicales par substitution qui permettent d’apporter des informations supplémentaires.

La reprise par un groupe nominal réduit : elle en reprend un qui est assez long en le réduisant.

Le synonyme : ce mot a le même sens que le mot qu’il reprend.

Le terme générique : ce mot englobe toute une catégorie d’êtres ou d’objets spécifiques. Le terme générique permet de résumer une énumération.

La périphrase : elle dit en plusieurs mots ce qu’on pourrait dire en un sel. Elle exprime les qualités et les attributs de la réalité désignée. Elle peut être neutre, apporter une nuance positive et traduire un sentiment ou un jugement de valeur du locuteur, prendre une valeur argumentative.

éditions Hatier année 2011

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