Pennac - Comme un roman (21e siècle)

Publié le par litteratureetfrancais

Comme un roman de Pennac

Personnages principaux

  • Les parents
  • Les enfants, les adolescents
  • Le narrateur, le professeur

Résumé par parties

Partie 1 : On ne peut pas forcer quelqu’un à lire : la personne fera semblant. Il ne faut pas dire qu’on n’aime pas lire. Il n’y a que quand lire est interdit que cela devient vraiment passionnant. La lecture, à l’origine, est un plaisir : quand nous sommes le livre, le conteur et qu’il est le lecteur attentif. A ce moment-là, ce n’était pas une corvée. Nous lui avons tout appris du livre et surtout cette intimité qu’il avait avec lui. Il voulait apprendre à lire. On est un bon professeur que lorsqu’on ne veut pas enseigner. La lecture forcée d’un livre est impossible. L’adolescent est bloqué page 48 et il en a 500 à lire en 15jours. Pour lui, un livre est un livre. Les parents regrettent la place qu’ont prise la télévision et le cinéma dans la vie quotidienne des jeunes. L’imagination n’est plus travaillée et l’école n’a pas le temps de contrebalancer la télévision. Les parents expliquent que si les jeunes ne lisent plus c’est à cause de la société qui en a fait des consommateurs. Critique de Beaubourg, quartier « abandonné » aux jeunes. Ils trouvent de nombreuses raisons au recul de la lecture en France. Les parents sont tout de même séparés de la lecture car ils pensaient à l’adolescent et non au livre. Il se coupa encore plus d’eux car il ne participe pas à la conversation. La lecture était un moment privilégié presque sacré où l’on découvrait l’intimité. La lecture, c’était gratuit car encore un plaisir. La lecture c’était un moment où il n’y avait rien à faire. Ce n’était même pas une récompense. Ce n’est pas la télévision qui l’a éloigné de la lecture, c’est la vie et ses impératifs : « il faut lire » qui lui ont enlevé son plaisir. Le conteur s’est essoufflé. Le plaisir de lire est devenu une corvée. Ce moment sacré pour lui n’était plus à nous. Début de l’école qui attire l’enfant car il va apprendre à lire et à écrire. Le faut de savoir écrire c’est magique, c’est la pierre philosophale. Le plaisir de lire ne se perd jamais. Il s’égare juste. Il faut réussir à le faire revenir. L’enfant est content de savoir écrire et lire. Il déchiffre tout et pose beaucoup de questions. Les parents laissent alors tomber les séances de lecture car l’enfant sait lire mais c’est une erreur. Les parents ont suivi sa scolarité avec beaucoup de mal. Il s’essouffle et nous ne savons que faire. On donne pour avoir des résultats, un résultat rapide. Nous l’avons laissé face à l’effort de la lecture et nous l’avons forcé à comprendre. La télévision est devenue une récompense et la lecture est devenue une corvée, un effort à surmonter. Il cite Rousseau et son traité d’éducation. Il montre ainsi que l’obligation de lecture imposée par les parents est vieille comme le monde et n’est pas bénéfique. L’enfant sera un bon lecteur si l’adulte entretient le plaisir de la gratuité de la lecture. Il donne la solution pour redonner l’envie de lire. Il faut continuer à lui lire des contes. Au fur et à mesure, à son rythme- il ne faut pas le forcer-, il voudra lire lui-même. Kafka a dit qu’un enfant qui aime lire ne peut pas comprendre pourquoi il doit s’arrêter pour dormir

Partie 2 : Retour à l’adolescent qui doit lire Madame Bovary pour le lendemain et qui lit sans plaisir et sans copier le sens. Les parents s’inquiètent des résultats en français mais ils font tout pour occuper sans arrêt leur enfant : il n’y a plus d’ennui donc ni lecture ni création. On est tous en conflit face au livre. Le dogme veut que la lecture soit la seule chose à faire : tout le monde a une excuse pour ne pas le faire. Les élèves savent qu’il faut lire. On le voit dans leurs dissertations mais même s’ils le savent, ils ne le font pas. La femme du professeur lui rappelle que les élèves ne peuvent pas lire avec plaisir car c’est lui qui choisit les textes. Le fils de Thomas Mann disait qu’il est devenu lecteur en écoutant lire ses parents. Tout semble dénoncer l’école qui force à lire en oubliant le plaisir mais l’école est un lieu où l’on apprend avec un but et le plaisir suppose la gratuité. A la place d’exiger la lecture, il faudrait partager son plaisir. Il faut admettre qu’on lit toujours pour lutter contre quelque chose : l’ennui, la solitude, les problèmes,… La lecture n’est pas un acte de communication ! Il faut respecter le silence de la lecture : tout ce qu’on a ressenti doit rester secret. La lecture c’est le partage. On va préférer lire les livres qui ont touché les gens qu’on aime. Eloge de Georges Perros par une étudiante qui a vraiment enseigné les lettres en fournissant du plaisir et en donnant de l’envie à ses élèves. Ils ont côtoyé beaucoup d’auteurs qui leur étaient jusque-là inconnus. « La lecture, résurrection de Lazare, soulever la dalle des mots » (Georges Perros). Ce n’était pas un professeur mais un troubadour qui distribuait du plaisir. En devenant commentateurs des textes, nous en fermons l’accès aux autres. Lire est une pétition de principe. Il y a ceux qui liront car ils ont le plaisir, ceux qui sauront analyser sans aimer lire et ceux qui auront peur de la lecture. Il fait un rêve où le jury de l’agrégation ne demanderait qu’à l’étudiante de lui redonner envie de lire en parlant du ou des livres de son choix.

Partie 3 : Tous les jeunes se disent nuls, ils ont été abandonnés. Ils suivent les modes mais ils attendent d’être libres et grands. Ils n’aiment pas lire. Le professeur leur propose de lire un roman à voix haute. La question se pose alors de l’attitude à adopter. Il lit un extrait de Patrick Süskind, Le Parfum. Cette lecture a intéressé les adolescents qui s’y se sont retrouvés. Ils veulent tous savoir ce qui va arriver alors merci Patrick Süskind. Cette méthode leur donne envie de lire et le plaisir amène à la bonne critique. Le professeur les a réconciliés avec l’écriture. Il leur a enlevé la peur de ne pas comprendre et ensuite ils lisent d’eux-mêmes en recréant l’intimité nécessaire. L’autre problème c’est le temps de la lecture mais ils réalisent que 40pages par heure ça va vite. Au final, on lit plus lentement pour faire durer le plaisir. Il ne faut pas attendre qu’on nous donne le temps de lire, il faut se prendre le temps, arrêter de vivre pour lire. Lire, c’est rêver ! Il ne faut pas parler autour du livre, il faut laisser venir les questions, plus intéressantes, des élèves qui chercheront d’eux-mêmes toutes les réponses. Il ne faut pas seulement lire à voix haute, il faut leur raconter d’abord l’histoire. C’est « le programme » qui fait fuir les élèves. Il faut leur montrer la beauté des livres en dehors du programme et qu’ils sont capables de « tout » comprendre. Les livres ont été écrits pour être lus et non pas commentés. Le but de la lecture c’est l’œuvre avec le droit de se taire. Quand on demande aux élèves de décrire bibliothèque, livres ou lecteurs, les étudiants décrivent tous quelque chose de sacré et jamais rien qu’ils voient au quotidien. Le livre est un objet. Il appartient à son lecteur qui le maltraite. Le livre est un produit de consommation qui empêche le plaisir. Le lecteur a dix droits.

Partie 4 : Le 1er commandement est le droit de ne pas lire. Ceux qui ne lisent pas ne sont pas pour autant des brutes. La liberté annonce le plaisir. Le 2e commandement est le droit de sauter des pages : il ne faut lire que ce qui nous intéresse ! Le 3e commandement est le droit de ne pas finir un livre tant qu’on ne se met pas en situation d’échec : on peut ne pas être assez mûr ou ne pas aimer mais ce n’est pas NOUS le problème. Le 4e commandement est le droit de relire : élément essentiel du plaisir. Le 5e commandement est le droit de lire n’importe quoi car il y a des bons et des mauvais livres mais pour (re)connaitre les premiers, il faut fréquenter les seconds. Le 6e commandement est le droit au bovarysme : c’est le premier plaisir que celui de l’identification et une fois sortis de l’œuvre, nous savons tous que ce n’était qu’un livre. Le 7e commandement est le droit de lire n’importe où même « aux chiottes ». Le 8e commandement est le droit de grappiller c’est-à-dire d’ouvrir un livre au hasard et de n’en lire qu’un passage au choix pour le plaisir. Le 9e commandement est le droit de lire à voix haute car celle-ci fait vivre le texte mais elle révèle également tout de son lecteur. Le 10e commandement est le droit de se taire. La lecture c’est la solitude ! On ne parle de nos lectures qu’avec les gens qui ne nous demandent rien.

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