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Ecriture poétique et quête du sens (Objet d'étude 1ere)

Publié le par litteratureetfrancais

Ecriture poétique et quête du sens

 

I)                  La poésie, art du langage et expression d’une vision du monde

1-      Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie est un art, c’est-à-dire une création. On ne définit plus aujourd’hui la poésie par la forme versifiée : elle prend des formes variées et inattendues. La poésie est une façon originale de voir, de percevoir le monde, de réagir face à lui et d’exprimer le monde et la réalité. Est poétique ce qui est dit de façon inhabituelle.

2-      Qu’est-ce qu’un poète ?

C’est un artiste qui a un moi plus sensible que la norme, une connaissance plus aigüe et plus profonde des hommes et du monde. Il dévoile le monde intérieur et en révèle les aspects cachés. Il crée un nouvel univers en modifiant et transformant la réalité. Un poète est un artisan qui connait son matériau, la langue ; il a la capacité de la modeler d’une façon inhabituelle pour obtenir une expression originale.

3-      Quelles sont les fonctions de la poésie ?

Deux tendances majeures s’opposent :

La poésie comme peinture : Elle décrit et peint le monde et ses réalités concrètes (l’art pour l’art), les faces cachées du monde, un monde imaginaire ou les sensations.

La poésie engagée : elle est utile et doit être action. Elle dénonce les injustices et les maux du monde. Elle exprime les idées avec plus de force et d’intensité que la langue ordinaire.

La poésie a aussi pour fonction de célébrer les exploits d’un héros (poésie épique) ou de créer un nouveau langage.

II)               La poésie, du Moyen Age au XVIIIe siècle

1-      Le Moyen Age : jongleurs, trouvères et troubadours

La poésie lyrique médiévale trouve son origine dans les chants populaires interprétés par les jongleurs, les troubadours et les trouvères. Ses thèmes sont l’amour et la nature. Elle prend la forme de chansons (phrase musicale et refrain) : chansons de toile, chansons de geste et pastourelles.

La poésie prend peu à peu son autonomie par rapport à la musique et évolue vers un art du langage et s’exprime dans les formes fixes (ballade, rondeau,…)

Au XVe siècle, la poésie courtoise et bourgeoise se côtoie. Ils annoncent des temps nouveaux par leurs confidences sincères. A l’expression des sentiments s’ajoute l’expression d’idées souvent sous forme de symboles ou d’allégories. A la fin du XVe siècle, la poésie évolue vers un art de la rhétorique pure.

2-      Le XVIe siècle : imitations et inventions de la Renaissance

Les humanistes de la Renaissance (avec la Pléiade) renouvellent la poésie en empruntant aux anciens ou à d’autres pays. Poètes de l’amour et des émotions lyriques, ils sont aussi les témoins des guerres de Religion.

3-      Le XVIIe siècle : poésies baroque et classique

Une poésie lyrique raffinée et précieuse se développe. Pour traduire leur conception du monde instable, les poètes recourent à des métaphores filées, des vertiges d’images et de sonorités. Ils critiquent les défauts de l’époque dans une poésie truculente et triviale, d’inspiration satirique.

 

La poésie en tant que genre décline au fil du XVIIe siècle avec l’essor du classicisme et son respect pour la raison. Elle devient didactique, elle est destinée à « plaire et instruire ».

 

4-      Le XVIIIe siècle : raison et poésie incompatibles ?

Le culte de la raison du siècle des Lumières entraine une certaine désaffection pour la poésie : les philosophes trouvent les contraintes formelles inutiles.

 

Le seul poète vraiment connu est André Chénier.

 

III)            La poésie au XIXe siècle : innovations et ruptures

1-      Le romantisme : la poésie en révolution

Un contexte spécial : le mal du siècle, les jeunes rejettent le monde matérialiste et bourgeois. Ils s’évadent dans le rêve et les passions.

 

La poésie est lyrique et privilégie l’expression du moi à travers les thèmes de la fuite du temps, de la nature, de l’amour, de la mort et de Dieu.

 

Les formes poétiques se libèrent. Aloysius Bertrand invente le poème en prose. Les hommes se libèrent aussi, les poètes sont au service de l’humanité.

 

Quatre grands poètes romantiques : Lamartine, Hugo, Nerval et Musset.

 

2-      Une réaction antiromantique : le Parnasse et Baudelaire

Le Parnasse ou l’art pour l’art prônent une poésie à la forme parfaite sans but moral ou utilitaire. Le poète est un artisan minutieux.

 

Pour Baudelaire, la poésie exprime une angoisse existentielle mais aussi la connaissance du monde : elle pénètre le sens caché des choses et tire la Beauté de la laideur.

 

3-      Le symbolisme contre le Parnasse

Les poètes symbolistes réagissent contre les exigences formelles des Parnassiens et le naturalisme de Zola : le poète révèle, par les symboles, la beauté de l’idée derrière l’apparence des objets. Il suggère plus qu’il ne décrit.

 

Quelques poètes maudits symbolistes : Mallarmé, Verlaine, Lautréamont, Rimbaud

 

IV)             La poésie au XXe siècle : recherches, révoltes, apaisement

1-      L’esprit nouveau du début du siècle

Lyrisme et monde moderne : Les poètes mélangent les deux sous une forme moderne. Les calligrammes d’Apollinaire marquent la variété et la fantaisie de son imaginaire poétique.

 

Dadaïsme et surréalisme : le refus du conformisme : Il est créé par Tzara. Le mouvement dada rejette une civilisation qui a permis des horreurs et refuse toutes les références et normes traditionnelles.

Les surréalistes, avec André Breton, veulent instaurer de nouvelles valeurs et libérer l’homme de la dictature de la raison : ils explorent l’inconscient et sont à la recherche d’une réalité supérieure présente dans le monde. La plupart des poètes s’engagent lors de la Deuxième Guerre mondiale.

 

Valéry célèbre plutôt l’intelligence et son fonctionnement dans une poésie sensuelle d’une grande perfection formelle. Claudel, lui, exprime sa vision de l’homme et glorifie la création divine.

 

2-      La diversité de la seconde moitié du siècle

Les poètes reviennent au réel et prennent leurs thèmes dans la vie quotidienne avec simplicité et réalisme, émotion, fantaisie ou rigueur quasi philosophique.

Francis Ponge invente une nouvelle poésie en prose pour permettre aux choses les plus usuelles de s’exprimer.

Queneau renouvelle le langage avec un humour savant et ouvre la voie à l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle)

 

V)                Décrire la forme d’un poème

1-      Un jeu visuel avec l’espace

Le poète joue sur la mise en page et la typographie. L’aspect matériel du poème apparait au premier coup d’œil.

 

2-      Les éléments de la poésie versifiée

Le vers est un procédé traditionnel de mise en page poétique. Il est déterminé par le nombre de syllabes.

Alexandrin = 12 syllabes, Décasyllabe = 10 syllabes, Octosyllabes = 8 syllabes, Hexasyllabes = 6 syllabes, Endécasyllabe = 11 syllabes, Ennéasyllabes = 9 syllabes, Heptasyllabe = 7 syllabes.

 

Le « e » muet ne se prononce pas en fin de vers et devant une voyelle. Si on prononce deux voyelles qui se suivent en une seule syllabe on fait une synérèse, si on les prononce en deux syllabes alors on fait une diérèse.

 

Les vers se combinent en strophes séparées par un blanc graphique :

Distique = 2 vers, Tercet = 3vers, Quatrain = 4vers, Quintil = 5vers, Sizain = 6vers, …

 

3-      Les poèmes en vers à forme fixe

La ballade : il est né au Moyen-Age. Il contient trois strophes semblables de huit ou dix vers de forme carrée qui se termine par un envoi (demi strophe de dédicace au destinataire). Un refrain termine chaque strophe et envoi. Les rimes se répètent à l’identique.

 

Le rondeau : il présente 15, 13 ou 12 octosyllabes de deux rimes dont huit féminines et cinq masculines (ou inversement). Le premier vers est repris sous forme de refrain (qui ne compte pas comme un vers) après les huitième et treizième vers.

 

Le sonnet : il contient 14 vers répartis en deux quatrains suivi de deux tercets. Les rimes sont généralement embrassées. Il peut avoir deux constructions : les quatrains s’opposent aux tercets, ou alors les 13 premiers vers s’opposent au 14e.

 

4-      Les poèmes en vers à forme régulière

L’ode : petit poème lyrique qui présente des strophes de forme carrée souvent accompagnée de musique.

La fable : poème à visée argumentative qui vise à enseigner la morale.

La satire : poème qui se moque des défauts d’une personne ou d’un groupe social.

Le blason : poème court à rimes plates qui fait l’éloge d’un être ou d’un objet.

L’acrostiche : lues verticalement, les initiales de chaque vers de ce poème composent un mot-clé

Le poème en vers libres : le poète y alterne différents types de vers au gré de ses intentions. Les vers ne riment pas, ne commencent pas par une majuscule et omettent parfois la ponctuation.

 

5-      Les formes poétiques non versifiées

Le poème en prose : composé en versets (courts paragraphes) dont le rythme, les jeux sur les sonorités et les images lui donnent sa poésie.

Le calligramme : typographie et mise en page dessinent des formes géométriques ou reproduisent la forme de ce que décrit le poème.

 

VI)             Analyser les sonorités et les rythmes d’un poème

1-      Un jeu musical avec les sons

Les rimes peuvent être pauvres (un seul son en commun), suffisantes (deux sons en commun) ou riches (au moins trois sons en commun). Elles sont féminines (e muet en fin de mot) ou masculines (pas de e muet). Les rimes peuvent être plates (aabbcc…), croisées (abab) ou embrassées (abba)

 

L’allitération répète un son consonantique, l’assonance répète un son vocalique. L’harmonie imitative répète certains sons pour imiter un bruit ou créer un effet particulier

 

2-      Un jeu musical avec les rythmes

Il faut analyser la longueur des vers et les pauses à l’intérieur des vers.

Les coupes divisent le vers en deux mesures égales (effet d’équilibre) ou inégales.

Les poètes créent parfois des effets de rupture volontaires : enjambement (déborder la phrase sur le vers suivant), rejet (prolonge la phrase sur les premières syllabes du vers suivant), contre-rejet (anticipe un groupe de mots du vers suivant en fin de vers)

 

VII)          Etudier un poème

1-      Analyser d’où nait le pouvoir de suggestion du poème

La poésie suggère plus qu’elle ne dit.

Avant de lire un poème, observez-le comme si c’était une image. Ensuite repérez sa structure générale, puis les strophes et les blancs et pour finir commentez l’effet produit et le sens donné par cette mise en page.

 

Analyser le rôle des sensations dans le poème : relevez le lexique des sensations et les rapports entre les différentes sensations puis commentez l’effet produit sur  le lecteur.

 

Analyser les images : repérez les figures de style, identifiez les points communs entre comparé et comparant, appréciez le rapport entre les deux réalités et commentez l’effet produit sur le lecteur et l’intention du poète.

 

Analyser la musicalité : lire le poème à haute voix, commentez les choix de vers et repérez les effets de sonorités et finalement repérez et caractérisez les effets de rythmes.

 

2-      Déchiffrer le sens, le message du poème

Identifier  les thèmes et les registres (lyrique, élégiaque, épique, pathétique, …)

Mesurer la présence du poète et l’implication du lecteur

Apprécier la vision du monde du poète (peinture fidèle ? métamorphose ? optimiste ? pessimiste ? visionnaire ? fantastique ?)

Repérer le sens symbolique ou allégorique du poème (sens symbolique ? relation sens littéral et sens implicite ? diversité des interprétations ?)

Repérer la conception de la poésie qui se dégage (art pour l’art ? art poétique ? poésie engagée ?,…)

Apprécier les rapports du poème avec son temps (inscrit dans une tradition ? un mouvement ? en rupture avec son temps ?)

 

VIII)       Poésie et peinture, deux mondes d’images

1-      « ut pictura, poesis »

Aristote et Horace faisaient déjà une analogie entre les « deux sœurs » : poésie et peinture. La poésie prend souvent pour thème la réalité qu’elle décrit et reproduit. Les poètes comme les peintres ont une grande marge de créativité, déforment la réalité, créent des mondes. Ils ont également le choix entre un art à visée purement esthétique et un art engagé. De nombreux écrivains se sont consacrés à la peinture et au dessin et de nombreux peintres à la poésie

 

2-      Les rapports entre poésie et peinture

Les calligrammes appartiennent autant à la poésie par leur texte qu’aux arts graphiques par leur forme et leur typographie. Il faut comparer l’effet produit par le calligramme et le texte qui le compose.

 

Les poètes et peintres puisent aux mêmes sources d’inspiration et traduisent les gouts esthétiques de leur temps. La Tour Eiffel a inspiré la littérature et tous les autres arts. L’allure cubiste du monument peint fait écho aux recherches de la littérature moderne qui déstructure le langage.

éditions Hatier année 2011

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Le roman et le personnage romanesque (Objet d'étude 1ere)

Publié le par litteratureetfrancais

Le roman et le personnage romanesque

 

I)                   Le roman, genre multiforme et complexe

1-      Définition du mot roman

Il s’agit d’une œuvre narrative de fiction en prose relativement longue qui crée un monde et donne vie à des personnages imaginaires, les fait évoluer et donne l’illusion de la vie.

2-      La diversité du roman

Il s’est développé librement, en dehors de toute règle.

Le roman historique est fortement ancré dans la réalité historique plus ou moins fidèle.

Le roman picaresque donne une vision du monde par les tribulations d’un personnage populaire, aventurier qui traverse les milieux sociaux.

Le roman d’aventures multiplie les péripéties sentimentales ou scientifiques (science-fiction)

Le roman d’apprentissage retrace l’éducation du héros dans son parcours affectif, social ou moral.

Le roman d’analyse privilégie la peinture psychologique, analyse les mouvements de l’^me et de l’affectivité.

Le roman de mœurs donne l’image d’une société, personnages mêlés au contexte social et politique.

Le roman policier propose une énigme, privilégie mystère et suspense. Personnages types : policier, criminel, détective.

Le roman épistolaire est composé de lettres de correspondants fictifs et multiples.

Le roman autobiographique voit un écrivain déguiser en fiction le récit de sa vie.

Roman et poésie : il a une trame narrative, il comprend des passages lyriques et surréalistes parfois proches de la poésie.

Roman et théâtre : il retrace aussi des conflits, des crises, possède des dialogues qui pourraient constituer des scènes de théâtre.

Roman et histoire : Il ne prétend pas être une science mais il peint aussi l’homme dans la durée, reconstitue une époque.

Roman et cinéma : Il n’est pas un art visuel mais raconte une histoire, ils ont certains termes en commun. De plus il y a de nombreuses adaptations de romans au cinéma.

Roman et essai : Il raconte une histoire mais fait partager des idées.

Roman et apologue : Il est ample et n’a pas de morale explicite mais il propose une vision de la vie et du monde et invite à tirer une leçon de leur lecture.

3-      Les composantes du roman

L’auteur est la personne réelle qui a écrit le roman.

Le narrateur est celui qui raconte l’histoire. Le narrateur peut s’effacer complètement et manifester sa présence.

Le personnage est la créature imaginaire du romancier. Il n’existe que par l’imagination de l’auteur et du lecteur.

Le point de vue externe : Le narrateur voit, sait et raconte uniquement comme une caméra avec un angle limité. Il se limite à l’aspect extérieur. Neutralité, authenticité, documentaire.

Le point de vue interne : Le narrateur voit, sait et raconte uniquement comme un personnage avec un angle de perception limité dans le temps et dans l’espace. Mode restreint et subjectif.

Le point de vue omniscient (focalisation zéro) : Le narrateur voit, sait et peut raconter tout dans le temps et l’espace. Il connait tous les personnages et en sait souvent plus qu’eux. Compréhension complète et claire de la narration et crée une illusion réaliste.

La narration : l’histoire qui s’inscrit dans le temps et dans la durée. La suite d’épisodes constitue l’intrigue.

La description : Il s’agit de pauses, d’arrêts sur image. La description d’un personnage constitue un portrait.

L’argumentation : Les personnages peuvent être amenés à argumenter lorsqu’ils dialoguent ou réfléchissent.

II)                Le roman au XVIIe et XVIIIe siècles

1-      Les origines du roman

Les origines pourraient remonter à l’Antiquité du mélange entre épopée, ouvrages historiques et poésie pastorale. Il comporte déjà une intrigue fictive mais souvent vraisemblable.

Au Moyen-Age et à la Renaissance, épopée et roman étaient déjà confondus.

2-      Le XVIIe siècle : entre baroque et classicisme

Le roman apparait comme un espace de liberté marqué par le spectaculaire, il se construit sur des histoires épiques.

Les romans baroques et précieux oscillent parfois entre deux tendances :

            Merveilleux et idéalisme de la littérature précieuse : idéalise l’homme. (Le roman pastoral et sentimental et les romans héroïques qui sont des romans fleuves précieux)

            Réalisme et burlesque souvent comique : décrit les réalités quotidiennes et prend en compte la diversité de l’homme.

Le roman classique, peu nombreux, sont écrits en réactions aux romans baroques. Ils visent la concision et la vraisemblance, il privilégie l’analyse psychologique, présente une portée morale et une vision pessimiste et austère de la vie et du monde.

La Princesse de Clèves est le premier véritable roman français : c’est un roman historique, d’analyse à portée morale.

3-      Le XVIIIe siècle : variété et liberté des Lumières.

Le roman rend désormais compte des aspirations du siècle et de l’évolution de la pensée et de la société.

Le roman des Lumières se fait le reflet de la société.

Le roman d’apprentissage montre un être humain qui se construit à partir de ses expériences. Le roman de mœurs peint la société, les vices de la société et prend une portée morale. Le roman philosophique confronte le héros à des personnages qui soutiennent des thèses philosophiques autour des problèmes du siècle.

Le roman sentimental des Lumières exprime une sensibilité qui se fait l’écho du cœur et de l’âme. Ils annoncent déjà le XIXe siècle avec des thèmes chers aux romantiques : amour, nature et exotisme.

III)              Le roman du XIXe siècle à nos jours

1-      Le XIXe siècle, siècle du roman

1800-1830 : des débuts difficiles : Le roman reste toujours en marge de la littérature (écrit par et pour les femmes). Le roman du XIXe siècle nait du roman psychologique, historique et d’aventures.

1830-1850 : reconnaissance et promotion : Il fait enfin son entrée dans la littérature. Il s’ancre alors dans un réel proche du lecteur. Les personnages sont des types humains. En même temps, le roman-feuilleton passionne d plus en plus le lectorat populaire. Le héros romantique est un être hors du commun (sensible, avec une grandeur d’âme ou alors abject), il est proie de passions violentes.

1850-1900 : les romans réalistes et naturalistes : Le héros est désacralisé, les personnages sont ordinaires voire collectifs Le roman naturaliste est inspiré de la génétique et des sciences expérimentales.

2-      Le XXe siècle : fluctuations du personnage et roman en crise

Les romanciers tentent de pénétrer leur univers intérieur et de donner une vision subjective du monde à travers leurs personnages.

Les bouleversements historiques servent de toile de fond à des romans qui s’interrogent sur le sens de l’existence.

Certains romanciers perpétuent le principe des suites romanesques qui suivent le destin de familles entières.

La seconde moitié du XXe siècle conteste le modèle romanesque : les romanciers surréalistes désarticulent le personnage au gré de leur imagination libérée. Le nouveau roman conteste la tradition romanesque et le personnage qui est soit totalement détruit soit un antihéros.

Le personnage a pourtant survécu et fait même preuve de vitalité surtout dans les littératures étrangères. En France, le personnage est en quête d’identité et de bonheur. Le personnage renvoie au lecteur une image de la modernité et du monde qui l’environne.

3-      Quelques romans à connaitre

La Princesse de Clèves, Mme de Lafayette

Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos

Le Rouge et le noir, Stendhal

Le Père Goriot, Balzac

Madame Bovary, Flaubert

Les Misérables, Hugo

Germinal, Zola

La Symphonie pastorale, Gide

Thérèse Desqueyroux, Mauriac

Voyage au bout de la nuit, Céline

La Condition humaine, Malraux

L’Etranger, Camus

Les Choses, Pérec

IV)             La construction d’un personnage romanesque

1-      La création du personnage

Le nom identifie et place le personnage dans un milieu, dans un pays. Le nom révèle souvent l’origine sociale et marque aussi la fonction dans un groupe social ou familial.

Le portrait physique peut être statique ou en action. Le portrait moral analyse le personnage et donne l’impression de le connaitre et de pouvoir anticiper sa conduite.

Le portrait en paroles renseigne sur le niveau social et culturel,… du personnage. Il y a plusieurs façons de rapporter les paroles.

Le milieu et le décor définissent le personnage. Les naturalistes insistent sur l’interaction entre le milieu et le personnage. Certains lieux ou objets éclairent le personnage et révèlent son univers mental.

Les personnages s’éclairent mutuellement : ressemblance, complémentarité, contraste.

2-      La nature et le statut du personnage

Le personnage est totalement fictif ou historiquement réel, il peut être un individu ou un personnage collectif, il peut être un héros ou un antihéros.

Le personnage principal domine le roman et l’action tourne autour de lui. Les personnages secondaires gravitent autour de ce dernier. Les « figurants » n’ont pas d’épaisseur psychologique mais servent à recréer un monde autour du personnage principal.

Certains moments clés sont très formateurs : initiation, rencontre, action, rupture,… Des retours en arrière et des prospectives permettent au romancier de rendre compte de cette évolution.

V)                Personnage, narrateur, auteur et lecteur

1-      Le personnage romanesque et son narrateur

Le personnage est dépendant du narrateur, il se construit grâce aux choix du narrateur. Il intervient et marque son jugement directement ou indirectement. Le narrateur joue des différents points de vue.

2-      Le personnage romanesque et son lecteur.

Le roman est destiné à une lecture personnelle, son rapport est le lien entre le lecteur et les personnages. Le lecteur retrouve en lui ses aspirations profondes. L’identification peut aider le lecteur à se comprendre lui-même ou à comprendre l’être humain.

3-      Le personnage romanesque et son auteur

Ils sont inévitablement liés à son auteur. Il peut être le reflet de l’auteur, le héros porte-parole (incarne les idées et la vision du monde de leur auteur) ou le personnage repoussoir (l’attitude contraire à celle de l’auteur fait comprendre les idées de l’auteur)

4-      Destinée et fonctions du personnage romanesque

Le personnage prend place dans l’imaginaire collectif. Il peut être représentatif d’une époque, il peut accéder au rang de type ou devenir un symbole. Lorsqu’il atteint la dimension du mythe, il est souvent l’objet de réécritures.

A travers ses personnages, le roman peut avoir pour but de divertir, de dépayser, de peindre et instruire une meilleure connaissance d’une époque et d’une société, d’exprimer ses convictions ou de poser des questions existentielles.

VI)             Etudier l’ordre et le rythme d’un roman

1-      S’interroger sur l’ordre de présentation des événements

L’ordre chronologique est-il respecté ? Situation initiale, élément perturbateur, péripéties, situation finale.

L’ordre chronologique est-il bouleversé ? Analepses (retour en arrière), prolepses (anticipation)

Le roman épistolaire a généralement une structure labyrinthique (l’intrigue est éclatée). Il repose sur des jeux d’échanges (rappels et annonces). Il y a un brouillage de la chronologie. Il se crée des jeux de miroirs.

2-      S’interroger sur le rythme de la narration

Le narrateur ne raconte jamais tout. Il peut choisir d’accélérer, de ralentir ou de suspendre le temps du récit. Si le temps du récit est supérieur à celui de l’histoire, on a une pause ; si le temps du récit est inférieur à celui de l’histoire, le rythme est rapide.

Le narrateur accélère-t’il le rythme ? Le narrateur ralentit-il le rythme ? Le sommaire : le narrateur résume une longue durée. L’ellipse : certains événements sont passés sous silence. La pause : le narrateur arrête le temps. Le ralenti : il étire le temps.

Le narrateur peut donner l’illusion que la durée réelle d’un événement raconté est celle de la lecture (c’est une scène). Sa fonction est de faire vivre en direct un temps fort par le dialogue et l’abondance de précisions.

VII)           Analyser un début de roman

1-      La fonction informative du début de roman

Pour savoir si le roman remplit sa fonction, il faut pouvoir répondre à ses questions : qui ? Quoi ? Où ? Quand ?

Il faut également se demander à quel rythme sont données les informations : début statique ? Progressive ? in medias res ?

2-      La fonction d’accroche du début de roman

Quels sont les moyens pour inciter à poursuivre le lecteur ? Quelles attentes pour la suite ?

3-      L’instauration d’un contrat de lecture

Le début indique-t’il clairement le genre du roman ? Le narrateur se situe-t’il en dehors de l’histoire ? Le narrateur raconte-t’il son histoire, est-il un personnage secondaire ou un témoin ?

Qu’en est-il du lecteur ? Est-il un simple témoin ? Joue-t-il un rôle dans le roman ?

VIII)        Le roman et les autres arts

1-      Roman et autres arts : un regard sur une époque

Il porte les marques de la sensibilité, des gouts esthétiques, de la vision du monde de son époque. Les romanciers et les artistes traient souvent des sujets similaires avec un regard identique.

2-      La fonction descriptive : roman et peinture

Le roman et la peinture ont tous deux une fonction descriptive : ils reproduisent un lieu ou un personnage. La peinture inspire aussi certains romanciers qui mentionnent un tableau, retracent le cheminement créateur,… Certains romanciers ont pratiqué le dessein et même illustré leurs romans.

3-      La fonction narrative : roman, opéra, cinéma et BD

Ils ont une fonction narrative, ils racontent une tranche de vie et reposent sur une intrigue. Le roman peut être source d’inspiration de l’opéra, du cinéma (les effets spéciaux ont favorisé l’adaptation des romans fantastiques ou de science-fiction). A l’inverse, le cinéma inspire parfois les romanciers. Le roman inspire parfois la BD, le roman graphique propose une histoire aussi étoffée que le roman.

éditions Hatier année 2011

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Voltaire - Poème sur le désastre de Lisbonne (Explication de texte)

Publié le par litteratureetfrancais

EXPLICATION DE TEXTE : VOLTAIRE, POEME SUR LE DESASTRE DE LISBONNE (1756)

 

INTRODUCTION

            Voltaire, grand philosophe du XVIIIe siècle, écrit en 1756, le Poème sur le désastre de Lisbonne. Celui-ci a eu lieu un an auparavant en 1755 et a causé de nombreux dégâts matériels et humains. Il se sert de son poème, véritable tableau apocalyptique, pour critiquer l’ Optimisme de Leibniz comme le montre le sous-titre du poème « examen de cet axiome : Tout est bien », théorie qui dit que rien ne peut être aussi parfait que Dieu donc le monde n’est pas parfait mais comme Dieu est bon alors il a créé le meilleur des mondes possibles et tout mal sera forcément suivi d’un bien beaucoup plus grand. Malgré sa dimension philosophique et polémique, ce poème est tout de même un hommage plein de compassion pour les victimes du tremblement de terre.

Pause 5 secondes

LECTURE

Pause 5 secondes

            Avec le choix de l’alexandrin, Voltaire choisit de s’inscrire dans la tradition de la tragédie : son poème en devient plus fort. En effet, le thème qu’il traite ici est tragique : une catastrophe naturelle s’abat sur des hommes qui ne peuvent pas lutter. Les rimes plates, quant à elle, relient ensemble des mots qui sont ainsi renforcés comme nous les verrons plus tard. Nous verrons donc comment à travers une description pathétique, Voltaire organise son poème en texte argumentatif pour dénoncer la pensée de Leibniz et donc l’Optimisme.

 

EXPLICATION

TITRE :

  • Titre explicatif de ce qui va suivre : Voltaire va nous parler de ce qui s’est passé à Lisbonne et nous en dresser un tableau.
  • On constate qu’il n’y a ici aucune allusion à la critique qui va suivre.
  • Il faut commenter ici le substantif « désastre » qui appartient déjà au registre pathétique que va utiliser Voltaire tout au long du poème. Le mot « désastre » signifie : drame affreux qui anéantit les projets, démolit les perspectives, détruit les espérances. Nous verrons à quel point cette définition est chère à Voltaire.

 

VERS 1 A 3 :

  • Le poème s’ouvre sur des apostrophes : « O malheureux mortels ! ô terre déplorable ! O de tous les mortels assemblage effroyable !». L’utilisation de l’interjection « ô » est typique du registre pathétique voire tragique : Voltaire cherche à inspirer de la pitié aux hommes ce qui est accentué par la présence de la syntaxe affective avec 4 points d’exclamation pour 3vers.  
  • Ces apostrophes s’adressent en effet au monde entier comme le montre l’emploi du substantif « mortels ». Voltaire a besoin que tout le monde se sente concerné par ce qu’il va dire pour pouvoir défendre ses théories.
  • Le vers 3 semble indiquer que les hommes provoquent leurs douleurs comme le montre l’adjectif « inutiles » qui l’accompagnent. De même l’adjectif « déplorable » qui signifie dans un sens un peu vieilli «  qui inspire des sentiments de douleur, de tristesse, de compassion » montre la cruauté de la vie humaine.

= > Ces premiers vers permettent à Voltaire d’interpeller le lecteur pour l’inclure dans le désastre que vivent les habitants de Lisbonne. Le pathétique et le tragique de ces vers ainsi que les apostrophes sont dignes d’une tragédie antique.

VERS 4 :

  • Il s’agit du vers qui va marquer le début de la critique de l’optimisme ainsi que la thèse qu’il veut dévaloriser.
  • « Philosophes trompés » est à nouveau une apostrophe mais celle-ci est plus brutale et cible des personnes précises : les philosophes trompés c’est-à-dire les philosophes de l’optimisme tel Leibniz.
  • Le verbe tromper signifie donner volontairement une idée erronée sur la réalité, les philosophes (qui sont des amis de la sagesse et donc de la vérité) ont été induit en erreur par Leibniz. On constate ici que Voltaire ne semble pas les accuser seulement le fait qu’ils défendent également cette philosophie en fait des trompés mais également des trompeurs.
  • « Tout est bien » qui est donc « crié » par les philosophes est leur devise. Cela signifie que même le tremblement de terre qui a détruit Lisbonne a une bonne raison s’avoir eu lieu, raison que seul Dieu connaît.
  • On peut se demander si l’utilisation du verbe « crier » n’est pas déjà une critique : les philosophes crient leur devise par-dessus les cris et les pleurs des victimes.

VERS 5 A 12 :

  • On a ici le début de la description des dégâts provoqués par le tremblement de terre : c’est une hypotypose (description réaliste, animée et frappante de la scène dont on veut donner une représentation imagée et comme vécue à l’instant.) En effet, l’impératif des verbes « accourez » et « contemplez », le pronom démonstratif « ces » et le présent du verbe « terminer » (vers 11) font de ce tableau un drame en cours ce qui permet à Voltaire d’amplifier le pathétique de la scène.
  • Le verbe « contempler » est à commenter, il est en effet polysémique :

1er sens : Considérer avec une assiduité qui engage les sens ou l’intelligence un objet qui est ou peut-être digne d’admiration = On a effectivement ici une description qui fait appel à tous les sens (« spectacle » au vers 14 ; « cris » vers 13 ; « dévore » au vers 9,…) seulement ce n’est pas un objet digne d’admiration que ce chaos.

2e sens : en philosophie cela signifie : se livrer à la considération théorétique (qui a pour objet la théorie) des principes intelligibles au terme d’une analyse discursive. Ce sens semble plus proche de ce que demande Voltaire, il veut que les philosophes de l’optimisme observe les ravages du tremblement de terre et arrêtent alors de croire que « Tout est bien ».

  • Ce passage se construit sur une succession d’accumulation anaphorique « ces débris, ces lambeaux » (vers 6), « ces femmes, ces enfants » (vers 7), « sanglants, déchirés » (vers 10) contenue dans une seule et même phrase. L’utilisation de la juxtaposition montre le chaos qui règne à Lisbonne. De plus, cette description pathétique qui cherche à provoquer la compassion du lecteur (et des philosophes ?) marque une gradation voire l’exagération : Voltaire utilise au vers 8  le substantif « marbre » qui est un matériau noble (lien avec la tragédie ?) mais il est évident que tous les bâtiments de Lisbonne n’étaient pas construits avec celui-ci.  L’expression « Cent mille infortunés » au vers 9 est hyperbolique, il n’y a pas eu plus de 50 000 victimes lors de cette catastrophe mais l’exagération permet à Voltaire d’horrifier encore plus le lecteur. Les adjectifs « entassés » et « dispersés » placés à la rime (vers 7et 8) montrent l’étendue des dégâts : Lisbonne est ravagée, cela est accentué par les expressions contradictoires « l’un sur l’autre » et « sous ces marbres »

= > Ces vers 5 à 12 sont donc un tableau apocalyptique et tragique que Voltaire offre au lecteur. Nous verrons que celui-ci va servir son argumentation comme étant un exemple de ce que « Tout n’est pas bien dans le meilleur des monde »

VERS 13 A 20 :

  • Les vers 13 et 14 s’ouvrent sur des rappels d’un tableau sensible : « cris » et « spectacle effrayant » qui permet à Voltaire de résumer ce qui a été représenté.
  • Des vers 15 à 20 se développent une série de questions rhétoriques qui vont aider le poète à détruire la théorie de Leibniz :

Tout d’abord, le verbe introducteur au futur (repris pour les 2questions) : « direz-vous » est une première attaque que l’on pourrait paraphraser par « oserez-vous dire ». De fait, le poète veut forcer les philosophes à chercher une explication plausible à ce désastre. Il se sert de la persuasion pour faire adhérer le lecteur à sa thèse.

La première question « C’est l’effet des éternelles lois qui d’un Dieu libre et bon nécessitent le choix ? » sous-entend que leur théorie est mauvaise, si Dieu est si bon il ne peut pas édicter des lois si cruelles qui font mourir des milliers de personnes.

La seconde question, précédée par l’expression « amas de victimes » introduit une réponse qu’aurait pu donner les philosophes « Dieu s’est vengé, leur mort est  le prix de leurs crimes ». Argument qu’il va contrer assez facilement avec l’image des « enfants » qui sont le symbole de l’innocence d’autant plus que ces enfants sont encore « sur le sein maternel » : Voltaire empêche ainsi les philosophes de répliquer car ils ne prouveraient alors que l’injustice de la chose.

= > Les questions rhétoriques étaient une manière pour Voltaire de donner la parole à ses adversaires tout en leur refusant un véritable droit de réponse. Voltaire ne cherche pas à convaincre (utilisation de la raison) mais bien à persuader d’où l’utilisation du registre tragique (« expirantes » vers 13, « victimes » vers 17, « mort » vers 18 ou encore « écrasés et sanglants » vers 20)

VERS 21 A 23 :

  • Il s’agit de la première fois que la ville ou le désastre a eu lieu est citée comme pour la faire vivre ce qui est tout de suite annulé par l’apposition « qui n’est plus » qui finit le premier hémistiche.
  • Ces vers opposent les villes de Lisbonne et de Paris tout en les comparant de façon rhétorique pour montrer l’incohérence de ce qui est arrivé ce qui est accentué par les rimes « vices » et « délices » qui semblent représenter la même idée seulement l’une est positive alors que l’autre est péjorative.
  • L’adjectif « plongés » (vers 22) accentue l’horreur du lecteur car il fait référence au raz-de-marée qui a suivi le tremblement de terre : pendant qu’à Lisbonne des gens se noient, à Paris on prend du plaisir ce qui est confirmé par le vers suivant « Lisbonne est abimée, et l’on danse à Paris » : la structure « et l’on » pourrait être remplacée par « alors qu’on » et serait alors accusatrice. Tout l’art de Voltaire réside dans l’implicite voire l’ironie.

VERS 24 A 28 :

  • Ici Voltaire veut montrer qu’il est facile d’être cohérent quand on n’est pas frappé par le malheur. Ainsi il dit des philosophes qui sont en paix qu’ils sont tranquilles et intrépides c’est-à-dire qu’ils ne tremblent pas devant le danger.
  • L’opposition entre les pronoms « vous » et « nous » montrent la différence qu’il y a avec les philosophes car eux ne sont compatissants que « quand ils sentent les coups » (vers 27).
  • Avec le « nous » qui englobe le poète et surement le lecteur pour créer une connivence, Voltaire apparait enfin dans le poème, il se montre tout le contraire des philosophes car lui « pleure » dès le début.

VERS 29 A 30 :

  • « Croyez-moi » : le poète s’implique cette fois totalement dans son argumentation et demande une adhésion complète car contrairement à ce qu’il dit des philosophes précédemment : lui est sincère (« légitimes ») et bouleversé (« ma plainte ») dès que la terre ouvre ses abimes. L’abime étant dans le contexte religieux l’enfer en tant que lieu souterrain réservé aux damnés et aux morts.
  • Voltaire n’a besoin que de deux vers pour exprimer sa peine alors que pour amener les philosophes à la compassion il a développé 5vers ce qui incite à nouveau le lecteur à adhérer à sa théorie.

VERS 31 A 35 :

  • Les vers 31 et 32 ont la même structure : un énoncé est italique et un présentatif qui le développe.

« Un jour tout sera bien, voilà notre espérance » : L’espérance est une disposition de l’âme qui porte l’homme à considérer dans l’avenir un bien important qu’il désire et qu’il croit pouvoir se réaliser. Ainsi cette définition, sous-entend qu’un jour, tout ira bien sur terre. Mais la polysémie du mot rend cet énoncé ambigu, en effet dans la religion chrétienne l’espérance est une vertu surnaturelle par laquelle les croyants attendent de Dieu sa grâce en ce monde et la gloire éternelle dans l’autre. Voltaire sous-entend-il que tout ne peut être bien qu’au paradis ?

« Tout est bien aujourd’hui, voilà notre illusion » remet en question l’axiome optimiste : aujourd’hui ce n’est pas le cas, il ne s’agit que d’une illusion, d’une perception erronée de la réalité ce qui rappelle le fait que les philosophes sont « trompés » au vers 4.

  • Le vers 33 est en fait une antithèse : les sages sont les philosophes qui étaient trompés au vers 4 et qui trompent ici. Le pronom personnel complément montre que Voltaire a connu cette illusion mais l’imparfait indique que c’est fini cela sera détaillé dans les vers 36 et 37.
  • De même, il confirme sa confiance en Dieu et se dit soumis, il ne s’élèvera pas contre la Providence mais cela n’empêche ni les soupirs ni la souffrance. Il ne critique pas Dieu mais ceux qui pensent que Dieu a laissé le mal sur terre. (vers 34-35)

VERS 36 A 37 :

  • Ces vers introduisent l’explication de ce qui était dit au vers 33. En effet, Voltaire a, dans sa jeunesse été crédule (d’où le fait qu’il a été trompé) et a cru à la philosophie de Leibniz. Ainsi dans une des Lettres philosophiques sur le bonheur sur terre, il a écrit : « Penser que la terre, les hommes et les animaux sont ce qu’ils doivent être dans l’ordre de la Providence est, je crois, d’un homme sage. »
  • « les séduisantes lois » dont il parle sont-elles celles de la providence ?

VERS 38 A 41 :

  • « D’autres temps, d’autres mœurs » : indique que le temps est passé ce qui est confirmé par « la vieillesse » qui lui a donné de la sagesse sens que l’on peut donner à « instruit » (qui a acquis une somme de connaissances)
  • Le verbe « éclairer » du vers 40 fait référence au siècle des Lumières : il faut sortir de « l’épaisse nuit » pour bien penser (l’épaisse nuit étant sa jeunesse). On peut également y voir une référence à la caverne de Platon : il faut sortir des profondeurs pour accéder à la lumière et donc à la connaissance.

VERS 42 A 46 :

  • Voltaire introduit ici une dernière leçon de morale qu’il place ailleurs qu’en France pour en montrer l’universalité. Ainsi, le calife (qui est un souverain musulman) veut avant sa mort rentre à Dieu ce qu’il n’a pas. Il fait alors une énumération de ce qui n’est pas au paradis (vers 46).

VERS 47 :

  • Le dernier vers s’ouvre sur un « Mais »  qui ne marque pas une réelle opposition mais plutôt combiné avec le « encore »  un ajout. Pour Voltaire, s’il n’y a plus de maux sur terre, l’espérance n’est plus alors nécessaire. Elle doit être là où les maux se trouvent.
  • On peut y voir une dernière référence mythologique à la boite de Pandore qui avait laissé échapper tous les maux de la terre mais qui avait refermé la boite sur l’espoir.

Pause 5 secondes

 

CONCLUSION

            Voltaire réussit ici un coup de maître en plus d’exprimer sa compassion pour les victimes du tremblement de terre, il remet en cause toute la philosophie de Leibniz et montre que le seul élément vraiment positif dans le monde c’est l’espérance, mot qui termine d’ailleurs son poème.

            Cette catastrophe naturelle a bouleversé les philosophes du XVIIIe siècle même s’ils ne sont pas tous aussi pessimistes que l’est Voltaire, cela provoquera d’ailleurs un vif débat avec Jean-Jacques Rousseau qui répondra aux attaques de Voltaire sur l‘Optimisme dans sa Lettre sur la Providence publiée la même année. Finalement 3ans plus tard, en 1759, Voltaire publiera Candide ou l’optimisme dans lequel il continuera et accentuera sa critique allant jusqu’à créer un représentant de Leibniz : Pangloss et la victime de sa philosophie : Candide

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Le texte théâtral et sa représentation (Objet d'étude 1ere)

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Le texte théâtral et sa représentation

 

I)                   Le texte théâtral et sa représentation

1-      Les répliques des personnages

Elles sont représentées sous forme de dialogues.

La tirade : longue réplique qu’un personnage prononce sans être interrompue.

La stichomythie : dialogue dans lequel les personnages se répondent vers à vers.

L’aparté : brève réplique dite à l’écart des autres personnages et que seul le spectateur est censé entendre.

Le monologue : tirade où un personnage s’adresse à lui-même ou à un personnage absent.

2-      Les indications complémentaires

Les didascalies : indications scéniques

Les didascalies internes figurent dans les répliques des personnages.

Les autres informations : la liste générale des personnages, la mention des actes et des scènes, la liste des personnages présents sur scène et avant chaque réplique le nom du personnage qui intervient.

3-      Qu’est-ce que « représenter » une pièce ?

Rendre visible pour les yeux, le théâtre doit être incarné par des interprètes réels.

Figurer, représenter implique la notion d’illusion.

Présenter à nouveau, chaque mise en scène renouvelle donc le texte.

Donner une certaine vision du monde, le texte théâtral donne une image du monde et des hommes propre à l’auteur.

4-      Une œuvre collective : les créateurs et les intervenants

L’auteur écrit le texte de la pièce.

La troupe (metteur en scène, acteurs, techniciens, scénographe, régisseur)

Le public sans qui la pièce n’existe pas vraiment.

5-      Une œuvre en contant renouvellement

L’œuvre théâtrale est toujours figée (car le texte ne change pas) et pourtant jamais terminée (nouvelles interprétations et représentations)

 

II)                Le théâtre antique : naissance de la tragédie et de la comédie

1-      Origines religieuses du théâtre grec : le culte de Dionysos

La tragédie tire son origine de célébration religieuse en l’honneur de Dionysos.

La comédie est issue des réjouissances populaires.

2-      Conditions matérielles et composantes d’une pièce

Le lieu théâtral : le spectacle avait lieu en plein air, la scène était un espace circulaire

Les acteurs et le chœur, il n’y avait au début qu’un seul acteur. Les acteurs échangent avec le coryphée. Le chœur est composé d’une douzaine de personnages, il intervient à des moments forts pour encourager le protagoniste, le conseiller, commenter la situation.

A l’origine les parties parlées alternaient avec les parties chantées par le chœur.

3-      Auteurs tragiques, auteurs comiques grecs

Les trois plus grands dramaturges sont Eschyle, Sophocle et Euripide.

Le théoricien de la tragédie, Aristote, en a énoncé les principes : imiter le monde réel et susciter « terreur et pitié » des spectateurs.

Grâce à la catharsis, le spectateur se libère de ses angoisses et de ses sentiments inavouables en les vivant à travers les personnages.

La comédie ancienne met en scène des personnages contemporains qu’elle attaque en les ridiculisant alors que la comédie nouvelle s’attaque aux travers et aux vices des hommes.

4-      Les dramaturges latins, héritiers des Grecs

Les trois noms à retenir sont : Sénèque, Plaute et Terence. Le premier pour ses adaptations de tragédies grecques, les suivant pour leurs comédies. Plaute a beaucoup inspiré Molière.

 

III)              Le théâtre aux XVIIe et XVIIIe siècle

1-      Le théâtre du Moyen-Age au début du XVIIe siècle

Avec les mystères, le théâtre du Moyen Age garde sa dimension religieuse. Les farces, quant à elle, sont un théâtre comique populaire. Le théâtre baroque représente la violence et la démesure qui règnent après les guerres de Religion

2-      L’équilibre classique

Le retour à l’ordre et à la raison (1630-1660) : Les dramaturges recherchent le naturel et l’harmonie et une plus grande unité de ton. Ils ont pour but d’instruire et plaire. La tragédie et la comédie trouvent la faveur d’un public qui apprécie les divertissements sociaux.

Les règles de la tragédie classique font apparaitre une conception pessimiste de l’homme. Les dramaturges s’imposent des règles contraignantes pour créer l’illusion théâtrale (imiter les écrivains antiques, écrire en alexandrins, composer cinq actes, utiliser des héros aristocratiques, respecter la règles des trois unités, la bienséance et la vraisemblance)

Molière se sert des formes antiques de la comédie. Il en pratique toutes les formes (farces, comédie d’intrigue, de caractère, comédie-ballet,…). Il donne parfois une dimension satirique engagée contre des vices de la société.

3-      Le théâtre au siècle des Lumières

La tragédie ne convient plus au siècle des Lumières, elle devient une tribune alors que la comédie s’épanouit. Le théâtre de Marivaux est un théâtre du cœur mais aussi plus engagé. Ce théâtre est très souvent censuré pour ses critiques contre le pouvoir.

Diderot invente le drame bourgeois : comédie sérieuse qui met en scène des situations pathétiques et exalte les bons sentiments. Le drame romantique du XIXe siècle s’en souviendra.

 

IV)             Le théâtre du XIXe siècle à nos jours

1-      Le XIXe siècle : du drame romantique au vaudeville

Les conventions du théâtre classique ne sont plus adaptées pour les romantiques (Hugo). Ils se servent de Shakespeare comme modèle. Leur but est de mélanger les registres, le sublime et le grotesque. Le drame romantique disparait rapidement au profit du roman et de la poésie.

Des dramaturges reprennent les recettes de la comédie dans le vaudeville : action endiablée, esprit satirique. La farce réapparait sous une forme provocatrice surtout fondé sur l’humour noir.

2-      Diversité du théâtre au XXe siècle

Les auteurs reprennent les grands thèmes traités par la tragédie depuis l’Antiquité en se réappropriant les mythes et les personnages pour parler des préoccupations contemporaines. (Giraudoux, Anouilh)

Les philosophes se servent du théâtre pour mettre à la portée du public les grands problèmes de leur temps.

Les dramaturges expriment l’absurdité tragique de l’existence humaine, privée de repères religieux ou des valeurs humanistes. C’est le comique de l’absurde. Les personnages évoluent souvent dans un univers déshumanisé.

Le théâtre revient aux ressorts élémentaires du théâtre avec des personnages plus individualisés et les dialogues sont plus considérables. L’action repose sur des conflits.

 

V)               Les conventions théâtrales

1-      Les conventions de l’illusion

Le statut du spectateur : se déplacer, garder le silence, ne pas intervenir, croire à ce qu’il voit. Avec les applaudissements, le spectateur reprend son identité et juge alors l’acteur.

Il y a deux lieux au théâtre : un lieu réel et un fictif. Le spectateur admet l’absence du 4e mur. Ces conventions sont brisées quand l’acteur vient jouer dans la salle. Certaines pièces représentent du théâtre dans le théâtre (lieu est alors triple). Le lieu caché des coulisses est double (lieu des acteurs, lieu de la fiction)

Le temps est lui aussi double : le temps du spectacle et celui de la fiction.

2-      Les conventions de l’énonciation

Le discours théâtral est marqué par la double énonciation (les personnages parlent ensemble, et à l’intention du public). L’auteur, le metteur en scène et les acteurs adressent un message indirect au public.

Une convention veut que le personnage ignore la présence du public dans la scène. Le monologue et l’aparté rompent avec cette convention. Ils permettent de créer une connivence avec le public et le personnage. Le spectateur entre alors dans la pièce.

 

VI)             Analyser la structure d’une pièce

1-      Les divisions traditionnelles d’une pièce

Traditionnellement, elle est formée d’un à cinq actes. En général l’acte culminant est au troisième acte. Les actes sont eux-mêmes divisés en scènes.

A l’origine, les entractes étaient utilisés pour l’entretien des chandelles et le changement de décor.

2-      La structure générale d’une pièce

L’action est la suite des événements et des faits qui se succèdent dans une pièce.

Le sujet est en quête d’un objet, il est secondé par des adjuvants et des affronte des opposants.

Le nœud dramatique résulte d’un conflit de forces.

L’intrigue est la succession des incidents qui précipitent, compliquent ou retardent l’action.

L’exposition (la première scène) fournit les éléments nécessaires à la compréhension de la situation et les grandes lignes du conflit. Le dénouement apporte la résolution du nœud de l’action.

Le coup de théâtre est une péripétie qui bouleverse de façon inattendue la situation ou le dénouement. Le quiproquo est un malentendu, une méprise qui fait du dialogue théâtral une sorte de dialogue de sourd.

3-      La recomposition du temps et le rythme d’une pièce

Il faut limiter l’action de la pièce à un moment de crise et faire coïncider les deux temps du théâtre, il recompose le temps avec des ellipses, il tire parti des entractes.

Il rythme la pièce grâce à la longueur des scènes, à l’enchainement des répliques et des silences.

 

VII)          Etudier un extrait de théâtre

1-      L’intérêt dramatique de la scène dans la pièce.

La scène d’exposition : informations sur le passé ? Identité des personnages ? Relations entre les personnages ? Part d’inconnu ? Attentes du spectateur ?

Le dénouement : Solution à/aux action(s) ? Dénouement attendu, surprenant, fermé ? Perspectives ?

La scène d’action : Tournant dans l’action ? Scène d’épreuve, d’aveu ? Scène de conflit, de débat ? Quel enjeu ? Coup de théâtre ? Quiproquo ? Rythme de la pièce ?

La pause dans l’action : Quelle forme ? Monologue ? Délibération intérieure ? Attente de cette pause ?

2-      Les personnages

Le statut du personnage : personnage principal, secondaire ? Figurants ?

La peinture du personnage : Physique ? Statut familial, social ? Emotions ? Sentiments ? Caractère ?

Le statut littéraire des personnages : Types ? Traditionnels ? Originaux, inédits ? En rupture avec leur époque ?

3-      L’effet sur le spectateur

Le registre : Quel type de comédie (visuel, situation, mots, répétition, absurde) ? Quel type de tragédie (type de fatalité : divine, humaine, sociale, politique, intérieure ; « terreur et pitié » ; violence) ? Quel type de drame (différents registres, comment sont-ils mélangés ?) ?

La théâtralité : L’implication du public, les éléments pour jouer le texte (spectaculaire, efficacité), difficultés d’interprétation.

4-      Le sens de la scène : l’intention de l’auteur.

La présence et l’implication de l’auteur : Oui/Non ? Comment ?

Le message de la scène : Enjeux ? Intentions de l’auteur ? Message (explicite, implicite) ?

 

VIII)        Etudier une représentation théâtrale

1-      Les éléments matériels

Le lieu et l’espace scéniques : L’environnement, la scène voire les coulisses.

Décors, costumes et accessoires : Décor réaliste, minimaliste, symbolique ? Rôle du costume ? Accessoires réalistes ou de distance ?

Sons et lumières : La bande-son crée l’atmosphère et souligne les moments de l’action, L’éclairage peut avoir une valeur symbolique, Les effets spéciaux.

La théâtralité de la pièce : elle désigne la mise en scène et lui donne son efficacité sur le spectateur. Ces éléments sont fournis par les didascalies.

2-      Les intervenants

Le metteur en scène apparait dès le XVIIIe siècle sous le nom de régisseur. Au XIX e siècle, le metteur en scène apparait au sens moderne du mot. Il interprète selon sa sensibilité le texte qui n’est qu’un élément du spectacle. Il est l’auteur du spectacle. Il dirige et coordonne les acteurs.

Les acteurs incarnent les personnages qu’ils interprètent. Leur jeu se construit à partir des déplacements, gestes, regards, voix…

Le scénographe et les techniciens. Le scénographe organise techniquement l’espace scénique et définit les rapports entre scène et salle. Les techniciens participent à a scénographie.

éditions Hatier année 2011

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Maupassant - La parure (19e siècle)

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La parure de Maupassant

Personnages principaux

  • M Loisel
  • Mme Mathilde Loisel
  • Mme Jeanne Forestier

Résumé

C’est une belle femme mais née dans une famille d’employés, elle épouse donc un homme qui accepte qu’elle n’a pas de dot. Elle est malheureuse, elle rêve de délicatesse et de luxe. Elle rêve de tout ce qu’elle n’a pas alors que son mari se satisfait et savoure même un simple pot-au-feu. Elle se sente faite pour le luxe mais n’y a pas accès ce qui la désespère. L’une de ses amies du couvent est riche mais elle ne la voit plus beaucoup tant son statut l’attriste. M Loisel est tout heureux d’avoir reçu une invitation pour la soirée donnée par le ministre. Il ne comprend pas l’agacement de sa femme qui, elle, ne voit que le ridicule de la situation : elle n’a rien à se mettre pour une telle soirée. Il lui demande pourquoi elle pleure. Mathilde se calme alors et lui dit de donner l’invitation à quelqu’un d’autre car elle n’a rien à se mettre. Il est prêt à débourser pour qu’elle s’achète une nouvelle tenue qu’elle pourra reporter. Elle lui demande 400 francs qu’il lui concède même s’il avait économisé cette somme pour un fusil et des parties de chasse. M Loisel s’inquiète, la fête approche et sa femme est triste. Elle regrette de ne pas avoir de beaux bijoux, il lui dit de se parer de quelques roses naturelles. Son mari lui dit alors d’emprunter des bijoux à Mme Forestier. Cette idée la remplit de joie. Son amie lui tend la boite à bijou et lui dit de choisir ce qui lui plait. Elle emprunte une rivière de diamants que son amie lui prête sans hésiter. Elle fait sensation lors de la soirée, elle est ivre de bonheur. Lors du départ, elle se dépêche de partir pour que personne ne voie son pauvre manteau, ils rentrent à pied ne trouvant pas de fiacre. Gelés, ils finissent par trouver un vieux coupé pour finir le trajet. Ils rentrent, trustes : lui car il doit travailler quelques heures plus tard, elle car son moment de gloire est fini. Elle crie quand elle réalise qu’elle n’a plus la rivière de diamants. Ils se mettent à la chercher partout, totalement paniqués. Elle sait qu’elle l’avait encore en quittant le ministère. Ils n’ont pas fait attention au numéro du fiacre. Son mari va refaire le trajet fait à pied au cas où. Elle est sous le choc et ne bouge pas alors que M Loisel cherche partout et propose des récompenses. Il lui fait écrire à Mme Forestier qu’elle fait réparer la parure pour gagner du temps mais une semaine plus tard le bijou n’est pas réapparu. Il va falloir le remplacer. Ils vont chez le bijoutier qui a fait l’écrin mais ce n’est pas lui qui a fait la rivière. Désespérés, ils vont de bijouterie en bijouterie pour essayer de trouver la même rivière ou une qui correspond à leur souvenir. Celle qu’ils trouvent vaut 36000 francs. M Loisel s’endette à vie et est épouvanté, il va chercher la nouvelle rivière. Il ne sait même pas s’il pourra un jour rendre tout cet argent. Mme Forestier, irritée du retard, n’ouvre même pas l’écrin ce que craignait Mme Loisel. Elle accepte héroïquement sa nouvelle vie de miséreuse. Elle fait toutes les corvées, ils doivent économiser le moindre sou pour faire face aux billets, ils doivent en faire d’autre. Ils vivent ainsi pendant dix ans. Ils ont tout remboursé. Mme Loisel est maintenant comme toutes les femmes pauvres mais elle rêve encore de cette soirée où elle était belle et admirée. A chaque fois, elle se demande ce qui serait arrivé si elle n’avait pas perdu la rivière. Lors d’une promenade, elle voit Mme Forestier, toujours jeune et belle. Elle ne sait que faire : va-t’elle lui parler ? Tout lui avouer ? Mme Forestier ne la reconnait pas ce que Mathilde lui explique. Pourquoi Mme Forestier semble-t’elle étonnée que Mme Loisel ait remplacé la parure ? Mme Forestier, très émue, lui annonce alors que sa rivière était fausse, elle ne valait même pas 500 francs.

Publié dans 19e siècle

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Mérimée - La partie de trictrac (19e siècle)

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La partie de trictrac de Mérimée

 

Personnages principaux

  • « je » = narrateur n°1
  • Le capitaine = narrateur n°2
  • Roger
  • Gabrielle
  • Le lieutenant Hollandais
  • Le capitaine de La Galatée

Résumé

Le narrateur n°1 est embarqué pour un long voyage. Il présente ses supérieurs. L’équipage s’ennuie. Le narrateur veut emprunter le poignard du capitaine pour se divertir comme l’un des autres matelots. Celui-ci refuse. Le poignard a une valeur sentimentale ? Le capitaine raconte l’histoire du lieutenant Roger. Il le décrit comme quelqu’un de bien, très généreux mais qui voulait se faire aimer. Arrivée de Gabrielle qui plaisait beaucoup aux marins surtout à cause d’une histoire qu’on racontait sur elle : elle aurait été entretenue par un sénateur avant de devenir actrice pour être indépendante. Roger a tenté de séduire Gabrielle mais elle l’a rudement repoussé. Plus elle le repoussait, plus sa passion augmentait. Elle a des petits soucis à cause d’une garnison de marins. Robert prend sa défense, se bat avec certains et gagne. Quand le capitaine sort de l’hôpital, il trouve Roger et Gabrielle en train de diner ensemble en toute intimité. Ils passent trois mois dans un bonheur parfait. Arrivée des Hollandais qui veulent jouer. Roger, qui ne joue pas d’habitude, veut sauver l’honneur de son pays,  il gagne puis perd. Roger se laisse aller à jouer surtout au trictrac. Il perd presque quatre mille francs alors qu’il fait ménage commun avec Gabrielle. Il en arrive à jouer les derniers napoléons du ménage. Lors de la dernière partie, la chance semble tourner en sa faveur mais le Hollandais s’entête. Ce dernier perd quarante mille francs, Roger ne les veut pas mais le Hollandais insiste : il a bien joué mais a perdu. Le Hollandais s’est suicidé pendant la nuit. Gabrielle veut dépenser tout cet argent à Paris. Roger semble tourmenté par la mort de l’autre joueur. Gabrielle ne comprend pas les remords de Roger, elle ne peut pas plaindre un joueur qui a perdu. Il lui avoue qu’il a triché ce qui explique son état. Elle préfèrerait le savoir meurtrier que tricheur. Roger a pensé se suicider mais il sait que tout le monde comprendra et il ne veut pas que sa mémoire soit bafouée. Roger devient taciturne et s’isole. Il critique le peuple de Hollande tout en cherchant à avoir des nouvelles de la famille du suicidé. Un jour, Roger trouve un billet : il croit à l’infidélité de Gabrielle et en devient fou. L’amour est la seule chose qui le raccroche à la vie. Il l’accuse de se faire payer, elle réplique qu’au moins elle ne vole pas. La capitaine arrive au moment où Roger écrit ses lettres d’adieux : l’une d’elle lui est adressée. Le capitaine ne comprend pas ce choix jusqu’à ce que Roger lui raconte l’histoire de la partie de  trictrac. Il tente de le consoler, sans succès. Roger ne se voit plus aucun avenir. Gabrielle revient alors en le suppliant de la pardonner car elle l’aime. Il répond qu’il ne peut pas vivre avec ce qu’il a fait. Elle le prévient qu’elle le suivra dans la mort. Il est recruté sur une frégate, la mission est dangereuse mais le capitaine lui fait comprendre qu’il vaut mieux mourir ainsi. Il a distribué la moitié de l’argent aux pauvres et a donné le reste à Gabrielle. Leur voyage sur La Galatée est rendu plus périlleux par l’incompétence de leur capitaine. Rien ne peut distraire Roger de ses tristes pensées. Il s’isole même sur la frégate et ne fait pas plus que son devoir. Le capitaine, son ami, avait alors tenté avec beaucoup de conviction de montrer à Roger qu’il avait, en fait, simplement fait cela par amour et que c’était bien. Avec du recul, il trouve qu’il était encore bien jeune pour dire et penser cela. Roger lui répond qu’il n’est pas dupe : au moment où il a triché, il ne pensait à rien d’autre qu’à l’argent. D’ailleurs il n’est plus capable d’aimer depuis. Roger explique que le capitaine de La Galatée n’a pas choisi la bonne solution pour le combat contre les Anglais. Roger s’n fiche mais plaint son ami. Roger lui demande de le jeter à la mer s’il n’est que blessé et non tué. Après hésitation, le capitaine accepte par amitié pour lui. Le combat en plus d’être inégal est mal mené par le capitaine de La Galatée. Les dégâts matériels et humains sont importants. Roger est blessé, il supplie son ami de le jeter à la mer mais celui-ci hésite ? Roger jure de le maudire s’il manque à sa parole. A ce moment-là, le récit du capitaine est interrompu par le passage d’une baleine. Le narrateur n°1 et donc le lecteur ne sauront jamais comment est mort le lieutenant Roger.

Publié dans 19e siècle

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Louise Labé - Sonnet 8 (Explication de texte)

Publié le par litteratureetfrancais

EXPLICATION DE TEXTE : LOUISE LABE SONNET 8

 

INTRODUCTION

            Ce sonnet a été écrit par Louise Labé au XVIe siècle et publié en 1555 sous le titre Œuvres qui regroupe des types de textes différents (Sonnets, Elégies, Débat de Folie et d’Amour). Il s’agit du 8e sonnet d’un recueil en comportant 24 (si l’on compte le 1er sonnet intégralement écrit en italien). Il s’agit d’un sonnet d’inspiration pétrarquiste (inspiration que l’on rencontre fréquemment à cette époque jusque dans les écrits de la Pléiade avec Ronsard par exemple)  basé sur la contradiction des sentiments amoureux.

Petite pause

LECTURE

Pause 5 secondes

            Il s’agit donc d’un sonnet amoureux écrit en décasyllabe sur le modèle abba abba cdc cdd. Celui-ci est écrit par une femme ce qui bouleverse les topoï établis par une littérature majoritairement masculine. Ainsi, Louise Labé, que l’on peut supposer être l’amante ici représentée, utilise un « je » lyrique grâce auquel elle exprime le désordre de son âme provoqué par l’Amour. Les quatrains décrivent la contradiction des sentiments amoureux alors que les tercets en donnent une explication. Ce sonnet mélange tous les effets de l’Amour et montre en fait le cri d’une amante qui souffre de sa situation et de l’absence de son amant.

 

EXPLICATION

VERS 1 :

  • Le sonnet s’ouvre sur le pronom personnel sujet de P1 « je » ce qui marque la forte implication de l’amante dans le sonnet ainsi que sa grande sensibilité.
  • Les termes antithétiques « vis/ meurs, brule/noye » coordonnés ou en parataxe (c’est-à-dire simplement séparés par une virgule) rendent compte de la souffrance amoureuse et de l’inconstance de l’amour. En effet, la mort par noyade apporte le froid contrairement à la mort par brulure (ce qui sera repris dans le vers suivant)
  • Louise Labé s’est clairement inspirée du Canzoniere de Pétrarque comme le montre ces vers :

Sonnet 134 : « et je crains et j’espère, je brule et je suis glacé »

Sonnet 178 : « me rassure et m’effraye, me brule et puis me glace »

  • Ce 1er vers explore donc déjà les différentes sentiments contradictoires que ressent l’amante.

VERS 2 :

  • La métaphore de la brulure toujours combinée au froid est reprise dans ce vers. L’adjectif « extrême » montre à quel point les sensations sont amplifiées voire incontrôlables.
  • Le verbe « endurer » qui signifie subir qqch de pénible combiné à l’utilisation du gérondif montre la passivité de l’amante ou plutôt son incapacité à faire autre chose que subir et que ces sentiments quoique totalement opposés sont simultanés.

VERS 3 :

  • C’est la 1ere fois que le vers ne s’ouvre pas avec un pronom de 1ere personne, en effet en plus des sentiments de l’amante la « vie » (Il faut faire une diérèse afin d’avoir un décasyllabe) semble être le centre du poème tant qu’elle reste liée à l’amour
  • La construction binaire en parallélisme avec la reprise de la conjonction « et » montre qu’il n’y a pas de juste milieu possible : le sentiment amoureux provoque un désordre de l’âme qu’il faut subir.
  • De même, on pourrait voir dans ce vers comme dans tout le sonnet une allusion érotique au sexe masculin avec les adjectifs « molle » et « dure » voire à la relation charnelle comme au vers 13 avec une allusion à un plaisir suprême. Cela constituerait une représentation de l’amant dans le sonnet.

VERS 4 :

  • La confusion s’amplifie ici.
  • La définition du participe passé entremêlé  résume bien le problème rencontré dans ce sonnet : mettre ensemble des choses qui ont entre elles une différence plus ou moins nette => il s’agit ici des ennuis et de la joie qui ne sont pas connus pour être vécu en même temps comme le montre leur signification. Ennuis : abattement causé par une grave peine + étymologiquement : tristesse profonde. Joie : émotion vive, limitée dans le temps, satisfaction effective ou imaginaire.
  • On constate que le sens du substantif  « joie » peut expliquer l’état de l’amante, en effet comme la joie ne peut pas durer elle est forcément mêlée à une tristesse qui traduirait une sorte d’appréhension.
  • Pour finir l’utilisation de l’adjectif « grans » semble indiquer que l’amante connait plus de souffrance que de bonheur.

VERS 5 :

  • « Tout à un coup » : précipitation du temps et intensité plus forte avec à nouveau le pronom personnel de P1 comme sujet qui est cette fois-ci répété devant chaque verbe comme pour insister sur le fait qu’il n’y a que l’amante qui souffre et qu’elle est donc au centre du poème. Avec « Tout en un coup » qui ouvre le vers 8 on a à nouveau affaire à un sonnet qui se clôt sur lui-même tel un cercle parfait.
  • On retrouve ici le je lyrique car Louise Labé exprime des sentiments intimes afin de communiquer au lecteur sa propre émotion. (Lyrique : se dit de la poésie qui exprime des sentiments intimes au moyen de rythmes et d’images propres à communiquer au lecteur l’émotion du poète, et de ce qui appartient à ce genre de poésie.)

VERS 6 :

  • Le « grief » (à prononcer en une seule syllabe : synérèse) est un dommage que l’on subit (on revient à nouveau à cet état passif de l’amante) et le tourment est une vive souffrance causée par l’amour.
  • Il y a donc toujours contradiction dans les sentiments qu’éprouvent l’amante et cette ambivalence semble être difficile à exprimer
  • La reprise du verbe « endurer » (déjà rencontré au vers 2) semble montrer que l’amante s’abandonne au plaisir et à la souffrance.

VERS 7 :

  • Ce vers nous fait comprendre que c’est le bonheur qui est inconstant, il s’en va et dure.
  • Cette image est également une représentation de l’amant qui ne peut être constamment présent : l’amour dure à jamais mais il s’en va (c’est-à-dire qu’il diminue) lorsque l’objet de l’amour est absent.
  • Ainsi, « mon bien » peut se comprendre de deux façons : comme le bien-être de l’amante ou alors comme ce qui lui appartient c’est-à-dire le cœur de son amant.
  • L’expression « à jamais » est caractéristique des poèmes amoureux parlant d’un amour éternel, seulement  cela s’oppose à « tout à un coup » et « tout en un coup » qui marque des évènements ponctuels. L’éternité ne semble possible que dans le souvenir ce que confirmera le sonnet suivant.

VERS 8 :

  • Dans ce vers, l’amante se compare à une fleur (métaphore à nouveau traditionnelle) qui fane et éclot en même temps (caractère universel de l’amour ?) = il y a à nouveau simultanéité entre des évènements contradictoires accentué par le « tout en un coup ».
  • Louise Labé réussit donc toujours à utiliser des éléments traditionnels qu’elle détourne pour exprimer les sentiments de l’amante et non de l’amant comme cela est habituel. De fait, les poèmes amoureux sont la plupart du temps écrits par des hommes et donc traités selon leur point de vue, le fait d’avoir ici les sentiments de l’amante est donc une innovation intéressante.

= Les deux premiers quatrains se répondent : en effet le chiasme sémantique du vers 1 « je vis, je meurs » et du vers 8 « je sèche, je verdoye » montrent l’incessant recommencement de la souffrance et de la joie qui depuis le début se combinent dans les vers.

 

VERS 9 :

  • Ce 1er vers du tercet marque une rupture comme l’indique l’adverbe « ainsi » qui débute le vers, en plus d’introduire l’idée imminente d’une explication des contradictions, il sous-entend une idée de fatalité.
  • Amour, ici personnifié, apparait par sa position en sujet de la phrase. Cela montre qu’il est le seul responsable de l’état de l’amante confirmé par le pronom personnel de P1 complément du verbe « mener » : ‘amante est passive, elle subit les effets de l’amour.
  • De plus, l’adverbe « inconstamment » est à commenter : il apparait pour la première fois ici dans ce vers central du sonnet alors qu’il en est le thème depuis le début. Il peut de plus avoir une double interprétation : en effet qualifie-t’il les sentiments ? ou l’amante elle-même ?

 

VERS 10 – 11 :

  • Les deux vers fonctionnent ensemble, le vers 10 énonce une condition temporelle qui marque un décalage avec la perception sensorielle du vers 11. Le passage entre la douleur et la joie se fait inconsciemment comme le montre l’expression « sans y penser » (vers 11) qui s’oppose à « quand je pense » (vers10).
  • Les sentiments sont tellement entremêlés que l’amante ne sait plus les distinguer

 

VERS 12 – 13 :

  • Ces deux vers comme les deux précédents fonctionnent en couple mais s’opposent aux vers 10 et 11 : les premiers exprimaient la certitude (trompée) du malheur alors qu’ici il s’agit de l’expression du bonheur.
  • Le poème s’articule entre les différentes contradictions et marque l’aspect cyclique des sentiments, l’amante est toujours au centre du poème avec les pronoms possessifs de P1
  • De plus avec les expressions « être en haut » et « désiré heur » on voit que la joie de l’amante est extrême. Le poème amoureux s’arrêterait là avec l’idée d’un bonheur extrême qui serait supérieur au malheur que l’on peut ressentir, ce n’est pas ce que fait Louise Labé !

 

VERS 14 :

  • Le malheur réapparait ici et clôt le sonnet dans une volonté à nouveau de faire un poème clôt sur lui-même avec le vers 1 qui s’ouvre sur la vie et donc la joie, le poème se termine sur le mot « malheur » : élément surprenant pour un sonnet amoureux !
  • L’amante est toujours passive ici, le « il » qui la replonge dans le malheur représente l’amour du vers 9 mais aussi certainement l’amant encore et toujours absent dans la vie de l’amante et dans le sonnet sauf dans ces dernières rimes (rime d) seules à être masculines : les rimes étant jusque ici exclusivement masculines (exemples…) marque à nouveau l’originalité de ce sonnet écrit par une femme et qui met en avant la femme.

= Ces deux tercets s’opposent aux quatrains avec leur côté réflexifs (car Louise Labé cherche à comprendre pourquoi ses sentiments sont ainsi) comme le montre la forte présence des verbes de pensée et de croyance « je pense », « je crois ». De plus, c’est ici qu’on a clairement l’explication des contradictions des premiers quatrains : Amour provoque le désordre de l’âme.

Pause 5 secondes

CONCLUSION

            Louise Labé a donc utilisé en plus d’une forme traditionnelle (le sonnet), des thèmes traditionnels (la fleur, l’éternité) pour tenter d’exprimer et d’analyser les sentiments amoureux du point de vue de l’amante qui s’avère être totalement différent de celui de l’amant que l’on a l’habitude de lire.

Le sonnet 8 qui est l’un des plus connus de Louise Labé fait en fait partie d’un binôme avec le sonnet suivant. En effet, dans le sonnet 7, l’amante espérait une rencontre avec l’amant, le sonnet 8 exprime les conséquences de cet espoir et de l’amour ressenti et le sonnet 9 se présente comme une échappatoire au malheur inhérent au bonheur amoureux, échappatoire qui n’a lieu que dans le rêve, l’illusion.

Publié dans Explication de texte

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Orwell - La ferme des animaux (20e siècle)

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La ferme des animaux d’Orwell

 

Personnages principaux

  • M Jones
  • Mme Jones
  • Sage l’Ancien : cochon
  • Filou : chien
  • Fleur : chienne
  • Constance : chienne
  • Malabar : cheval
  • Douce : jument
  • Edmée : chèvre
  • Benjamin : âne
  • Lubie : jument
  • Moïse : corbeau
  • Boule de neige : cochon
  • Napoléon : cochon
  • Brille-Babil : cochon
  • M Pilkington
  • M Frederick
  • M Whymper

Résumé par chapitres

Chapitre 1 : Une fois la nuit tombée, les animaux se réunissent autour de Sage l’Ancien qui va leur raconter son rêve. Avant cela, il leur dit que si les animaux sont malheureux c’est à cause de l’homme. Il leur chante leu nouvel hymne : Bêtes d’Angleterre. La réunion est interrompue par un coup de fusil tiré par le fermier.

Chapitre 2 : Sage l’Ancien est décédé. Les autres cochons ont créé l’Animalisme. La révolte a lieu, ils ont chassé les hommes de la ferme. Ils ont édicté sept commandements. Ils ont trait les vaches avant d’aller faire le foin. Où est le lait ?

Chapitre 3 : Les cochons ont pris le pouvoir, ils commandent aux autres animaux et profitent du meilleur car ils doivent préserver leur santé pour éviter le retour du  fermier. Ils ont même un drapeau et des réunions régulières. Suivant leur intelligence, les animaux ont appris à lire et à écrire. Malabar travaille énormément pour affronter tous les problèmes.

Chapitre 4 : Les hommes tentent de reprendre la ferme car l’hymne et les exploits des animaux de Jones se répandent et commencent à semer le trouble dans les autres fermes. La bataille de l’Etable a lieu. Les animaux étaient prêts, un seul d’entre eux est mort. Malabar et Boule de neige ont été décorés pour leur bravoure.

Chapitre 5 : Lubie a rejoint les hommes, elle aimait trop le sucre et les rubans. Napoléon a chassé Boule de neige grâce aux chiots qu’il a dressés, il est un vrai tyran mais les autres animaux ne le remarquent pas. Il a annulé tous  les votes et prend toutes les décisions. Il va faire construire le moulin à vent proposé par Boule de neige en disant que c’était son idée mais qu’elle lui a été volée. Brille-Babil est son porte-parole auprès des autres animaux.

Chapitre 6 : Napoléon fait du commerce avec les hommes pour entretenir la ferme, cela ne plait pas aux animaux mais ils sont à nouveau manipulés, les cochons s’installent dans la maison et ont tout ce qu’ils veulent. Les autres animaux, même s’ils doutent, ont trop peur du retour des fermiers pour dire quelque chose. Ils construisent avec beaucoup de mal le moulin et n’ont pas de grosse récompense : ils mangent à peine plus que du temps de M Jones. Une nuit, une tempête démolit ce qu’ils ont entrepris, Napoléon accuse Boule de neige et met une prime sur sa tête, il veut le juger.

Chapitre 7 : Napoléon dit de Boule de neige qu’il a toujours été du côté du fermier ce qui horrifie les autres animaux. Il fait exécuter tous ceux qui lui sont contraires en les forçant à avouer qu’ils sont complices de Boule de neige. Ce massacre démoralise les autres bêtes, Douce, qui ne dit rien, voit bien qu’on est loin du rêve de Sage l’Ancien. L’hymne Bêtes d’Angleterre est interdit car le Soulèvement est terminé.

Chapitre 8 : Napoléon se fait ériger comme grand personnage. Tous le vénèrent. Ses affaires tournent mal, la ferme est attaquée, le moulin, à peine terminé, est détruit. A cause de l’alcool, Napoléon est presque mort. Un soir, Brille-Babil est trouvé près du mur des sept commandements, les animaux sauf peut-être Benjamin, n’ont toujours pas compris que Napoléon arrange les commandements à son avantage.

Chapitre 9 : Malabar veut reconstruire le moulin après le passage des hommes et de leur dynamite. Il se tue à la tâche en pensant à sa retraite qui doit commencer un mois plus tard. Napoléon l’a envoyé à l’abattoir mais Brille-Babil leur raconte des mensonges qu’ils croient tous. Les cochons ont bu pour commémorer sa mort. Napoléon veut que personne n’oublie ses devises.

Chapitre 10 : Les cochons se confondent avec des hommes, ils marchent sur deux pattes, s’habillent et jouent aux cartes. Les commandements n’existent plus et il n’y a plus beaucoup d’animaux pour se souvenir du Soulèvement et de la vie d’avant. Des fermiers visitent la ferme et discutent avec les cochons : on ne les distingue plus les uns des autres.

Publié dans 20e siècle

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Racine - Iphigénie (17e siècle)

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Iphigénie de Racine

 

Personnages principaux

  • Agamemnon
  • Achille
  • Ulysse
  • Clytemnestre
  • Iphigénie
  • Eriphile
  • Arcas
  • Eurybate
  • Aegine
  • Doris

Résumé par actes

Acte 1 : Agamemnon réveille Arcas, son confident. Il lui raconte ses malheurs : pour pouvoir y arriver et vaincre Troie, il a promis de sacrifier sa fille Iphigénie. Il veut que son ami l’en empêche sans pour autant révéler son triste secret. Iphigénie est promise à Achille. Achille est content de l’arrivée prochaine d’Iphigénie pour pouvoir l’épouser. Agamemnon lui demande donc si c’est une bonne idée juste avant une guerre. Il propose pour sauver sa fille de ne pas se rendre à Troie pour la guerre mais Achille lui dit qu’il refuse d’être un lâche. Ulysse rappelle à Agamemnon qu’il a promis sa fille et que les Grecs comptent sur lui. Agamemnon dit à Ulysse que les grands discours sont faciles dans sa position à lui. Il promet de sacrifier sa fille si elle arrive mais de ne pas contrarier les dieux qui voudraient la sauver. Eurybate annonce à Agamemnon l’arrivée de sa femme et de sa fille accompagnée d’Eriphile. Il dit aussi que tous admirent Iphigénie. Ulysse autorise Agamemnon à pleurer sa fille. Celui-ci lui demande d’amener Iphigénie à Calchas pendant qu’il éloignera sa femme.

Acte 2 : Eriphile explique à Doris tous ses malheurs : elle ne sait pas qui elle est, elle allait le découvrir à Lesbos quand Achille a tout dévasté et l’a faite prisonnière. Elle est tombée amoureuse d’Achille qui va épouser Iphigénie qui la considère comme une amie. Elle lui annonce que si le mariage a lieu, elle se tuera pour fuir ses malheurs. Iphigénie ne comprend pas la froideur de son père à son égard. Celui-ci ne sait pas quoi lui dire, il l’aime et sa mort prochaine le désespère. Elle sait qu’il va y avoir un sacrifice mené par Calchas, elle veut y assister. Iphigénie s’inquiète de la froideur de son père. Eriphile lui dit qu’elle a tout pour être heureuse. Iphigénie a un mauvais pressentiment. Elle sait qu’Achille n’est là que pour elle alors pourquoi ne l’a-t ’elle pas encore vu ? Clytemnestre dit à sa fille qu’il faut partir, elle a eu la lettre d’Arcas disant qu’Achille avait changé d’avis. Elle ne veut pas risquer leur honneur. Elle dit à Eriphile qu’elle va rester sur place. Achille voit Iphigénie et lui demande ce qu’elle fait en Aulide. Pensant qu’il la chasse, elle lui dit de se rassurer, elle ne reste pas. Achille confie à Eriphile son amour pour Iphigénie, il ne comprend pas pourquoi elle le fuit. Il n’était même pas là quand Agamemnon a prétendu écrire son nom. Achille comprend qu’il se trame quelque chose, il veut l’éclaircir en voyant Ulysse et les autres. Eriphile désespère de l’amour d’Achille pour Iphigénie mais elle voit venir le drame et espère être vengée de sa rivale.

Acte 3 : Clytemnestre dit à Agamemnon qu’elle a vu Achille. Le mariage peut avoir lieu. Agamemnon demande à sa femme de ne pas venir à l’autel, elle ne veut pas. Il lui ordonne alors. Il veut la protéger de ce qu’elle ne sait pas. Clytemnestre ne comprend pas les raisons de son époux mais elle les accepte. Achille est heureux. Il dit à Clytemnestre qu’il va épouser Iphigénie et qu’en plus Calchas a promis qu’il allait enfin apaiser les dieux pour aller à Troie. Il est heureux de se battre pour sa femme. Achille dit à Iphigénie de l’accompagner à l’autel. Celle-ci lui demande d’abord une faveur, elle veut qu’il libre Eriphile ce qu’il accepte. Arcas, défiant les ordres, dit à Achille et Clytemnestre ce qui attend Iphigénie. Clytemnestre supplie Achille de la protéger pendant qu’elle va détourner son époux de son funeste projet. Achille, en plus de la défendre, veut la venger. Elle ne veut pas qu’il s’en prenne à son père, déjà bouleversé par ce qu’il doit faire, elle l’aime. Achille veut qu’elle vive. Clytemnestre revient. Elle n’a pas pu voir son époux. Iphigénie empêche Achille d’y aller, elle ne veut pas de révolte. Elle sait que son père va venir la chercher et qu’il pourra alors s’expliquer. Achille jure de donner sa vie à la protéger.

Acte 4 : Eriphile dit envier le sort d’Iphigénie ce que ne comprend pas Doris. Elle veut se venger. Doute-t’ elle qu’Iphigénie va être sacrifiée ? Clytemnestre en veut à son époux mais Iphigénie lui demande d’être clémente. Elle voit arriver Agamemnon. Elle espère qu’il ne va pas lui mentir. Agamemnon demande ce qui retient sa fille d’aller à l’autel pour son mariage. Clytemnestre parle de victime. Il les voit pleurer et comprend la trahison d’Arcas. Iphigénie se dit prête à suivre ses ordres : il lui a donné la vie, il peut la lui reprendre. Clytemnestre le prévient, après l’avoir maudit, s’il veut sacrifier la fille, il devra tuer la mère. Agamemnon avait prévu les cris si son projet était découvert, il aurait juste aimé avoir un cœur de pierre et pas de père. Achille prévient Agamemnon qu’il défendre toujours Iphigénie et qu’il ne se bat à leurs côtés que pour elle. Agamemnon lui dit que c’est sa folie qui l’a tuée car il n’a pas voulu abandonner la guerre. Achille prévient qu’Iphigénie ne mourra pas sans qu’il ait versé son sang. L’intervention d’Achille a décidé d’Agamemnon. Il ne veut pas paraitre lâche et céder aux menaces : Iphigénie va être sacrifiée. Agamemnon ne veut pas confier sa fille aux dieux à moins qu’ils la lui redemandent. Agamemnon dit à Clytemnestre de partir avec sa fille mais de ne pas se faire remarquer. Il tentera de les protéger et les couvrir le plus longtemps possible. Eriphile, pour satisfaire sa jalousie, va tout dévoiler à Calchas. Pour elle, l’une des deux doit mourir : Iphigénie ou elle.

Acte 5 : Achille veut la protéger de son armée mais elle refuse. Elle lui promet la gloire en échange de sa mort. Achille, en colère, la prévient, il tuera tous ceux qui seront sur son chemin. Iphigénie veut mourir au plus vite, sa souffrance est trop grande. Clytemnestre veut protéger sa fille aux dépens de sa vie. Iphigénie ne veut pas. Elle supplie sa mère de lui épargner le spectacle de sa mort. Elle lui demande de pardonner son père et de penser à son frère. Aegine annonce à Clytemnestre que c’est Eriphile qui les a trahies. Celle-ci maudit la flotte et demande aux dieux d’aider sa fille. La terre se met à trembler. Arcas vient chercher Clytemnestre. Achille, dans sa fureur, a retardé le sacrifice, il veut rendre la fille à sa mère. En approchant, elle voit Ulysse et croit sa fille morte. Ulysse vient annoncer à Clytemnestre que sa fille est en vie. C’était Eriphile que les dieux voulaient sacrifier car elle est née contre leurs vœux. Achille et Agamemnon ont fait la paix.

Publié dans 17e siècle

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Racine - Britannicus (17e siècle)

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Britannicus de Racine

 

 

Personnages principaux

  • Néron, empereur, fils d’Agrippine
  • Britannicus, fils de Claudius
  • Agrippine
  • Junie, amante de Britannicus
  • Burrhus, gouverneur de Néron
  • Narcisse, gouverneur de Britannicus
  • Albine, confidente d’Agrippine

Résumé par actes

Acte 1 : Agrippine annonce à Albine que Néron a enlevé Junie. Elle est inquiète car elle n’a plus d’influence sur Néron et elle sent que celui-ci ne veut plus d’elle à ses côtés pour le pouvoir. Albine dit que si les soupçons d’Agrippine sont fondés, Néron cache bien son jeu. Burrhus empêche Agrippine de voir Néron. Elle lui demande pourquoi il tente de gouverner à travers Néron. Il lui fait comprendre qu’elle doit rester à sa place et qu’elle ne devrait pas remettre en question les décisions de l’empereur. Agrippine n’apprécie pas d’être mise à l’écart. Britannicus se plaint à Agrippine de l’enlèvement de Junie. Agrippine lui dit qu’elle veut l’aider à régler le problème. Britannicus demande à Narcisse s’il peut faire confiance à Agrippine, mère de Néron et meurtrière de son père. Il ne sait plus à qui faire confiance. Narcisse lui dit que pour le moment, il n’a pas d’autres choix que de s’allier à Agrippine. Britannicus le charge de savoir comment va Junie.

Acte 2 : Néron craint l’influence de Pallas sur Agrippine. Il veut le faire exiler avant la fin du jour. Néron avoue à Narcisse son amour pour Junie. Il craint toujours sa mère surtout quand elle est face à lui, c’est pourquoi il l’évite. Narcisse est du côté de Néron, il trahit Britannicus et conseille à Néron de divorcer d’Octavie pour prendre Junie comme femme et céder à ses plaisirs. Néron va laisser Britannicus voir Junie, pourquoi ? Néron annonce à Junie que les projets la concernant ont changé, elle va l’épouser lui. Junie parle alors d’Octavie en refusant de prendre sa place. Elle avoue aimer Britannicus et vouloir l’épouser. Néron lui dit qu’elle doit quitter Britannicus pour le protéger et qu’il assistera, caché, à la scène de rupture ! Narcisse annonce l’arrivée de  Britannicus. Junie est troublée. Néron lui rappelle qu’il les observera. Junie veut que Narcisse prévienne Britannicus mais celui-ci est déjà là. Britannicus dit son amour à Junie. Celle-ci reste froide et distante et lui demande de se retirer. Britannicus est dévasté par cet abandon. Junie refuse de parler à Néron, elle veut rester seule. Néron a vu l’amour des deux amants mais veut désespérer Britannicus. Narcisse va le tourmenter sur ordre de Néron. Il fait cela pour son propre intérêt. Burrhus dit à Néron de se méfier de sa mère et surtout d’oublier Junie. Néron lui dit qu’il suivra ses conseils dans toutes les sciences sauf dans celle de l’amour. Il ne supporte plus d’être loin de Junie. Burrhus craint la fureur de Néron et ne veut pas la laisser sortir. Va-t’ il s’allier à Agrippine pour maitriser Néron vu que Sénèque est absent ?

Acte 3 : Albine conseille à Agrippine de laisser Néron tranquille. Agrippine refuse de laisser Junie devenir une rivale et obtenir plus de pouvoir alors qu’elle est délaissée. Britannicus dit à Agrippine qu’ils ont des appuis dans le Sénat. Elle lui promet de ne pas l’oublier. Elle a bien l’intention de faire céder Néron. Junie veut que Britannicus parte afin de le protéger. Elle explique tout à celui-ci à propos de ce que l’a forcée à faire Néron. Il se jette à ses pieds, juste au moment où Néron arrive. Affrontement verbal entre Néron et Britannicus dans lequel ce dernier reproche à Néron son comportement face à Rome et face à Junie. Celle-ci veut se faire vestale pour arrêter les querelles fraternelles. Néron use de son pouvoir pour les faire enfermer tout deux. Néron a compris le rôle d’Agrippine, il veut qu’on la retienne dans le palais. Burrhus craint cette décision. Néron doute de sa fidélité car il contredit ses plaisirs.

Acte 4 : Burrhus explique à Agrippine que Néron va la recevoir et qu’elle ferait mieux de s’excuser car il est l’empereur. Craint-il quelques ennuis pour elle ? Agrippine rappelle à Néron tout ce qu’elle a fait pour lui. Il lui redit ce qu’il sait, elle e contredit avec des arguments forts. Elle lui dit ce qu’elle attend de lui et il accepte tout : Pallas va revenir, Britannicus est libre, Junie aussi ? Cela semble trop facile… Néron avoue qu’il veut faire tuer Britannicus. Burrhus ne peut pas y croire, il montre à Néron à quel point c’est une erreur, que son règne finira dans le sang. Il préfère mourir plutôt que de voir cela. Néron semble approuver ce que dit Burrhus. Néron dit à Narcisse qu’il n’aura pas besoin de poison, il va faire la paix avec son frère. Narcisse, contre toute attente, fait tout pour convaincre Néron du contraire. Il lui dit que le peuple doit craindre l’empereur, qu’il ne doit pas faire confiance à Agrippine et Burrhus et que tant que Britannicus sera en vie, il aura des ennuis.

Acte 5 : Britannicus annonce à Junie la fin de leurs soucis. Il est heureux de la paix faite avec Néron. Junie, plus clairvoyante ?, a du mal à croire à un tel revirement de situation. Elle comprend la trahison de Narcisse ? Britannicus ne l’écoute pas et est persuadé de se rendre à un entretien de paix qui le rend fou de joie. Agrippine vient chercher Britannicus en lui disant que Néron l’attend avec impatience. Agrippine et Junie vont aller voir Octavie. Agrippine reproche à Junie ses larmes car elle est persuadée que Néron va faire ce qu’elle a dit. Elle sent son pouvoir grandir. Elle est interrompue par un tumulte. Junie pense à sauver Britannicus. Burrhus leur apprend la mort de Britannicus. Junie veut le sauver ou le suivre. Burrhus raconte comment, devant toute la cour, Néron a empoisonné son frère. Il dit qu’il faut fuir, il précise que Narcisse n’a pas pu cacher sa joie. Agrippine accuse Néron de ce crime. Narcisse tente de se justifier en disant qu’une fois marié Britannicus aurait demandé l’empire. Agrippine sait qu’elle va mourir mais elle maudit Néron et lui jure que la postérité le détestera. Agrippine sait ce qui l’attend et Burrhus regrette de ne pas avoir été tué plus tôt, il aurait préféré ne pas voir Néron impassible devant la mort de son frère et ne pas savoir ce qui va arriver à l’état. Albine leur dit que Junie s’est faite vestale et que lorsque Narcisse a voulu l’arrêter, le peuple l’a tué. Albine leur dit qu’il faut sauver Néron, qu’il risque, sur un coup de tête, de quitter le monde. Burrhus espère que cela le fera changer.

Publié dans 17e siècle

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