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Musset - Lorenzaccio - acte IV scène 11 (Explication de texte)

Publié le par litteratureetfrancais

EXPLICATION DE TEXTE : MUSSET, LORENZACCIO, ACTE IV SCENE 11

 

INTRODUCTION

            Musset publie Lorenzaccio en 1834 comme un « spectacle dans un fauteuil ». Pour l’écrire, il s’est inspiré de l’ouvrage que George Sand lui a confié : Une conspiration en 1537. Il n’en verra jamais la représentation de son vivant. Cette pièce est représentative d drame romantique qui a fait son apparition en France avec Hugo. En effet, Musset s’est libéré des règles classiques et a créé un véritable héros romantique en prise avec lui-même et le monde dans lequel il cherche sa place. Nous avons ici l’acte IV, scène 11 qui est l’une des scènes attendues car il s’agit du meurtre du duc Alexandre par Lorenzo. Elle pourrait constituer la fin de la pièce mais nous verrons qu’il s’agit en fait d’un faux-dénouement destiné à créer un nouvel horizon d’attente.

Pause 5 minutes

LECTURE

Pause 5 minutes

                        Dans cette scène, il y a trois personnages : Lorenzo, le Duc et Scoronconcolo (le maître d’armes). Il s’agit de la scène qui va libérer Lorenzo : il va enfin mettre son projet à exécution. Cette scène est typique du drame romantique : elle ajoute à la violence du meurtre, un lyrisme libérateur. En quoi cette scène qui est un faux-dénouement annonce-t’elle déjà l’acte V ? La scène se décompose en 3 mouvements : l.1 à 23 : la préparation du meurtre, l.23 à 28 : le meurtre proprement dit et l.29 à 50 : la libération de Lorenzo.

EXPLICATION

Lignes 1 à 23 : la préparation du meurtre

LE DUC :

  • Didascalie initiale : lieu intime où le masque tombe. Confiance du Duc.
  • « mignon » : qualificatif familier qui sous Henri III désignait les favoris du roi avec connotation homosexuelle
  • Le froid du duc annonce sa mort.
  • La question : doute ou impatience ?

LORENZO :

  • Double énonciation : « il est toujours bon d’avoir une arme sous la main » : le lecteur attend le meurtre.
  • Didascalie nécessaire au lecteur pour compréhension
  • Rapport de force : vous-tu

LE DUC :

  • Grossièreté du personnage : façon de parler des femmes + « la Catherine » : dénomination péjorative.
  • Critique du langage : refus de jouer un langage c’est pourquoi il préfère se coucher plutôt que de parler.
  • L’intimité de la chambre ou la seule présence de Lorenzo permet d’enlever le masque.
  • « la Catherine » : tante de Lorenzo, elle est l’appât.
  • Nouvelle question : doute ? annonce de la fuite avec « chevaux de poste » : le meurtre est prémédité.

LORENZO :

  • La réponse spontanée est rassurante. Elle a été préparée comme le meurtre.

LE DUC :

  • Ordre avec impératif + « donc » conclusif = seul intérêt : le plaisir
  • Moment de coupure
  • « ta tante » : associe encore une fois Lorenzo à son plaisir => case de sa mort la plus proche.

LORENZO :

  • Réponse assertive qui répond à l’ordre
  • Didascalie conforte encore le Duc

LE DUC :

  • Nouvelle critique du langage qui fait jouer un rôle. Seul le plaisir physique importe.
  • « j’ai soupé comme trois moines » : blasphémateur. « mes chères entrailles » reprend l’acte I, scène 1 = plaisir encore lié au péché.
  • Court monologue qui révèle la vraie nature du Duc. Il est conscient de sa grossièreté : « ce sera peut-être cavalier » c’est-à-dire inconvenant.

Lignes 23 à 28 : le meurtre (attendu depuis l’acte III suite à l’annonce de l’acte à Philippe Strozzi)

LORENZO :

  • Le meurtre se fait en 3 didascalies : violence grâce à la rapidité.
  • « seigneur » : prise de distance, garde sa place de valet
  • Question rhétorique : aucun attendrissement + nouvelle marque de confiance

LE DUC :

  • « c’est toi Renzo » : surprise + référence à Brutus
  • Renzo : véritable identité de Lorenzo ? volonté de retrouver celui qu’il était pour sa mère
  • « Renzo » : surnom affectif qi montre sa confiance + accentue horreur du drame

LORENZO :

  • Reprise de « Seigneur » = nouvelle distance
  • « n’en doutez pas » = réaffirme sa volonté de changer et d’abandonner son masque ?
  • « n’en doutez pas » = affirme son caractère meurtrier

SCORONCONCOLO :

  • Arrivée du maitre d’armes : faire valoir de Lorenzo
  • « est-ce fait ? » : brutalité de la formule marque la brutalité de l’acte + préméditation
  • C’est une question rhétorique

Lignes 29 à 50 : la libération de Lorenzo

LORENZO :

  • « regarde » : ordre ? prise à distance vis-à-vis de Scoronconcolo ?
  • Morsure : côté bestial du Duc + seul réaction de Lorenzo : anti-héros romantique
  • Bague sanglante : métaphore de la morsure

Anneau : lié au duc à jamais malgré la volonté de se libérer.

Noces : jour attendu depuis le début par Lorenzo et le lecteur. Sang = défloration. Epée = symbole phallique

SCORONCONCOLO :

  • Exclamatives marque la découverte de la victime + début de la peur = il a conscience de ce qui va suivre.
  • Sa peur va faire contraste avec la réaction de Lorenzo
  • Sa réaction montre qu’il ne s’agit plus d’un acte politique mais individuel et libérateur.

LORENZO :

  • Didascalie : ouverture sur le monde : romantisme
  • Exclamatives (s’opposent à celles de Scoronconcolo) : explosion bonheur = lyrisme libérateur
  • Renaissance avec « Respire »
  • Oxymore « cœur navré de joie » = complexité du héros romantique : attitude froide lors du meurtre + délire lié à la libération

SCORONCONCOLO :

  • Réaction annonce celle du peuple acte V
  • Volonté de fuite avec son maître

LORENZO :

  • Douceur du soir s’oppose au froid du Duc (l.1) = représente le cœur de Lorenzo
  • Nouvelles exclamatives lyrique
  • Retrouve le poète que sa mère regrettait
  • Vocabulaire de la mort annonce l’acte V

SCORONCONCOLO :

  • Viens -> venez, maître -> seigneur : volonté d’être plus ferme pour contrer l’aspect lyrique de Lorenzo pour la fuite.
  • Opposition vent va glacer / vent est doux
  • Sueur : 1er marque de la folie de Lorenzo ? = fièvre

LORENZO :

  • Toujours des exclamatives
  • N’écoute pas Scoronconcolo qui conseille la fuite = elle ne semble plus à l’ordre du jour.
  • « dieu de bonté » : surprenant Lorenzo est athée ?
  • Combiné à « quel moment ! » = instant de grâce = consécutif à une recherche de recueillement = Lorenzo a tout mis en place pour le tuer = libération personnelle

SCORONCONCOLO :

  • Didascalie : oubli Lorenzo : se désolidarise. Il représente le peuple qui va préférer tuer Lorenzo plutôt que de se soulever contre les Médicis.
  • Opposition entre « moi » et « son »
  • « son âme se dilate » = folie ?
  • « je prendrai les devants » + futur =  la fuite est urgente
  • Il veut fuir mais il ne peut pas

LORENZO :

  • Revient à la raison avec ordre + retour à la réalité avec éléments matériels
  • Rideau : fin de la pièce ?
  • Déterminant démonstratif « cette » = distance, ce n’est plus sa chambre

SCORONCONCOLO + LORENZO :

  • Frayeur : Pourvu que + exclamative.
  • 1ere fois que Lorenzo répond directement à Scoronconcolo (Référence Acte III, scène 1) = préméditation du meurtre.
  • Fait penser à une simple répétition.
  • « tapage » : bruit de combat à l’épée.
  • Quittent la pièce sans un regard pour le corps.

CONCLUSION

            Cette scène pourrait être la dernière de la pièce. En effet, elle représente le meurtre attendu depuis le début et montre la libération de Lorenzo. Cependant il s’agit en fait d’un faux-dénouement car elle annonce en réalité l’acte V avec la mort de Lorenzo et l’échec de la révolte.

            Ce drame romantique dont le héros est complexe car sans arrêt caché par un masque qu’il ne distingue plus lui-même est représentatif de toute une génération qui a connu la Révolution de juillet 1830. En effet, Lorenzo, comme le peuple français, tente de renverser une dynastie pour laisser la place au peuple sans succès. Pour Lorenzo, le peuple aura peut et préfère tuer le révolutionnaire. Pour la France, il n’y aura qu’un changement de dynastie (Charles X -> Louis-Philippe Ier)

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L'interprétation d'un texte (Brevet)

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L’interprétation d’un texte

I)                   Les genres littéraires

Le roman est un genre littéraire très fécond. Il y a de nombreux sous-genres (aventures, policiers, amour, apprentissage, science-fiction). C’est une œuvre qui raconte une histoire fictive en prose. Il comporte un narrateur, une histoire qui se développe en péripéties et des personnages qui évoluent souvent.

La nouvelle est un récit bref qui se caractérise par des personnages peu nombreux et une intrigue simple qui se conclut sur une chute. Il y en a différents types : réalistes, fantastiques, de science-fiction,…

Le conte est proche de la nouvelle par sa brièveté mais il s’en distingue par les éléments merveilleux qui interviennent. Les contes se déroulent dans une époque non précisée.

La lettre est un genre littéraire qui se caractérise par la présence de celui qui écrit, un destinataire clairement désigné et l’indication de la date et du lieu où se trouve l’expéditeur.

L’essai est un genre non narratif qui développe des idées, explique une situation. Il ne comporte pas de personnages. Il existe des essais scientifiques, politiques, et littéraires. Les biographies sont classées dans cette catégorie.

L’autobiographie est un œuvre où l’auteur raconte sa propre vie. L’auteur est donc à la fois le narrateur et le personnage principal de son œuvre. La narration est faite à la 1ère personne, les événements racontés correspondent à ce que l’auteur a vécu et l’auteur s’engage à dire la vérité sur sa vie dans un pacte qu’il conclut avec le lecteur.

Le théâtre est un genre littéraire qui se subdivise en différentes catégories (tragédie, comédie, drame,..). Le texte est fait pour être joué sur scène. Il se compose de répliques prononcées par les personnages et de didascalies destinées aux acteurs et au metteur en scène.

La poésie est le genre le plus ancien. Elle se caractérise par une approche différente du monde du langage. La poésie classique se caractérise par une écriture en vers, des strophes, des jeux sur les sonorités (les rimes) et une grande variété de figures de style. La poésie des XIX et XXe siècle s’est libérée de ces contraintes : elle est souvent en vers libres voire en prose, non ponctuée et sans rimes.

II)                La situation d’énonciation

L’énonciation est le fait de produire un message oralement ou par écrit.

Pour analyser la situation d’énonciation, il faut savoir qui parle, à qui, où se situe celui qui parle et quand est-ce qu’il parle.

Dans la plupart des romans, elle n’est pas connue mais elle est donnée dans les lettres, les journaux intimes, dans les dialogues et les conversations, …

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La Fontaine - La femme noyée (Explication de texte)

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EXPLICATION DE TEXTE : LA FONTAINE, LA FEMME NOYEE

 

INTRODUCTION

            Jean de La Fontaine a commencé à publier ses Fables en 1668. En les intitulant « Fables choisies, mises en vers par M de La Fontaine », il se place dans la lignée des grands fabulistes antiques tels qu’Esope dont il s’inspire très largement pour ses propres écrits comme le veut son appartenance aux Anciens. La fable est un apologue en forme de récit allégorique mettant souvent en œuvre des animaux auquel qu’ajoute une moralité. Dans sa préface, La Fontaine définit ainsi l’apologue : « L’apologue est composé de deux parties, dont on peut appeler l’un le corps, l’autre l’âme. Le corps est la fable, l’âme la moralité. ». Nous avons ici la 16 e fable du livre III et donc de la 1ere édition. Il ne s’agit pas ici d’une fable se servant d’animaux. Le sujet de la fable, intitulée La femme noyée, est en fait un défaut supposé de la femme : l’esprit de contradiction.

Pause 5 secondes

LECTURE

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            Le poème composé en alexandrins et octosyllabes correspond tout à fait au rythme qu’aime donner La Fontaine à ses écrits. Ce rythme mélange narration et dialogue comme il mélange les vers. Comment La Fontaine réussit-il à critiquer la nature féminine tout en la prenant pas à son compte et en faisant ainsi un sujet de fable : amusant et universel ? Comme toutes les fables, celles-ci est très organisée : Les vers 1 à 8 servent de présentation à la fable, les vers 9 à 24 correspondent à la fable elle-même et les vers 25 à 33 correspondent à la morale.

EXPLICATION

TITRE :

  • L’article défini « la » marque la volonté de généraliser. En effet il s’agit de l’universalité de la fable comme le dit la définition de l’apologue : « récit qui raconte une anecdote à la P3 de telle manière que cela ait une valeur universelle pour l’illustration d’une question morale ».
  • Le participe passé exprime une action terminée. Cela ne donne pas d’indications sur le sujet, on ne peut plus la sauver.

= > Cette fable est comme la plupart des fables de La Fontaine une réécriture même si sa filiation n’est pas certaine. A-t’il repris le thème de Marie de France ou celui de Verdizotti (fabuliste italien du XVIe siècle) ?

VERS 1 A 2 :

  • La Fontaine commence par marquer une distance avec les autres « je » se distingue de « ceux » dès le 1er hémistiche cela marque son importance pour l’auteur.
  • « ceux qui disent » = généralité : la fable doit concerner tout le monde ce qui se confirme par la valeur du présent qu’on peut comprendre comme un présent de vérité générale : La Fontaine ne dit jamais la même chose que les autres.
  • « ce n’est rien » : le pronom démonstratif « ce » cataphorique annonce un « rien » qui marque l’inutilité de s’occuper  de ce qui est en cours pourtant « c’est une femme qui se noie ». le présent marque une action en cours jugée visiblement sans importance. Cela s’oppose au titre où l’action était terminée : en effet la participe passé a une valeur d’accompli.
  • De même ici, on a « une femme » : il y a donc dans un certain sens la perte du caractère universel que l’on avait dans le titre mais on apprend que c’était  déjà un proverbe à l’époque de La Fontaine, il y a donc quand même un sens universel.

VERS 3 A 4 :

  • « Je dis que c’est beaucoup » :

C’est une nouvelle prise à distance avec les autres (cf. vers 1)

« Rien » s’oppose à « Beaucoup » tout comme le « je dis » qui est ici fortement assertif

Il y a de la part de La Fontaine la volonté d’être un galant homme et non pas un misogyne. Un galant homme étant au 17e siècle, d’après le dictionnaire de Furetière, un homme qui a l’air de la cour, les manières agréables, qui tache à plaire et particulièrement au beau sexe c’est-à-dire aux femmes. Il ne peut donc pas dire que la noyade de l’une d’elle est sans importance.

  • « ce sexe » désigne les femmes en opposition avec « nous » pour les hommes, cela semble péjoratif : il n’y a pas d’égalité homme-femme.
  • « vaut bien » signifie mérite bien c’est une évidence.
  • « puisqu’il fait notre joie » : raison du regret semble futile : il doit y avoir une raison valable ici c’est le plaisir.

VERS 5 A 8 :

  • Symétrie de construction avec le vers 1 : « je » et « hors de propos » qui rappelle l’adverbe  « rien ». Il y a cependant opposition. Les autres parlaient pour ne rien dire alors que ce n’est pas le cas de La Fontaine (est-ce une façon de décrédibiliser ses adversaires ?)
  • Allitération en « f » vers 6à 8 : les mots dans lesquels le « f » est utilisé résume le but de la fable : en effet, il s’agit d’un développement du titre accentué au vers 8 par  l’usage de l’alexandrin.
  • Le mot déplorable signifie au 17e siècle « qui mérite d’être pleuré » : il prouve ainsi sa galanterie et contredit le « rien » du vers 1.
  • Début de la fable est une situation initiale surprenante : la femme s’est déjà noyée, on ne s’attarde  pas sur les circonstances. On a une opposition entre le plus-que-parfait du vers 8 et le présent du vers 2 (au vers 2 nous étions dans un proverbe, une généralité, au vers 8 on est dans un cas bien précis décrit par le poète)
  • Au vers 7 « une femme », l’article indéfini montre que l’on arrive à une anecdote privée, personnelle dont la portée va être universelle grâce à la fable elle-même rendue particulière par le déterminant démonstratif « cette ».
  • Le mot « sort » ne désigne pas la fatalité au 17e siècle, en effet Furetière définit le sort comme ce qui arrive fortuitement, par une cause inconnue qui n’est ni réglée ni certaine.

VERS 9 A 14 :

  • Le retour des octosyllabes marque un élément perturbateur. Il peut y avoir 2 sens à cette perturbation :

= le mari ne retrouve pas le corps de sa femme, on est dans la recherche

= la surprise, malgré l’aspect déplorable de l’accident, il n’y a aucune tristesse, la mort n’est pas importante seul le corps importe.

  • Les rimes qui étaient croisées jusque-là deviennent embrassées car on entre dans la dynamique du couple comme le montre l’expression « son Epoux »
  • On peut s’interroger sur le rôle des majuscules à Epoux (vers 9) mais également à Mari (vers 15) et à Femme (vers 16). Est-ce une façon de nommer les personnages tout en leur laissant une valeur universelle. Ainsi tous les couples pourront s’identifier à celui de la fable ?
  • On retrouve ici un vocabulaire épique : aventure, les honneurs. Il s’agit de la bienséance : il faut honorer le corps du défunt (cf. Antigone qui était prête à tout pour rendre les honneurs au corps de Polynice).
  • Le mot « disgrâce » peut avoir deux sens au 17e : La disgrâce comme perte de la faveur des hommes (ce qui est arrivé à Antigone) mais également malheur, accident. Le fleuve est donc celui qui a causé la disgrâce de la femme car si l’on ne retrouve pas son corps elle ne connaitra pas les honneurs nécessaires pour rejoindre le paradis mais il est aussi l’auteur de son malheur, c’est lui qui l’a tuée.
  • L’ardeur d’Antigone à vouloir sauver son frère est reprise dans l’imparfait duratif du vers 9 « cherchait » qui montre une quête inlassable.
  • Vers 12 : passage de l’imparfait au passé simple : c’est un rebondissement avec l’arrivée de nouveaux protagonistes « des gens » (vers 14). Ils ne peuvent pas être témoins comme le marque l’imparfait du verbe « promener » combiné au gérondif « en ignorant » Il ne sont au courant de rien.

VERS  15 A 24 :

  • On entre dans le cœur de la fable : on va nous énoncer un défaut de la femme.
  • « Donc » (vers 15) : conjonction de coordination de sens conclusif. Il est évident que le mari demande de l’aide aux deux hommes et pourtant il y a un élargissement aux femmes en général.
  • Arrêtons-nous sur la forme du discours :

= Indirect pour le mari : la recherche passe au second plan, elle est de moindre importance.

= direct pour la réponse « des gens » : ce qu’ils disent est plus important et en effet le passage au discours direct résume le but de la fable (vers 23 : « l’esprit de contradiction ») De même les impératifs donne une autorité à ces hommes qui rappelons-le ne sont même pas témoins de la scène.

  • L’esprit de contradiction qui semble inhérent aux femmes est pourtant présent ici entre les deux hommes qui ne sont pas d’accord : il s’agit d’une présentation argumentée, le 2e argument (l’esprit de contradiction) est utilisé en dernier pour montrer sa force et l’impossibilité de le réfuter.
  • La reprise de « nulle » (vers 16-17) montre un échange rapide entre les hommes présents.
  • Vers 21 : il y a ici un jeu de mot avec le mot « inclination », en effet au 17e le mot inclinaison n’existe pas encore donc ici le substantif inclination marque la pente du fleuve mais également la force intérieure et naturelle de la femme à n’en faire qu’à sa tête.
  • « Qu’elle que soit » (vers 21) ajoute à l’universalité de la fable + futur du vers 24 qui exprime une certitude malgré l’incongruité de la chose

VERS 25 A 29 :

  • « Cet homme » vers 25 marque une distance avec le poète et l’homme qui parlait ce qui est complété par « hors de saison » qui signifie qu’il ne parle pas au bon moment. Cette mise à distance est reprise au vers 27 (« je ne sais s’il avait raison ») ce vers au présent accompagné de la tournure négative est une forme d’écriture galante du 17e siècle.
  • Avec le vers 28 et l’utilisation de la corrélation « soit, ou non », le poète ne prend pas position : en effet, il prépare la morale (qui doit être universelle et donc ne porter aucune marque de subjectivité). Comme on l’a déjà dit plus tôt, il se place en galant homme.
  • La reprise du mot « pente » au vers 29 (déjà présent au vers 21) reprend le jeu de mots entre les différents sens du mot « inclination ». de plus, même s’il ne le prend pas à son compte, La Fontaine dit explicitement pour la première fois que l’esprit de contradiction est un défaut propre à la femme (vers 29).

VERS 30 A 33 :

  • Ces vers constitue la morale de la fable.
  • Jeu sur les pronoms : le « elle » reprend l’humeur ou la femme ?
  • On peut se demander quelle est la position du poète, ainsi la morale est assertive, inévitable :

= les futurs marquent la certitude

= « sans faute » => modalisation qui ne laisse aucune exception possible.

= caractère universel et durable avec les verbes antithétiques « naitre » et « mourir » en fin des vers 30 et 31.

= accentué par les expressions temporelles « jusqu’au bout » et « encore par-delà » : cela nous place dans  un au-delà où le défaut continuerait d’exister ce qui constitue l’histoire de la fable : même noyée, la femme contredit la nature en remontant le fleuve : il s’agit là d’un comique de l’excès.

 

CONCLUSION

            La Fontaine réussit ici à critiquer la nature féminine sans jamais passer pour un misogyne. Il s’exprime comme un galant homme du 17e siècle et obtient ainsi les faveurs du public féminin qui voit dans sa fable plus une défense qu’une attaque. En effet, la morale, universelle, dit qu’une personne (homme ou femme) née déraisonnable le restera. Il n’adopte jamais une position compromettante.

            La Fontaine apparait toujours dans ses fables comme un honnête homme inscrit dans l’esthétique et la morale de son siècle même si ses Fables sont toujours d’actualité. La Fontaine, lorsqu’il n’utilise pas son bestiaire habituel, aborde des défauts correspondants à des passions touchant l’esprit humain. Son but étant de montrer le caractère incurable de ces maux ce qui va à l’encontre du but cathartique du théâtre classique.

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Le groupe verbal (Brevet)

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Le groupe verbal

I)                   Le sujet et l’attribut du sujet

1-      Le sujet

Pour trouver le sujet d’un verbe, il faut poser la question « qui est ce qui » avant le verbe. Le sujet peut être mis en relief par « c’est … qui ». On ne peut pas supprimer le sujet d’un verbe.

Un sujet peut être :

-          Un groupe nominal

-          Un pronom

-          Un verbe à l’infinitif

-          Une proposition subordonnée

2-      L’attribut du sujet

Il indique une caractéristique du sujet. Il ne peut pas être supprimé. Il est relié au sujet par un verbe « attributif » (être, paraitre, sembler, devenir, demeurer, rester, avoir l’air, passer pour,…)

Un attribut peut être :

-          Un adjectif qualificatif

-          Un groupe nominal

-          Un pronom

-          Un infinitif

-          Une proposition

II)                Les compléments d’objet et l’attribut du complément d’objet direct

1-      Les compléments d’objet direct (COD), indirect (COI) et second (COS)

Pour trouver le COD, il faut poser la question qui ? Ou quoi ? Après le verbe. Pour trouver le COI d’un verbe, il faut poser la question de qui ? De quoi ? À qui ? Ou à quoi ? Après le verbe. Lorsque le verbe a déjà un COD, le COI s’appelle alors le COS.

Le COD, COI ou COS peut être :

-          Un groupe nominal

-          Un pronom

-          Un verbe à l’infinitif

-          Une proposition subordonnée complétive

2-      L’attribut du COD

L’attribut du COD indique une caractéristique du COD. Il se trouve après des verbes comme juger, croire, rendre, estimer, trouver, considérer comme, tenir pour, élire, nommer. Il est le plus souvent placé après le COD et il ne peut pas être supprimé.

Un attribut du COD peut être :

-          Un adjectif qualificatif (il s’accorde en genre et en nombre avec le COD)

-          Un groupe nominal

 

III)              Les compléments circonstanciels

1-      Les compléments circonstanciels de lieu (CCL)

Pour identifier un CCL, il faut poser la question « où ? » après le verbe. Un CCL peut être un groupe nominal introduit par une préposition ou un adverbe (ici, là, partout, à droite, à gauche, en haut, dedans, dehors)

2-      Les compléments circonstanciels de temps (CCT)

Pour identifier un CCT, il faut poser la question « quand ? » ou « pendant combien de temps ? » après le verbe. Un CCT peut être un groupe nominal, un groupe nominal introduit par une préposition, un adverbe (ensuite, d’abord, jamais, aujourd’hui, toujours, alors, demain), un gérondif ou une proposition subordonnée conjonctive (introduite par quand, lorsque, dès que, aussitôt que, après que, avant que, pendant que,…)

3-      Les compléments circonstanciels de manière et de moyen

Pour les identifier, il faut poser la question « comment ? » ou « au moyen de quoi ? » après le verbe. Cela peut être un groupe nominal introduit par une préposition (avec, de, à, au moyen de, par), un infinitif introduit par « sans », un adverbe ou un gérondif.

4-      Les compléments circonstanciels de cause (CCCause)

La cause présente l’origine d’un fait antérieur à un autre fait. Pour l’identifier, il faut poser la question « pourquoi ? ». Il peut être un groupe nominal introduit par une préposition (à cause de, en raison de, par suite de), une proposition subordonnée conjonctive (introduite par parce que, comme, puisque, du fait que, vu que) ou un gérondif.

5-      Les compléments circonstanciels de conséquence (CCConséquence)

La conséquence présente le résultat d’un fait. Il peut être un groupe nominal prépositionnel (introduit par à, en, jusqu’à), un groupe à l’infinitif, une proposition subordonnée conjonctive (introduite par de façon que, de sorte que, si bien que) ou une proposition subordonnée introduite par que et liée à un adverbe (si…que, tant…que)

6-      Les compléments circonstanciels de but (CCBut)

Pour l’identifier, il faut poser la question « dans quel but ? » après le verbe. Il peut être un groupe nominal prépositionnel ou un verbe à l’infinitif (introduit par pour, afin de, en vue de, dans le but de, de peur de) ou une proposition subordonnée conjonctive (pour que, afin que, de manière que, de peur que)

7-      Les compléments circonstanciels d’opposition (CCOpposition)

L’opposition consiste à mettre deux faits en parallèle pour mettre en relief une différence. Il peut être un groupe nominal prépositionnel (introduit par malgré, en dépit de, au lieu de, loin de), un groupe infinitif (introduit par au lieu de, loin de) ou une proposition subordonnée conjonctive (introduite  par quoique, bien que + subjonctif / alors que, tandis que, même si + indicatif/ quand bien même + conditionnel)

8-      Les compléments circonstanciels de condition (CCCondition)

Pour qu’une action ait lieu, il faut parfois qu’une condition soit remplie. Il peut être un groupe nominal prépositionnel (introduit par en cas de, sans, sous réserve de, à moins de), un groupe infinitif, un gérondif ou une proposition subordonnée conjonctive (introduit par si, selon que, suivant que + indicatif/ au cas où, dans l’hypothèse où + conditionnel/ à condition que, à moins que, pour peu que + subjonctif)

9-      Les compléments circonstanciels de comparaison (CCComparaison)

Il établit des rapports de ressemblance ou de différence entre deux faits. Il peut être une proposition subordonnée conjonctive introduite par comme, comme si, ainsi que, de même que.

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La ponctuation (Brevet)

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La ponctuation

Après certains signes de ponctuation, il y a toujours une majuscule :

  • Le point : sépare deux phrases.
  • Le point d’interrogation : termine une phrase interrogative
  • Le point d’exclamation : termine une phrase exclamative
  • Les points de suspension : séparent deux phrases par une pause longue.

Certains signes de ponctuation sont toujours suivis d’une minuscule :

  • La virgule : sépare des mots ou des propositions par une pause courte.
  • Le point-virgule : sépare deux propositions à l’intérieur d’une phrase

Certains signes peuvent être suivis d’une majuscule ou d’une minuscule suivant leur emploi :

  • Les guillemets :

Indiquent des paroles rapportées = le mot suivant commence par une majuscule

Indiquent une citation = le mot qui suit commence par une minuscule.

  • Le double point :

Introduit des paroles rapportées = le mot suivant commence par une majuscule

Introduit une explication, une énumération = le mot suivant commence par une minuscule.

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La phrase (Brevet)

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La Phrase

I)                  Les types de phrase

1-      La phrase déclarative

Elle présente des faits, transmet une information ou une opinion. A l’écrit, elle se termine par un point. A l’oral, la voix descend à la fin de la phrase. Elle peut être affirmative et négative.

2-      La phrase interrogative

Elle sert à poser des questions. A l’écrit, elle se termine par un point d’interrogation. A l’oral, la voix monte à la fin de la phrase.

L’interrogation totale porte sur toute la phrase et appelle une réponse qui sera soit « oui » soit « non » (marquée par l’intonation à l’oral, la tournure « est-ce que », l’inversion du sujet)

L’interrogation partielle porte sur un élément de la phrase. Elle commence par un mot interrogatif (un pronom interrogatif : qui, que / un adverbe interrogatif : où, comment, pourquoi / un déterminant interrogatif : quel, quelle)

3-      La phrase injonctive

Elle est employée pour donner un ordre, un conseil. Elle est constituée d’un nom ou d’un groupe nominal, d’un verbe conjugué à l’impératif.

4-      La phrase exclamative

Elle est utilisée pour exprimer un sentiment. A l’écrit, elle se termine par un point d’exclamative. Une phrase exclamative peut aussi être injonctive.

 

II)               Les formes de phrase

1-      Forme affirmative et forme négative

La forme affirmative certifie la réalité d’un fait alors que la forme négative nie la réalité d’un événement.

La négation se marque par des adverbes de négation : ne … pas / ne … jamais/ ne … plus/ ne … guère, …

Certaines phrases affirmatives peuvent contenir des mots de sens négatif.

2-      Forme active et forme passive

La phrase passive vient de la transformation de la phrase active. (Le sujet de la phrase active devient le complément d’agent de la phrase passive. Le COD de la phrase active devient le sujet de la phrase passive).

La transformation est impossible :

  • Lorsque le verbe n’a pas de COD
  • Lorsque le sujet est un pronom personnel
  • Lorsque le COD comprend un déterminant possessif
  • Avec le verbe « avoir »

3-      Forme neutre et forme emphatique

Dans la forme neutre, l’ordre de la phrase est : Sujet + Verbe + Compléments

La forme emphatique sert à mettre en relief un des éléments grâce à :

  • C’est … qui/que : encadre l’élément mis en relief
  • En plaçant l’élément en début ou en fin de phrase et en le reprenant par un pronom. Tournure très fréquente à l’oral.

 

III)            Phrase simple et phrase complexe

1-      Phrase et proposition

Une phrase est un ensemble de mots qui forme une unité de sens.  La phrase verbale comporte au moins un verbe conjugué. La phrase non verbale est formée par un groupe nominal, adjectival ou par un adverbe.

Une proposition est un ensemble de mots qui comporte un verbe.

2-      La phrase simple

Une phrase simple comporte une seule proposition : c’est une proposition indépendante.

3-      La phrase complexe

Une phrase qui comporte plusieurs propositions est une phrase complexe. Les différentes propositions peuvent être juxtaposées, coordonnées ou subordonnées.

Les propositions sont juxtaposées c’est-à-dire qu’elles sont séparées par un virgule, un point-virgule ou un double point.

Les propositions sont coordonnées lorsqu’elles sont liées par des conjonctions de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car)

Les propositions subordonnées dépendent d’une autre proposition appelée proposition principale. Elles ne peuvent pas exister seules. Il existe des propositions subordonnées relatives et des propositions subordonnées conjonctives.

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Les valeurs des temps (Brevet)

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La valeur des temps

 

I)                  Les valeurs du présent et du passé composé

1)      Selon les cas, le présent de l’indicatif a des valeurs distinctes :

  • Le présent d’actualité (présent d’énonciation) : un fait qui se déroule juste au moment où on en parle, c’est le présent du discours direct.
  • Le présent d’habitude : un fait qui se répète.
  • Le présent de vérité générale : c’est le présent des proverbes.
  • Le présent de narration : dans un texte au passé, il rend un événement plus actuel pour le lecteur.
  • Le présent à valeur de passé ou de futur proche : un fait qui vient de se terminer ou qui va commencer.

2)      Le passé composé n’a qu’une valeur d’antériorité par rapport au présent : le fait s’est déroulé avant celui que je raconte au présent.

 

II)               Les valeurs du futur simple et du futur antérieur

1)      Le futur simple a deux valeurs :

  • Il évoque des faits qui ne sont pas encore arrivés.
  • Il peut exprimer un ordre atténué.

2)      Le futur antérieur n’a qu’une valeur d’antériorité par rapport au futur simple.

 

III)            Les valeurs de l’imparfait et du plus-que-parfait

1)      Les valeurs de l’imparfait :

  • Une valeur temporelle : raconte un fait qui est en train de se dérouler dans le passé. On ne connait ni le début ni la fin de l’action. Ce sont des actions de second plan.
  • Une valeur modale : lorsqu’il est utilisé dans une proposition subordonnée de condition.
  • Une valeur d’habitude : il doit être accompagné d’un complément qui marque la répétition.

2)      Le plus-que-parfait n’a qu’une valeur d’antériorité par rapport à l’imparfait

 

IV)             Les valeurs du passé simple et du passé antérieur

1)      Le passé simple représente les actions de premier plan pour évoquer des faits dans le passé du début à la fin. Elles sont limitées dans le temps et parfois soudaines.

2)      Le passé antérieur n’a qu’une valeur d’antériorité par rapport au passé antérieur

 

V)                Les valeurs du présent et du passé du conditionnel

1)      Le présent du conditionnel

  • Une valeur temporelle : le futur dans le passé, il situe un fait après un autre événement passé.
  • Une valeur modale : hypothèse après une proposition subordonnée de condition ou un complément circonstanciel de condition.
  • Il peut aussi être utilisé pour une demande polie.

2)      Le passé du conditionnel

  • Une valeur temporelle : exprime l’antériorité par rapport au présent du conditionnel
  • Une valeur modale : irréel du passé après une subordonnée de condition.

VI)             Les valeurs du présent et du passé de l’impératif

1)      Le présent de l’impératif exprime

  • L’ordre
  • La défense
  • Le conseil
  • Une demande

2)      Le passé de l’impératif s’emploie pour une action qui doit être terminée à un moment donné.

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Figures de style à connaitre pour le brevet (Brevet)

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Figures de style à connaitre pour le Brevet

 

Anaphore : Répétition d’un même mot à la même place dans une phrase.

Antithèse : Opposition entre deux idées pour faire ressortir leur différence.

Enumération : Suite de mots se rapportant à une même idée.

Hyperbole : Mise en valeur d’une idée par l’exagération.

Oxymore : Deux mots de sens contraires forment une seule expression. (Une obscure clarté).

Comparaison : Mise en relation de deux éléments grâce à un outil de comparaison.

Métaphore : Rapprochement de deux éléments sans outil de comparaison.

Métonymie : Remplace un élément par un autre qui entretien avec lui un lien logique (Boire un verre)

Personnification : Attribue à une chose ou à un animal des caractères ou comportements humains.

Allégorie : Attribue à une idée abstraite des comportements ou caractères humains.

Assonance : Répétition d’un même son vocalique.

Allitération : Répétition d’un même son consonantique.

Euphémisme : Consiste à atténuer une idée jugée trop choquante.

Litote : Consiste à dire le moins pour faire comprendre le plus.

Analepse : Retour en arrière sur des événements antérieurs au moment de la narration.

Antiphrase : Consiste à exprimer une idée par son contraire.

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Les réécritures (Objet d'étude 1ere)

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Les réécritures

I)                  Les types de réécritures

1-      La réécriture : définition et objectifs

L’art et surtout la littérature est réécriture en ce sens que l’homme y exprime ses préoccupations fondamentales. La gamme des thèmes littéraires est donc relativement limitée.

Il n’y a cependant aucune monotonie mais une variété littéraire extraordinaire car chaque auteur fait entendre sa voix singulière même s’il s’inscrit dans une tradition. Les réécritures peuvent adopter un principe d’imitation ou un principe de recherche de l’écart.

2-      Les formes de réécriture

Les emprunts : La citation (reprise par l’auteur d’une phrase ou plus marquée par la typographie soit pour soutenir son idée soit pour la contester), l’allusion (référence à un texte connu qui permet d’établir une complicité avec le lecteur) et la reprise (l’auteur puise chez ses prédécesseurs des personnages ou un sujet,… et se les approprie en les traitant à sa façon)

Les variations : L’auteur réécrit un même énoncé mais en varie les modes ou faits d’écriture (au sens propre). Dans un sens plus large, on désigne par « variations sur … » les réécritures successives d’un thème, d’un personnage, d’un mythe… Une scène ou un thème souvent repris dans la littérature devient un topos.

Les imitations : Le pastiche (jeu littéraire dans lequel l’auteur imite le style d’un autre écrivain sans intention moqueuse pour marquer son admiration. Il s’appuie sur une analyse littéraire fine), la parodie (imitation d’une œuvre dans le registre comique qui déforme, caricature et mélange les genres et les registres).

Le burlesque traite sur un ton familier et comique des sujets nobles ou sérieux. L’héroï-comique recourt au style noble pour traiter d’un sujet banal.

3-      Les procédés de réécriture

Par la transposition, l’adaptation : Le changement de genre, de forme de discours, de point de vue et de narrateur ou alors de registre.

L’amplification constitue une expansion du texte source. Les auteurs rajoutent souvent des commentaires ou des variantes à la première version de leurs œuvres.

Avec la réduction, les auteurs procèdent plus souvent par élimination, à la recherche d’une concision plus frappante.

II)               Petite histoire des réécritures

1-      Jusqu’au XVIIe siècle : l’imitation encouragée

Dans l’Antiquité, la réécriture est un exercice formateur : il permet l’apprentissage de la rhétorique (imitation des grands orateurs) et de la poésie.

L’humanisme se fonde sur l’imitation des Anciens considérés comme des modèles à adapter. Elle est au cœur de l’esthétique de la Pléiade. L’emprunt (forme et sujets) est vu comme une qualité.

L’esthétique classique visait à « plaire et instruire » en imitant les Anciens. La Fontaine imite en conservant une grande liberté. Le talent de l’écrivain se mesure alors à sa capacité à adapter son imitation à son temps et par là à innover. A la fin du siècle, les réécritures sont au cœur de la querelle des Anciens et des Modernes.

2-      Le XVIIIe siècle : entre dérision et sérieux

Le désir de tout critiquer et de se démarquer des modèles amène les écrivains des Lumières à imiter en pastichant ou en parodiant. Elles ont une valeur polémique. Les œuvres des philosophes portent parfois les marques d’inspiration plus sérieuse.

3-      Le XIXe siècle : le désir de se distinguer

Les écrivains romantiques privilégient le culte de l’individu, ils mettent en avant la recherche de l’originalité et pratiquent peu la réécriture. Ils ne peuvent cependant pas échapper à l’influence de certains modèles.

4-      Le XXe siècle : la réécriture tous azimuts

Les jeux de réécriture sont très fréquents : pour les surréalistes c’est un moyen de se libérer par l’humour d’une imitation parodique.

La réécriture redevient exercice de style à la fois ludique et sérieux pour l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle) qui cherche à renouveler le langage.

Pour rendre compte de leur réflexion sur la condition humaine et des préoccupations d’un monde ravagé par les drames, les écrivains reviennent aux mythes en les modernisant, créant parfois des anachronismes volontaires.

III)            Mythes et réécritures

1-      Qu’est-ce qu’un mythe ?

A l’origine, le mythe est lié à la religion et a une fonction explicative. C’est un récit fabuleux retranscrit dans les textes fondateurs destiné à expliquer les énigmes et questions que l’homme ne peut résoudre par la raison.

Avec les progrès de la science, le mythe perd sa dimension religieuse mais, loin de disparaitre, il change d’acception.

En littérature, il désigne un récit allégorique transmis par la tradition et a une valeur universelle, ou l’histoire d’un personnage dont la portée a suscité de nombreuses réécritures au point qu’il en devient une figure littéraire. La culture européenne se nourrit de grandes figures littéraires qu’elle a créées et qui sont des symboles qui poussent les hommes.

Etudier la réécriture d’un mythe, c’est mesurer ce que l’écrivain a gardé du mythe originel, ce qu’il a ajouté et modifié pour l’adapter à son contexte et trouver le sens que l’auteur lui donne.

2-      L’admiration pour l’Antiquité

Les poètes du XVIe siècle trouvent dans les mythes antiques des sources d’inspiration et des motifs littéraires inépuisables. Les tragédies classiques réécrivent les histoires mythiques qui provoquent « terreur et pitié » et favorisent la catharsis. L’épopée emprunte des figures de héros et des épisodes symboliques à la mythologie gréco-romaine et à la Bible.

La réécriture prend parfois un tour burlesque et comique. Ces réécritures portent la marque de leur contexte.

3-      Le renouvellement moderne des mythes

Les XXe et XXIe siècles revisitent de nombreux mythes tout en leur donnant des dimensions politiques, idéologiques et psychologiques qui sont radicalement différentes de leurs modèles.

4-      L’originalité de la réécriture de mythes

La réécriture d’un mythe présente des particularités par rapport à une réécriture usuelle car le mythe combine un sens original précis, une interprétation nouvelle qui lui donne une nouvelle dimension.

Mythes préférés du XVIe siècle : Narcisse, Pygmalion, Actéon, Phénix

Mythes préférés du XVIIe siècle : Circé, Protée, Calypso, Psyché

Mythes préférés du XIXe siècle : Caïn, Faust, Prométhée

Mythes préférés du XXe –XXIe siècle : Antigone, Electre, Œdipe, Sisyphe.

IV)             Les réécritures dans les arts

1-      La réécriture dans un même art

La citation se pratique aussi en musique par exemple. Les variations sont fréquentes en peintures. Les imitations de tableaux célèbres montrent les reprises successives : le pastiche imite et la parodie déforme et caricature.

2-      Les réécritures d’un art à l’autre

Les œuvres littéraires ont souvent été transposées en opéra ou en ballet ou encore au cinéma. Les œuvres cinématographiques restent en général fidèles à l’œuvre mais jouent sur des effets de décalage.

La littérature se nourrit des autres arts, certaines œuvres littéraires racontent le travail de l’artiste.

 

éditions Hatier année 2011

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Vers un espace culturel et européen : Renaissance et humanisme (Objet d'étude 1ere)

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Vers un espace culturel et européen : Renaissance et humanisme

I)                   Le contexte du renouveau intellectuel à la fin du Moyen-Age

1-      L’ouverture au monde

Les progrès techniques en navigation permettent aux navigateurs d’affronter les grandes traversées  vers des territoires inconnus. Le monde connu change brutalement de dimension. L’afflux des richesses en Europe permet à des mécènes d’entretenir des artistes, de financer des églises,… L’imprimerie mise en place par Gutenberg en 1450 met les textes à la portée d’un lectorat élargi. La révolution copernicienne (1543) bouleverse l’astronomie et la conception de l’Univers. La médecine devient expérimentale et fait progresser la connaissance de l’anatomie humaine grâce à la pratique de la dissection.

L’Italie connait un extraordinaire essor culturel, intellectuel et artistique qui gagne la France et le reste de l’Europe. La prise de Constantinople par les Turcs en 1453 apporte en Italie des manuscrits anciens qui stimulent le retour aux sources de l’Antiquité. Les guerres d’Italie (1494-1559) permettent aux français de découvrir l’art de vivre à l’italienne, les français veulent alors retrouver et recréer cette atmosphère.

2-      Le rejet du Moyen-Age et le sentiment de Renaissance

Les hommes de la Renaissance ont la conviction de revivre un nouvel âge d’or, une véritable Renaissance. Ils veulent s’approprier la totalité du monde, ils renouent avec les cultures et les littératures antiques (les humanités), ils scrutent les espaces infinis du cosmos et se penchent sur l’homme vu comme un monde en réduction.

3-      Les inquiétudes européennes de la fin du siècle

La brutalité de la colonisation et la conversion forcée au catholicisme des nouveaux peuples choquent l’idéal de justice des humanistes.

Les guerres de Religion (1562-1598) finissent dans la tragédie un siècle commencé dans la ferveur et l’euphorie. Grace à l’imprimerie, la lecture individuelle de la Bible se généralise. En France, les évangélistes encouragent une lecture authentique de la Bible. En Allemagne, la Réforme protestante nait de la contestation menée par Luther. L’Europe change en partie de religion.

II)                La vision du monde et les valeurs de l’humanisme européen

1-      Le rejet du Moyen-Age, le culte de l’Antiquité

Les humanistes se tournent vers la culture antique. Pour imiter voire dépasser l’Antiquité, ils reviennent aux textes antiques originaux.

2-      La foi en l’homme

Le XVIe siècle centre le monde sur l’homme, les humanistes croient en une nature humaine universelle.

L’éducation devient un enjeu primordial sur lequel chacun prend position. Ils rejettent l’enseignement traditionnel médiéval. Pour former l’homme nouveau, il prend en compte toutes ses dimensions (morale, intellectuelle, physique,…)

3-      De l’optimisme à la sagesse lucide

Les écrits des humanistes reflètent leur confiance en l’homme et en sa capacité à édifier un monde meilleur. (Monde de fantaisie, utopies)

De nouvelles valeurs inspirent les humanistes (liberté de penser, de croire, d’obéir). Ils s’efforcent de concilier l’héritage païen antique et un christianisme ouvert.

La tragédie des guerres de Religion et les crimes des conquistadors modèrent l’enthousiasme des humanistes. Ils prennent conscience de l’instabilité, des contradictions du monde et de l’homme et pressentent les dangers qui les menacent.

III)              La Renaissance littéraire

1-      Langues anciennes et valorisation de la langue française

François Ier a créé le Collège de France. Le statut des écrivains change. On reconnait la valeur d’un écrit littéraire et on privilégie les auteurs : ils ne sont pas encore autonomes financièrement mais sont respectés à la cour et dans les milieux aristocratiques.

Les humanistes européens communiquent en latin. Les humanistes enrichissent leur langue nationale pour mettre l’art, le savoir et la foi à portée de leurs compatriotes.

2-      Des genres et des registres variés

La Pléiade se réunit autour de Ronsard, ils multiplient les références aux poètes antiques, qu’ils imitent pour les dépasser. Ils empruntent des formes poétiques aux Anciens et aux autres pays. Les thèmes privilégiés de ces poètes sont l’amour et les émotions lyriques. Leurs œuvres témoignent des guerres de Religion et reflètent leurs prises de position pour l’un ou l’autre camp.

Rabelais écrit les aventures extraordinaires des rois géants sous une forme littéraire hybride à la fois conte, roman d’aventures et parodie d’épopée. Il y introduit, sur un ton comique et satirique, ses idées pédagogiques, politiques et morales qu’il faut rechercher. Son œuvre est pleine d’enthousiasme et prône la tolérance, la paix et le retour aux valeurs antiques.

Montaigne écrit les Essais qui ont influencé toute la culture occidentale. Ils tiennent de l’autobiographie et de l’essai philosophique pour mieux se connaitre et connaitre l’homme. Ses expériences l’amènent à adhérer à diverses conceptions de l’homme.

IV)             La Renaissance antique

1-      Le modèle italien

La renaissance artistique commence en Italie au XVe siècle. Après les guerres d’Italie, les rois de France veulent vivre dans un luxe semblable à celui des grands d’Italie. La renaissance architecturale et la politique artistique royale se manifestent par la rénovation des résidences du roi et la construction des châteaux à la décoration exorbitante.

2-      Une nouvelle conception de l’art

L’humanisme transforme radicalement la place de l’art et de l’artiste dans la société : l’artiste prend un statut de créateur, respecté pour son érudition et son inventivité, et acquiert une position sociale. De riches mécènes fournissent aux artistes les moyens d’exercer leur art. L’art permet de véhiculer l’enseignement social et religieux et est aussi un moyen d’expression personnelle au même titre que la littérature. Les œuvres d’art portent un message qu’il faut interpréter.

Les artistes renaissants mêlent retour aux motifs antiques, peinture de la réalité et représentation des événements marquants de l’actualité. Les artistes mêlent références à l’Antiquité, représentations des divinités et scènes chrétiennes. Comme la littérature, les arts graphiques se centrent sur l’homme.

 

éditions Hatier année 2011

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