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La phrase (Brevet)

Publié le par litteratureetfrancais

La Phrase

I)                  Les types de phrase

1-      La phrase déclarative

Elle présente des faits, transmet une information ou une opinion. A l’écrit, elle se termine par un point. A l’oral, la voix descend à la fin de la phrase. Elle peut être affirmative et négative.

2-      La phrase interrogative

Elle sert à poser des questions. A l’écrit, elle se termine par un point d’interrogation. A l’oral, la voix monte à la fin de la phrase.

L’interrogation totale porte sur toute la phrase et appelle une réponse qui sera soit « oui » soit « non » (marquée par l’intonation à l’oral, la tournure « est-ce que », l’inversion du sujet)

L’interrogation partielle porte sur un élément de la phrase. Elle commence par un mot interrogatif (un pronom interrogatif : qui, que / un adverbe interrogatif : où, comment, pourquoi / un déterminant interrogatif : quel, quelle)

3-      La phrase injonctive

Elle est employée pour donner un ordre, un conseil. Elle est constituée d’un nom ou d’un groupe nominal, d’un verbe conjugué à l’impératif.

4-      La phrase exclamative

Elle est utilisée pour exprimer un sentiment. A l’écrit, elle se termine par un point d’exclamative. Une phrase exclamative peut aussi être injonctive.

 

II)               Les formes de phrase

1-      Forme affirmative et forme négative

La forme affirmative certifie la réalité d’un fait alors que la forme négative nie la réalité d’un événement.

La négation se marque par des adverbes de négation : ne … pas / ne … jamais/ ne … plus/ ne … guère, …

Certaines phrases affirmatives peuvent contenir des mots de sens négatif.

2-      Forme active et forme passive

La phrase passive vient de la transformation de la phrase active. (Le sujet de la phrase active devient le complément d’agent de la phrase passive. Le COD de la phrase active devient le sujet de la phrase passive).

La transformation est impossible :

  • Lorsque le verbe n’a pas de COD
  • Lorsque le sujet est un pronom personnel
  • Lorsque le COD comprend un déterminant possessif
  • Avec le verbe « avoir »

3-      Forme neutre et forme emphatique

Dans la forme neutre, l’ordre de la phrase est : Sujet + Verbe + Compléments

La forme emphatique sert à mettre en relief un des éléments grâce à :

  • C’est … qui/que : encadre l’élément mis en relief
  • En plaçant l’élément en début ou en fin de phrase et en le reprenant par un pronom. Tournure très fréquente à l’oral.

 

III)            Phrase simple et phrase complexe

1-      Phrase et proposition

Une phrase est un ensemble de mots qui forme une unité de sens.  La phrase verbale comporte au moins un verbe conjugué. La phrase non verbale est formée par un groupe nominal, adjectival ou par un adverbe.

Une proposition est un ensemble de mots qui comporte un verbe.

2-      La phrase simple

Une phrase simple comporte une seule proposition : c’est une proposition indépendante.

3-      La phrase complexe

Une phrase qui comporte plusieurs propositions est une phrase complexe. Les différentes propositions peuvent être juxtaposées, coordonnées ou subordonnées.

Les propositions sont juxtaposées c’est-à-dire qu’elles sont séparées par un virgule, un point-virgule ou un double point.

Les propositions sont coordonnées lorsqu’elles sont liées par des conjonctions de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car)

Les propositions subordonnées dépendent d’une autre proposition appelée proposition principale. Elles ne peuvent pas exister seules. Il existe des propositions subordonnées relatives et des propositions subordonnées conjonctives.

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Les valeurs des temps (Brevet)

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La valeur des temps

 

I)                  Les valeurs du présent et du passé composé

1)      Selon les cas, le présent de l’indicatif a des valeurs distinctes :

  • Le présent d’actualité (présent d’énonciation) : un fait qui se déroule juste au moment où on en parle, c’est le présent du discours direct.
  • Le présent d’habitude : un fait qui se répète.
  • Le présent de vérité générale : c’est le présent des proverbes.
  • Le présent de narration : dans un texte au passé, il rend un événement plus actuel pour le lecteur.
  • Le présent à valeur de passé ou de futur proche : un fait qui vient de se terminer ou qui va commencer.

2)      Le passé composé n’a qu’une valeur d’antériorité par rapport au présent : le fait s’est déroulé avant celui que je raconte au présent.

 

II)               Les valeurs du futur simple et du futur antérieur

1)      Le futur simple a deux valeurs :

  • Il évoque des faits qui ne sont pas encore arrivés.
  • Il peut exprimer un ordre atténué.

2)      Le futur antérieur n’a qu’une valeur d’antériorité par rapport au futur simple.

 

III)            Les valeurs de l’imparfait et du plus-que-parfait

1)      Les valeurs de l’imparfait :

  • Une valeur temporelle : raconte un fait qui est en train de se dérouler dans le passé. On ne connait ni le début ni la fin de l’action. Ce sont des actions de second plan.
  • Une valeur modale : lorsqu’il est utilisé dans une proposition subordonnée de condition.
  • Une valeur d’habitude : il doit être accompagné d’un complément qui marque la répétition.

2)      Le plus-que-parfait n’a qu’une valeur d’antériorité par rapport à l’imparfait

 

IV)             Les valeurs du passé simple et du passé antérieur

1)      Le passé simple représente les actions de premier plan pour évoquer des faits dans le passé du début à la fin. Elles sont limitées dans le temps et parfois soudaines.

2)      Le passé antérieur n’a qu’une valeur d’antériorité par rapport au passé antérieur

 

V)                Les valeurs du présent et du passé du conditionnel

1)      Le présent du conditionnel

  • Une valeur temporelle : le futur dans le passé, il situe un fait après un autre événement passé.
  • Une valeur modale : hypothèse après une proposition subordonnée de condition ou un complément circonstanciel de condition.
  • Il peut aussi être utilisé pour une demande polie.

2)      Le passé du conditionnel

  • Une valeur temporelle : exprime l’antériorité par rapport au présent du conditionnel
  • Une valeur modale : irréel du passé après une subordonnée de condition.

VI)             Les valeurs du présent et du passé de l’impératif

1)      Le présent de l’impératif exprime

  • L’ordre
  • La défense
  • Le conseil
  • Une demande

2)      Le passé de l’impératif s’emploie pour une action qui doit être terminée à un moment donné.

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Figures de style à connaitre pour le brevet (Brevet)

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Figures de style à connaitre pour le Brevet

 

Anaphore : Répétition d’un même mot à la même place dans une phrase.

Antithèse : Opposition entre deux idées pour faire ressortir leur différence.

Enumération : Suite de mots se rapportant à une même idée.

Hyperbole : Mise en valeur d’une idée par l’exagération.

Oxymore : Deux mots de sens contraires forment une seule expression. (Une obscure clarté).

Comparaison : Mise en relation de deux éléments grâce à un outil de comparaison.

Métaphore : Rapprochement de deux éléments sans outil de comparaison.

Métonymie : Remplace un élément par un autre qui entretien avec lui un lien logique (Boire un verre)

Personnification : Attribue à une chose ou à un animal des caractères ou comportements humains.

Allégorie : Attribue à une idée abstraite des comportements ou caractères humains.

Assonance : Répétition d’un même son vocalique.

Allitération : Répétition d’un même son consonantique.

Euphémisme : Consiste à atténuer une idée jugée trop choquante.

Litote : Consiste à dire le moins pour faire comprendre le plus.

Analepse : Retour en arrière sur des événements antérieurs au moment de la narration.

Antiphrase : Consiste à exprimer une idée par son contraire.

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Les réécritures (Objet d'étude 1ere)

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Les réécritures

I)                  Les types de réécritures

1-      La réécriture : définition et objectifs

L’art et surtout la littérature est réécriture en ce sens que l’homme y exprime ses préoccupations fondamentales. La gamme des thèmes littéraires est donc relativement limitée.

Il n’y a cependant aucune monotonie mais une variété littéraire extraordinaire car chaque auteur fait entendre sa voix singulière même s’il s’inscrit dans une tradition. Les réécritures peuvent adopter un principe d’imitation ou un principe de recherche de l’écart.

2-      Les formes de réécriture

Les emprunts : La citation (reprise par l’auteur d’une phrase ou plus marquée par la typographie soit pour soutenir son idée soit pour la contester), l’allusion (référence à un texte connu qui permet d’établir une complicité avec le lecteur) et la reprise (l’auteur puise chez ses prédécesseurs des personnages ou un sujet,… et se les approprie en les traitant à sa façon)

Les variations : L’auteur réécrit un même énoncé mais en varie les modes ou faits d’écriture (au sens propre). Dans un sens plus large, on désigne par « variations sur … » les réécritures successives d’un thème, d’un personnage, d’un mythe… Une scène ou un thème souvent repris dans la littérature devient un topos.

Les imitations : Le pastiche (jeu littéraire dans lequel l’auteur imite le style d’un autre écrivain sans intention moqueuse pour marquer son admiration. Il s’appuie sur une analyse littéraire fine), la parodie (imitation d’une œuvre dans le registre comique qui déforme, caricature et mélange les genres et les registres).

Le burlesque traite sur un ton familier et comique des sujets nobles ou sérieux. L’héroï-comique recourt au style noble pour traiter d’un sujet banal.

3-      Les procédés de réécriture

Par la transposition, l’adaptation : Le changement de genre, de forme de discours, de point de vue et de narrateur ou alors de registre.

L’amplification constitue une expansion du texte source. Les auteurs rajoutent souvent des commentaires ou des variantes à la première version de leurs œuvres.

Avec la réduction, les auteurs procèdent plus souvent par élimination, à la recherche d’une concision plus frappante.

II)               Petite histoire des réécritures

1-      Jusqu’au XVIIe siècle : l’imitation encouragée

Dans l’Antiquité, la réécriture est un exercice formateur : il permet l’apprentissage de la rhétorique (imitation des grands orateurs) et de la poésie.

L’humanisme se fonde sur l’imitation des Anciens considérés comme des modèles à adapter. Elle est au cœur de l’esthétique de la Pléiade. L’emprunt (forme et sujets) est vu comme une qualité.

L’esthétique classique visait à « plaire et instruire » en imitant les Anciens. La Fontaine imite en conservant une grande liberté. Le talent de l’écrivain se mesure alors à sa capacité à adapter son imitation à son temps et par là à innover. A la fin du siècle, les réécritures sont au cœur de la querelle des Anciens et des Modernes.

2-      Le XVIIIe siècle : entre dérision et sérieux

Le désir de tout critiquer et de se démarquer des modèles amène les écrivains des Lumières à imiter en pastichant ou en parodiant. Elles ont une valeur polémique. Les œuvres des philosophes portent parfois les marques d’inspiration plus sérieuse.

3-      Le XIXe siècle : le désir de se distinguer

Les écrivains romantiques privilégient le culte de l’individu, ils mettent en avant la recherche de l’originalité et pratiquent peu la réécriture. Ils ne peuvent cependant pas échapper à l’influence de certains modèles.

4-      Le XXe siècle : la réécriture tous azimuts

Les jeux de réécriture sont très fréquents : pour les surréalistes c’est un moyen de se libérer par l’humour d’une imitation parodique.

La réécriture redevient exercice de style à la fois ludique et sérieux pour l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle) qui cherche à renouveler le langage.

Pour rendre compte de leur réflexion sur la condition humaine et des préoccupations d’un monde ravagé par les drames, les écrivains reviennent aux mythes en les modernisant, créant parfois des anachronismes volontaires.

III)            Mythes et réécritures

1-      Qu’est-ce qu’un mythe ?

A l’origine, le mythe est lié à la religion et a une fonction explicative. C’est un récit fabuleux retranscrit dans les textes fondateurs destiné à expliquer les énigmes et questions que l’homme ne peut résoudre par la raison.

Avec les progrès de la science, le mythe perd sa dimension religieuse mais, loin de disparaitre, il change d’acception.

En littérature, il désigne un récit allégorique transmis par la tradition et a une valeur universelle, ou l’histoire d’un personnage dont la portée a suscité de nombreuses réécritures au point qu’il en devient une figure littéraire. La culture européenne se nourrit de grandes figures littéraires qu’elle a créées et qui sont des symboles qui poussent les hommes.

Etudier la réécriture d’un mythe, c’est mesurer ce que l’écrivain a gardé du mythe originel, ce qu’il a ajouté et modifié pour l’adapter à son contexte et trouver le sens que l’auteur lui donne.

2-      L’admiration pour l’Antiquité

Les poètes du XVIe siècle trouvent dans les mythes antiques des sources d’inspiration et des motifs littéraires inépuisables. Les tragédies classiques réécrivent les histoires mythiques qui provoquent « terreur et pitié » et favorisent la catharsis. L’épopée emprunte des figures de héros et des épisodes symboliques à la mythologie gréco-romaine et à la Bible.

La réécriture prend parfois un tour burlesque et comique. Ces réécritures portent la marque de leur contexte.

3-      Le renouvellement moderne des mythes

Les XXe et XXIe siècles revisitent de nombreux mythes tout en leur donnant des dimensions politiques, idéologiques et psychologiques qui sont radicalement différentes de leurs modèles.

4-      L’originalité de la réécriture de mythes

La réécriture d’un mythe présente des particularités par rapport à une réécriture usuelle car le mythe combine un sens original précis, une interprétation nouvelle qui lui donne une nouvelle dimension.

Mythes préférés du XVIe siècle : Narcisse, Pygmalion, Actéon, Phénix

Mythes préférés du XVIIe siècle : Circé, Protée, Calypso, Psyché

Mythes préférés du XIXe siècle : Caïn, Faust, Prométhée

Mythes préférés du XXe –XXIe siècle : Antigone, Electre, Œdipe, Sisyphe.

IV)             Les réécritures dans les arts

1-      La réécriture dans un même art

La citation se pratique aussi en musique par exemple. Les variations sont fréquentes en peintures. Les imitations de tableaux célèbres montrent les reprises successives : le pastiche imite et la parodie déforme et caricature.

2-      Les réécritures d’un art à l’autre

Les œuvres littéraires ont souvent été transposées en opéra ou en ballet ou encore au cinéma. Les œuvres cinématographiques restent en général fidèles à l’œuvre mais jouent sur des effets de décalage.

La littérature se nourrit des autres arts, certaines œuvres littéraires racontent le travail de l’artiste.

 

éditions Hatier année 2011

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Vers un espace culturel et européen : Renaissance et humanisme (Objet d'étude 1ere)

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Vers un espace culturel et européen : Renaissance et humanisme

I)                   Le contexte du renouveau intellectuel à la fin du Moyen-Age

1-      L’ouverture au monde

Les progrès techniques en navigation permettent aux navigateurs d’affronter les grandes traversées  vers des territoires inconnus. Le monde connu change brutalement de dimension. L’afflux des richesses en Europe permet à des mécènes d’entretenir des artistes, de financer des églises,… L’imprimerie mise en place par Gutenberg en 1450 met les textes à la portée d’un lectorat élargi. La révolution copernicienne (1543) bouleverse l’astronomie et la conception de l’Univers. La médecine devient expérimentale et fait progresser la connaissance de l’anatomie humaine grâce à la pratique de la dissection.

L’Italie connait un extraordinaire essor culturel, intellectuel et artistique qui gagne la France et le reste de l’Europe. La prise de Constantinople par les Turcs en 1453 apporte en Italie des manuscrits anciens qui stimulent le retour aux sources de l’Antiquité. Les guerres d’Italie (1494-1559) permettent aux français de découvrir l’art de vivre à l’italienne, les français veulent alors retrouver et recréer cette atmosphère.

2-      Le rejet du Moyen-Age et le sentiment de Renaissance

Les hommes de la Renaissance ont la conviction de revivre un nouvel âge d’or, une véritable Renaissance. Ils veulent s’approprier la totalité du monde, ils renouent avec les cultures et les littératures antiques (les humanités), ils scrutent les espaces infinis du cosmos et se penchent sur l’homme vu comme un monde en réduction.

3-      Les inquiétudes européennes de la fin du siècle

La brutalité de la colonisation et la conversion forcée au catholicisme des nouveaux peuples choquent l’idéal de justice des humanistes.

Les guerres de Religion (1562-1598) finissent dans la tragédie un siècle commencé dans la ferveur et l’euphorie. Grace à l’imprimerie, la lecture individuelle de la Bible se généralise. En France, les évangélistes encouragent une lecture authentique de la Bible. En Allemagne, la Réforme protestante nait de la contestation menée par Luther. L’Europe change en partie de religion.

II)                La vision du monde et les valeurs de l’humanisme européen

1-      Le rejet du Moyen-Age, le culte de l’Antiquité

Les humanistes se tournent vers la culture antique. Pour imiter voire dépasser l’Antiquité, ils reviennent aux textes antiques originaux.

2-      La foi en l’homme

Le XVIe siècle centre le monde sur l’homme, les humanistes croient en une nature humaine universelle.

L’éducation devient un enjeu primordial sur lequel chacun prend position. Ils rejettent l’enseignement traditionnel médiéval. Pour former l’homme nouveau, il prend en compte toutes ses dimensions (morale, intellectuelle, physique,…)

3-      De l’optimisme à la sagesse lucide

Les écrits des humanistes reflètent leur confiance en l’homme et en sa capacité à édifier un monde meilleur. (Monde de fantaisie, utopies)

De nouvelles valeurs inspirent les humanistes (liberté de penser, de croire, d’obéir). Ils s’efforcent de concilier l’héritage païen antique et un christianisme ouvert.

La tragédie des guerres de Religion et les crimes des conquistadors modèrent l’enthousiasme des humanistes. Ils prennent conscience de l’instabilité, des contradictions du monde et de l’homme et pressentent les dangers qui les menacent.

III)              La Renaissance littéraire

1-      Langues anciennes et valorisation de la langue française

François Ier a créé le Collège de France. Le statut des écrivains change. On reconnait la valeur d’un écrit littéraire et on privilégie les auteurs : ils ne sont pas encore autonomes financièrement mais sont respectés à la cour et dans les milieux aristocratiques.

Les humanistes européens communiquent en latin. Les humanistes enrichissent leur langue nationale pour mettre l’art, le savoir et la foi à portée de leurs compatriotes.

2-      Des genres et des registres variés

La Pléiade se réunit autour de Ronsard, ils multiplient les références aux poètes antiques, qu’ils imitent pour les dépasser. Ils empruntent des formes poétiques aux Anciens et aux autres pays. Les thèmes privilégiés de ces poètes sont l’amour et les émotions lyriques. Leurs œuvres témoignent des guerres de Religion et reflètent leurs prises de position pour l’un ou l’autre camp.

Rabelais écrit les aventures extraordinaires des rois géants sous une forme littéraire hybride à la fois conte, roman d’aventures et parodie d’épopée. Il y introduit, sur un ton comique et satirique, ses idées pédagogiques, politiques et morales qu’il faut rechercher. Son œuvre est pleine d’enthousiasme et prône la tolérance, la paix et le retour aux valeurs antiques.

Montaigne écrit les Essais qui ont influencé toute la culture occidentale. Ils tiennent de l’autobiographie et de l’essai philosophique pour mieux se connaitre et connaitre l’homme. Ses expériences l’amènent à adhérer à diverses conceptions de l’homme.

IV)             La Renaissance antique

1-      Le modèle italien

La renaissance artistique commence en Italie au XVe siècle. Après les guerres d’Italie, les rois de France veulent vivre dans un luxe semblable à celui des grands d’Italie. La renaissance architecturale et la politique artistique royale se manifestent par la rénovation des résidences du roi et la construction des châteaux à la décoration exorbitante.

2-      Une nouvelle conception de l’art

L’humanisme transforme radicalement la place de l’art et de l’artiste dans la société : l’artiste prend un statut de créateur, respecté pour son érudition et son inventivité, et acquiert une position sociale. De riches mécènes fournissent aux artistes les moyens d’exercer leur art. L’art permet de véhiculer l’enseignement social et religieux et est aussi un moyen d’expression personnelle au même titre que la littérature. Les œuvres d’art portent un message qu’il faut interpréter.

Les artistes renaissants mêlent retour aux motifs antiques, peinture de la réalité et représentation des événements marquants de l’actualité. Les artistes mêlent références à l’Antiquité, représentations des divinités et scènes chrétiennes. Comme la littérature, les arts graphiques se centrent sur l’homme.

 

éditions Hatier année 2011

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Notions générales 2 : mode et temps, lexique, figures de style et registres (Objet d'étude 1ere)

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Notions générales 2 : mode et temps, lexique, figures de style et registres

I)                   Connaitre les valeurs des modes

1-      Valeurs des modes personnels (qui se conjuguent)

L’indicatif affirme la réalité du fait qu’il exprime.

Le subjonctif présente des faits interprétés (possibles, souhaités). Dans une indépendante, il exprime l’ordre et la défense, le souhait ou l’indignation. Il porte la marque de la présence du locuteur et traduit une pensée, un sentiment ou un désir. Dans une subordonnée, il s’emploie avec des verbes de volonté, de doute, de souhait et de sentiment.

Le conditionnel présente les faits comme éventuels, probables ou peu certains. Il exprime une hypothèse. Avec « pouvoir » ou « vouloir », il formule une demande plus nuancée et polie. Il modalise une affirmation et exprime les modalités d’un jeu (imaginaire).

L’impératif exprime une volonté plus ou moins affirmée : ordre ou défense, prière, désir,…

2-      Valeurs des modes impersonnels (qui ne se conjuguent pas)

L’infinitif : S’il est l’équivalent d’un nom peut en prendre toutes les fonctions. S’il est verbe d’une proposition principale ou indépendante, il exprime la délibération, un ordre, un sentiment vif comme l’indignation ou un désir très fort. L’infinitif de narration apporte de la vivacité au récit : il équivaut à un présent de narration. Il est employé dans une proposition subordonnée infinitive après les verbes de sensation ainsi que « laisser » et « faire ».

Le participe et le gérondif : Si le participe est l’équivalent d’un adjectif, il peut en prendre toutes les fonctions. S’il est le verbe d’une subordonnée, il a valeur circonstancielle, il possède un sujet et peut avoir des compléments. Le gérondif est invariable et a valeur de complément circonstanciel.

II)                Analyser les temps du récit

1-      Passé simple et passé composé

Le passé simple rapporte une action ou un fait passé ponctuel qui n’est pas envisagé dans sa durée et est terminé. Il rapporte des événements qui se détachent au premier plan sur un arrière-plan. Il rapporte un fait unique ou inhabituel.

Le passé composé peut parfois se substituer au passé simple mais il apporte quelques nuances : les événements semblent plus récents, effet de proximité et d’implication du narrateur et donne au récit une tournure familière.

2-      Valeurs de l’imparfait

L’imparfait présente les faits dans leur durée. Il a une valeur descriptive : il évoque les circonstances, les éléments secondaires, l’arrière-plan sur lequel se détachent les événements principaux. Il indique qu’un fait se répète.

3-      Expression de l’antériorité et de la postériorité

Le plus-que-parfait exprime une action antérieure à un fait rapporté à l’imparfait, avec l’idée d’une répétition de cette séquence.

Le passé antérieur exprime une action antérieure à un fait rapporté au passé simple.

Le conditionnel temps (futur dans le passé) exprime une action postérieure à un fait raconté rapporté au passé.

III)              Exploiter un champ lexical

1-      Qu’est-ce qu’un champ lexical ?

C’est l’ensemble de mots qui désignent des réalités ou des idées appartenant au même domaine, à la même notion. Ils peuvent appartenir à différentes classes grammaticales. Le champ lexical dominant renseigne sur le thème du texte.

2-      La combinaison de champs lexicaux

La succession de plusieurs champs lexicaux donne des informations sur la structure du texte, l’évolution d’un personnage ou d’une situation. L’association de champs lexicaux rapproche deux réalités distinctes et crée un nouvel univers. L’opposition entre plusieurs champs lexicaux crée un effet de contraste ou souligne une tension au cœur du texte.

3-      Quatre champs lexicaux essentiels

Il faut maitriser le champ lexical des cinq sens, des émotions/sentiments et affectivité, du bien/mal/morale et des éléments naturels.

4-      Qu’est-ce qu’un réseau lexical ?

Un réseau lexical est constitué d’un champ lexical et de tous les mots qui, en raison de certaines connotations et du contexte, renvoient aussi à ce domaine. Son analyse complète celle du champ lexical, elle permet de discerner plus en profondeur la richesse d’un texte, les échos entre les mots et les nuances à travers leurs sens connoté, d’en dépasser le sens littéral.

IV)             Analyser des figures de style

1-      Les figures d’analogie

La comparaison rapproche deux réalités au moyen d’un outil grammatical de comparaison.

La métaphore établit une analogie, une assimilation totale entre deux réalités sans outil de comparaison. Elle aboutit parfois à la disparition du comparé. Une métaphore développée sur plusieurs phrases est une métaphore filée.

La personnification prête à un animal et à une chose les caractéristiques d’un être humain et les représente sous la forme d’une personne.

L’animalisation prête à une personne et à une chose les caractéristiques d’un animal et les représente sous la forme d’un animal.

L’allégorie représente une réalité abstraite, une idée de façon concrète et sensible.

2-      Les figures de substitution

La métonymie remplace un élément par un autre élément qui entretient une relation logique avec le premier. Elle met en relief un aspect de la réalité désignée.

La périphrase remplace un mot par une expression formée de plusieurs mots de même sens. Elle développe une/des caractéristique(s) de la réalité désignée.

3-      Les figures d’opposition

L’antithèse oppose fortement deux mots ou expressions. Elle crée un effet saisissant met en relief des contradictions.

Le chiasme dispose de façon symétrique les termes d’une double opposition.

L’oxymore rapproche en une réunion surprenante, au sein d’une même expression, deux mots contradictoires.

L’antiphrase consiste à dire le contraire de ce que l’on pense. Elle crée l’ironie.

Le paradoxe avance une idée contraire au bon sens, à l’opinion commune

4-      Les figures par atténuation ou amplification

L’euphémisme atténue une réalité désagréable ou déplaisante.

La litote consiste à dire le moins pour suggérer le plus.

L’anaphore commence une série de vers, de propositions ou de phrases par le ou les mêmes mots : elle donne un rythme ample et crée l’emphase.

La gradation est une succession de mots d’intensité croissante ou décroissante.

L’hyperbole est une très forte exagération.

V)                Reconnaitre les registres littéraires 1

1-      Rire et sourire

Le comique a pour but de faire rire. Il comporte plusieurs variantes et recourt à divers procédés. Il n’y a pas de comique en soi, ce sont les procédés d’écriture qui rendent une situation comique.

Le comique visuel, surtout de gestes, est fréquent dans la farce.

Le comique de mots joue sur les accents, les insultes, les répétitions,…

Le comique de répétition consiste à répéter plusieurs fois les mêmes mots, les mêmes gestes ou la même situation.

Le comique de situation repose sur le déguisement, le quiproquo, les coups de théâtre,…

Le comique de mœurs fait la satire d’un comportement social, individuel ou collectif.

Le comique de parodie imite de façon caricaturale une œuvre ou une personne sérieuse.

Le comique de l’absurde bouleverse les repères logiques, crée des effets de décalage.

2-      Se moquer

Le registre ironique : il dit le contraire de ce que l’on pense pour faire comprendre sa véritable opinion. Il a pour effet de critiquer des personnes, de discréditer la thèse adverse. Il joue sur l’implicite. Ses principaux procédés sont l’antiphrase, la litote, la périphrase, la fausse naïveté.

Le registre satirique : il ridiculise des individus, des groupes sociaux,… il se caractérise par une critique politique, sociale, religieuse ou idéologique. Il recourt à la simplification, à l’exagération et à la dévalorisation surtout grâce aux images.

Le registre burlesque : il parle en termes grossiers, triviaux ou archaïques de sujets sérieux et graves. Il repose sur le principe du décalage entre le registre et le sujet traité. Il prend parfois la forme de la parodie.

VI)             Reconnaitre les registres littéraires 2

1-      Les registres tragique, pathétique et lyrique

Un texte tragique inspire la terreur, le désespoir sur le destin de l’homme et traduit le déchirement ou l’impuissance.

Un texte pathétique inspire pitié, tristesse, douleur.

Un texte lyrique fait partager les émotions, les sentiments intimes, les états d’âme et les traduit de façon poétique et exaltée.

Un texte élégiaque exprime la plainte, la mélancolie.

2-      Les registres épique et fantastique

Un texte épique provoque l’admiration pour les exploits héroïques parfois merveilleux d’un héros.

Un texte fantastique trouble par des phénomènes inexplicables et inquiétants dans un univers familier.

3-      Les registres didactique et polémique

Un texte polémique donne l’impression de violence contre un adversaire.

Un texte didactique donne l’impression que l’on dispense un enseignement, que l’on donne une leçon.

VII)           Lire une image

1-      L’image se lit

Il faut repérer la nature de l’image (dessin ? tableau ? photographie ? BD ? vignette de film ?).

Il faut repérer le cadrage, les plans, les lignes ou points de forces, les lignes courbes, droites, horizontales ou verticales. Les lignes de force divisent l’image en tiers. Les points de force se situent à l’intersection de ces lignes imaginaires. Il faut repérer les couleurs chaudes ou froides, associées à des jeux de lumière.

Comment l’image est-elle vue ? De l’extérieur ? À travers un personnage ? En plongée ? En contre-plongée ?

Quel est le registre de l’image ? Poétique ?comique ?dramatique ?épique ?polémique ?

Quelles sont les fonctions de l’image ? Raconter ? Décrire ? Informer, expliquer ? Argumenter, convaincre, critiquer ? Traduire et provoquer des émotions ? Faire rire ? Provoquer la peur ou l’admiration ?

2-      L’image a un sens

Elle suggère par le hors-champ et son implicite. Elle interprète la réalité et les textes par les choix qu’elle opère. Elle métamorphose la réalité et peut prendre une valeur métaphorique ou allégorique. Elle s’interprète suivant le contexte, l’inscription dans une succession d’images.

 éditions Hatier année 2011

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Notions générales : énonciation, discours et texte (Objet d'étude 1ere)

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Notions générales 1 : énonciation, discours et texte

I)                   Analyser une situation d’énonciation

1-      Qu’est-ce que l’énonciation ?

L’énonciation est le fait de produire un énoncé destiné à un lecteur ou à un auditeur.

On doit se poser plusieurs questions pour analyser l’énonciation : qui communique avec qui ? Dans quelles circonstances ? Quelle est l’attitude du locuteur face au contenu de son énoncé ?

Celui qui parle s’appelle le locuteur, il s’adresse à un destinataire dans un contexte (lieu et temps) précis.

Dans tout texte à la 1er personne, celui qui parle est appelé le locuteur, l’émetteur ou l’énonciateur. Dans un texte narratif, le locuteur est aussi appelé le narrateur, c’est lui qui raconte l’histoire. Il ne faut pas le confondre avec l’auteur. Dans une autobiographie, il y a identité entre l’auteur, le narrateur et le personnage principal.

La situation d’énonciation peut changer dans un même texte : le locuteur initial donne la parole à un autre personnage qui devient le nouveau locuteur.

2-      Exploiter la notion d’énonciation

Analyser la situation d’énonciation permet de mieux connaitre le locuteur et le contexte. Les indices ne prennent sens que par rapport à la situation d’énonciation.

II)                Analyser des marques de la subjectivité

1-      Objectivité et subjectivité dans un texte

Quand le locuteur exprime ses sentiments, ses doutes,… on parle de subjectivité.

On parle d’objectivité lorsque le narrateur ne donne pas signe de sa présence.

2-      Les marques de la subjectivité

Le vocabulaire affectif comprend des verbes de sentiment et les champs lexicaux de la joie, la haine, … Les phrases exclamatives traduisent toute la gamme des émotions.

Le locuteur peut donner explicitement son opinion en utilisant des verbes de déclaration ou d’opinion. Il peut exprimer un jugement implicite à travers ses choix. Les mots mélioratifs sont des mots élogieux alors que les mots péjoratifs donnent une vision négative.

Le locuteur peut exprimer son degré de certitude à l’égard de ce qu’il affirme. C’est ce qu’on appelle la modalisation assurée par des adverbes, des expressions, des verbes, des auxiliaires, le conditionnel et/ou des moyens typographiques.

III)              Repérer l’implicite et ses procédés

1-      Qu’est-ce que l’implicite ? Pourquoi l’employer ?

Un énoncé est implicite quand les idées, les émotions sont perceptibles mais ne sont pas directement exprimés. Le lecteur comprend le message. L’implicite fait appel à son imagination, à sa capacité à « lire entre les lignes » les intentions de l’auteur. Il crée une complicité entre l’auteur et le lecteur.

Un auteur recourt à l’implicite par discrétion ou bienséance, pour critiquer indirectement, pour donner un ton ironique et/ou pour échapper à la censure.

2-      Procédés de l’implicite

Le sous-entendu est une allusion volontaire qui donne au lecteur des indications pour comprendre le reste de l’idée dont il est question.

Le présupposé est une hypothèse implicite, non formulée, considérée comme vraie avant d’entamer une discussion. Il se déduit d’un mot ou d’une expression de l’énoncé.

La question rhétorique est une fausse question qui impose une réponse sous-entendue.

La litote atténue l’expression de la pensée, dire moins pour suggérer plus.

L’euphémisme atténue une expression littérale trop choquante ou bien désagréable.

L’hyperbole exagère pour faire semblant d’admirer une chose mais en souligne implicitement l’excès.

L’implicite peut recourir à la forme condensée de l’oxymore, association de deux mots contradictoires.

Le raisonnement par l’absurde prouve la validité d’une idée en montrant que la thèse adverse aboutit à des conclusions absurdes, en reliant une cause et une conséquence sans rapport avec elle.

L’antiphrase dit le contraire de ce que l’on pense. Elle semble approuver une opinion à laquelle on n’adhère pas ou qui est en opposition évidente avec la réalité. Elle est le procédé essentiel de l’ironie : le lecteur doit alors comprendre qu’il faut inverser les affirmations de l’auteur.

IV)             Reconnaitre et analyser des paroles rapportées

1-      Qu’est-ce que des paroles rapportées ?

Quelqu’un qui parle ou écrit peut rapporter les paroles que lui-même ou une autre personne a prononcées. Ce sont des paroles rapportées.

Il y a trois façons de rapporter des paroles : le discours direct, le discours indirect et le discours indirect libre. Quand le narrateur veut rendre globalement la teneur des paroles sans les rapporter précisément, il recourt au discours narrativisé.

2-      Discours direct et discours indirect

Le discours direct : les paroles sont transcrites telles qu’elles ont été prononcées. Ils sont introduits par un verbe de parole, parfois placé en incise et encadrés par des guillemets. Il se caractérise par l’emploi d’une ponctuation expressive.

Le discours indirect : les paroles sont transformées et rapportées dans une subordonnée ou un groupe prépositionnel à l’infinitif. Ils dépendant d’un verbe de parole. La ponctuation disparait, les temps, les pronoms et les indicateurs spatio-temporels peuvent être modifiés.

3-      Le discours indirect libre

Les paroles sont rapportées comme au discours indirect mais le verbe principal et le mot subordonnant sont supprimés. Les temps et les pronoms sont ceux du discours indirect mais avec la ponctuation du discours direct. Quand le narrateur rapporte les pensées intimes d’un personnage, on parle de monologue intérieur, très fréquent dès le XIXe siècle.

V)                Distinguer les types de textes

1-      Le texte narratif

Il raconte des événements et les situe dans le temps. Il se caractérise par la présence d’un narrateur, de personnages, d’une action rythmée par des péripéties et d’un point de vue narratif. Il constitue la base des genres narratifs.

2-      Le texte descriptif

Il décrit, caractérise et qualifie un objet, un lieu, une personne,… Il se caractérise par la présence implicite d’un observateur qui observe selon un point de vue et révèle sa subjectivité.

3-      Le texte explicatif

Il définit, analyse et explique un phénomène ou un processus. Il soulève des questions auxquelles il apporte des réponses. Il comporte souvent des définitions, des exemples qui servent de preuves. Le locuteur s’implique peu, il veut être objectif et s’efface souvent derrière le pronom indéfini « on ».

4-      Le texte argumentatif

Il vise à convaincre, persuader, délibérer pour défendre une opinion. Il se caractérise par la présence d’une thèse, d’arguments et d’exemples. Le locuteur doit s’adapter à son destinataire. Il est fréquent dans les genres de l’argumentation directe mais présent aussi dans les genres narratifs.

5-      Le texte injonctif

Il donne des consignes, des ordres ou des conseils. Il est fréquent dans les règlements, les genres de l’argumentation directe et les textes engagés.

VI)             Employer des connecteurs

1-      Les connecteurs temporels

Ils établissent des rapports chronologiques entre différents événements. Ils prédominent dans les textes narratifs et descriptifs. Ils appartiennent à des classes grammaticales variées (adverbes, conjonctions de subordination, groupes prépositionnels).

2-      Les connecteurs spatiaux

Ils fournissent des points de repère dans une description. Ils permettent de suivre la progression du regard de l’observateur ou de guider le lecteur dans sa découverte des lieux. Ils prédominent dans les textes descriptifs. Ils indiquent le lieu où l’on est, où l’on va, ‘où l’on vient et par où l’on passe.

3-      Les connecteurs logiques

Ils relient les arguments et les exemples les uns avec les autres : ils indiquent les phases de l’argumentation. Ils peuvent marquer l’addition, la gradation, la comparaison/l’analogie, l’opposition, la concession, la cause, la conséquence et la synthèse/conclusion.

VII)           Employer des procédés de reprise

1-      Les reprises pronominales

Il peut remplacer un nom, un groupe de mots ou une proposition. La reprise peut se faire par un pronom personnel ou par un pronom démonstratif.

2-      Les reprises lexicales

On distingue les reprises lexicales par un groupe nominal des reprises lexicales par substitution qui permettent d’apporter des informations supplémentaires.

La reprise par un groupe nominal réduit : elle en reprend un qui est assez long en le réduisant.

Le synonyme : ce mot a le même sens que le mot qu’il reprend.

Le terme générique : ce mot englobe toute une catégorie d’êtres ou d’objets spécifiques. Le terme générique permet de résumer une énumération.

La périphrase : elle dit en plusieurs mots ce qu’on pourrait dire en un sel. Elle exprime les qualités et les attributs de la réalité désignée. Elle peut être neutre, apporter une nuance positive et traduire un sentiment ou un jugement de valeur du locuteur, prendre une valeur argumentative.

éditions Hatier année 2011

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La question de l'homme dans les genres de l'argumentation (Objet d'étude 1ere)

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La question de l’homme dans les genres de l’argumentation

I)                  Qu’est-ce que la « question de l’homme » ?

1-      Qu’est-ce qu’un homme ?

Qu’est-ce qui distingue l’homme de l’animal ? L’homme est-il avant tout un corps, un esprit ou une âme ? Quelle est la place de l’homme dans la nature ?

2-      Un homme ou des hommes ?

Moi et l’autre : existe-t’il une nature humaine ? Différence des individus ? Comment définir l’humain ? Comment l’homme peut-il se reconnaitre dans les œuvres d’un autre temps, d’un autre pays ? Existe-t-il des valeurs universelles ? Comment l’homme trouve-t-il sa place dans la société ?

Oppression, racisme et pouvoir : peut-on établir une hiérarchie entre les humains ? Certains ont-ils des droits sur d’autres humains ? Quelle est la légitimité du pouvoir ?

3-      Qu’est-ce que la condition humaine ?

L’homme peut-il être heureux ? Qu’est-ce qu’être libre ? L’homme est-il soumis à une force supérieure ou est-il maître de son destin ? Diu existe-t-il ou est-il une création humaine ? Quelles valeurs doivent guider la vie des hommes ?

4-      En résumé …

S’interroger sur l’homme, c’est prendre en compte ses divers aspects en tant qu’individu mais aussi en tant que membre d’un groupe social. C’est également aborder les questions d’ordre social, politique, scientifique, éthique et religieux. Chaque époque apporte à ces questionnements fondamentaux des réponses qui définissent une vision de l’homme et privilégie certains genres littéraires et certaines stratégies argumentatives.

II)               Argumenter, convaincre et persuader

1-      Les stratégies argumentatives

Argumenter, c’est soutenir ou contester une opinion, une idée dans le but d’obtenir l’adhésion de celui à qui l’on s’adresse. Convaincre, c’est faire appel à la raison et à la logique grâce à un raisonnement construit. Persuader, c’est faire appel à la sensibilité et aux émotions grâce à des procédés stylistiques et oratoires. Délibérer c’est débattre avec soi ou quelqu’un afin de prendre une décision.

2-      Les éléments de l’argumentation

L’argumentation suit une progression et comporte des éléments obligés : le thème (de quoi parle le texte ?), la problématique (questions portant sur ce sujet), la thèse (l’opinion, la proposition soutenue)

3-      Le paragraphe argumentatif

Il énonce en général la thèse et comporte des arguments et des exemples. Les arguments servent de preuves pour soutenir, démontrer ou contredire la thèse avancée. Ces illustrations concrètes et précises renforcent les arguments. Un exemple peut être illustratif ou argumentatif. On peut emprunter des exemples à la réalité, la littérature, aux arts ou à sa propre expérience personnelle.

4-      Les raisonnements pour convaincre

Le raisonnement inductif part d’un exemple pour déboucher sur une thèse générale.

Le raisonnement déductif part d’une idée générale pour déboucher sur des propositions particulières.

Le raisonnement par concession se construit en deux temps : l’auteur admet des arguments qui s’opposent à sa thèse pour nuancer ou maintenir son propre point de vue voire mieux défendre ses arguments.

Le raisonnement dialectique pèse le pour et le contre, fournit des arguments favorables puis défavorables à une thèse pour dépasser et résoudre cette contradiction.

Le raisonnement par analogie tire des conclusions similaires de deux réalités proches que l’on a comparées. Il se fonde sur la comparaison.

Le raisonnement par l’absurde prouve la validité d’une thèse en montrant que la thèse adverse aboutit à des conclusions absurdes.

III)            Les procédés de la persuasion

1-      Affirmer une présence et créer des liens affectifs

Pour toucher le lecteur, le locuteur doit créer des liens avec lui et donc manifester sa propre présence (1er personne, marques de subjectivité).

Il faut que le destinataire se sente directement concerné (2e personne). On peut également recourir aux procédés de la sollicitation (apostrophe, question rhétorique)

On peut réaliser la complicité entre le locuteur et le destinataire en associant ce dernier à l’énonciation (1er personne du pluriel, « on »)

2-      Insister, faire naître des émotions et surprendre

La répétition d’un ou plusieurs mots provoque un effet de martèlement. La répétition peut aussi se jouer au niveau syntaxique. Le parallélisme reproduit la même construction dans une succession de phrases. L’amplification donne de la force par l’énumération et l’accumulation par la gradation ou l’hyperbole. Certains éléments peuvent être mis en relief par des présentatifs.

La dramatisation paralyse l’esprit critique et la raison du destinataire.

L’antithèse oppose fortement deux termes qui se mettent en scène. L’oxymore juxtapose deux termes contradictoires et crée le paradoxe. L’ironie déstabilise le destinataire et force sa réflexion.

IV)             Les genres de l’argumentation directe

1-      Les genres de l’argumentation directe

L’essai : est un texte de réflexion personnelle où l’auteur argumente de façon subjective. Sa forme est très libre, son ton très personnel. La présence de la 1ère personne est très sensible. L’auteur y fait souvent référence aux thèses adverses. Ses formes sont multiples (méditation, article, traité, pamphlet,…) Il recourt à des registres multiples (didactique, polémique, humoristique, ironique,…)

Les lettres et la lettre ouverte : La lettre ouverte s’adresse à plusieurs destinataires, elle est donc du domaine public. Elle instaure le débat et se prête aux prises de positions polémiques (« J’accuse » de Zola). Elle peut être très longue (autant qu’un livre).

2-      Le dialogue, un genre hybride

Le dialogue argumentatif est la transcription littéraire au style direct d’une conversation. Il peut apparaitre dans plusieurs genres littéraires, il appartient plutôt à l’argumentation indirecte.

C’est un aussi un genre de l’argumentation directe : un débat d’idées destiné à être lu, l’un des interlocuteurs étant souvent l’auteur, sa forme permet la multiplication des points de vue. Le dialogue didactique met en présence un personnage qui a le savoir qu’il transmet à un interlocuteur. Dans le dialogue polémique, les deux interlocuteurs sont sur un pied d’égalité et se contredisent. Dans le dialogue dialectique, les interlocuteurs cherchent à résoudre une difficulté commune et progressent dans la réflexion par un jeu de questions-réponses.

Il faut savoir définir l’identité et la personnalité des interlocuteurs, exposer clairement la ou les thèse(s) en présence en en donnant la valeur argumentative et trouver le fil conducteur qui dirige le dialogue.

V)                Les genres de l’argumentation indirecte

1-      Présentation

Le rôle de l’implicite y est important. Le genre privilégié de l’argumentation indirecte est l’apologue (récit allégorique qui comporte une histoire et dont le lecteur peut tirer une leçon morale). L’apologue se lit donc à deux niveaux : il a un sens littéral et un sens symbolique. La thèse peut être explicite ou implicite.

2-      La fable

Court récit en vers, elle comporte des personnages souvent simplifiés, symboliques, du merveilleux ou du surnaturel et une morale ou leçon. Elle emprunte à plusieurs registres (comique, parodique, satirique) et vise à la critique.

Jean de la Fontaine (XVIIe siècle) en a fait un genre littéraire à part entière. Il observe et critique son époque à travers elles. Des écrivains comme Anouilh ou Queneau (XXe siècle) ont souvent pratiqué la réécriture à partir des fables de La Fontaine.

3-      Le conte philosophique

Court récit en prose, le conte philosophique est un mélange entre le conte et des réflexions philosophiques. Voltaire en est le maître.

Il comprend un récit fictif plaisant avec un héros et des personnages schématisés et une leçon morale ou philosophique. Il fait appel à l’imagination et à la raison. Il joue souvent sur l’ironie, les registres humoristiques et didactiques ou critiques.

Il peut parfois prendre la forme de l’utopie qui est un récit qui présente les mœurs et l’organisation sociale et politique d’un monde imaginaire idéal et irréalisable pour mettre en avant les travers de notre société, il a donc une portée critique implicite.

4-      Les atouts de l’argumentation indirecte

Elle fait appel au gout pour les histoires et les émotions. Elle touche un public large et permet l’évasion dans d’autres mondes. Sa palette de registres est large. Elle implique de la part du lecteur une démarche inductive (de l’exemple à la généralité) et un effort d’interprétation.

VI)             L’éloquence dans l’Antiquité

1-      Les origines de l’éloquence

Les civilisations antiques reposaient exclusivement sur la communication orale dans la vie politique militaire ou juridique. L’éloquence apparait comme genre littéraire à Athènes aux Ve et Ive siècles avant JC. L’éloquence judiciaire se nourrit de la passion des citoyens pour les procès. Les prises de parole ont lieu sur l’agora athénienne ou le forum romain. Pour se faire entendre, l’orateur dispose de la force de la voix et du geste, de la qualité de son style, de la pertinence de ses arguments ainsi que de la clarté et la vivacité de son argumentation.

2-      A l’école de rhéteurs

Le professeur d’éloquence s’appelle le rhéteur, dans l’Antiquité. L’exercice essentiel est  la controverse utilisée pour discipliner l’esprit et l’habituer à argumenter.

Le rhéteur est parfois appelé sophiste (nuance péjorative). Le sophiste se prétend capable de soutenir avec succès deux thèses contraires sans se soucier de préoccupations morales ni du respect de la vérité quitte à recourir à des arguments spécieux (des sophismes).

            Tous les hommes sont mortels

            Platon est un homme

            Donc Platon est mortel.

3-      Les cinq étapes d’un discours

Aristote distingue cinq étapes dans la composition d’un discours :

L’inventio est la recherche des arguments, des exemples ou des raisonnements pour convaincre ou persuader un public.

La dispositio est le plan qui comprend l’exorde (introduction), la narration (rappel des faits), la confirmation (justification des preuves) et la péroraison (conclusion).

L’elocutio est la phase de transformation des arguments en phrases pour frapper le public. Elle comporte l’electio (art de choisir les mots) et la compositio (art d’arranger les mots en phrases)

La memoria permet à l’orateur de s’adapter aux réactions du public et à la situation.

L’actio est la mise en scène par la voix, les gestes, les expressions et les jeux du regard.

4-      De grandes figures de l’Antiquité

Gorgias et Protagoras sont des sophistes célèbres du Ve siècle. L’auteur latin, Cicéron, nous a laissé un grand nombre de discours importants. Il a aussi rédigé des traités de rhétorique qui faisaient autorité.

VII)          La question de l’homme aux XVIe et XVIIe siècles

1-      La Renaissance : foi et doutes en l’homme

Les humanistes de la Renaissance rejettent les valeurs du Moyen-Age et placent l’homme au centre de leur réflexion. Ils retiennent l’idée antique d’une harmonie nécessaire entre corps et esprit. Ils croient en une nature humaine universelle ainsi que la diversité des humains.

Les atrocités des guerres de Religion et de la colonisation introduisent un doute sur l’homme et sur la « misère de notre condition ».

2-      Le XVIIe siècle : deux visions contrastées de l’homme

Il y a deux conceptions religieuses de l’homme et du monde s’opposent. Pour les jésuites, l’homme peut exercer sa liberté, son libre-arbitre sur terre pour gagner son salut. Pour les jansénistes, Dieu a déterminé de toute éternité qui sera sauvé ou damné : l’homme lui est soumis.

La vision baroque est une vision du monde instable dans lequel l’homme est maitre de son destin. Les libertins revendiquent la liberté de penser par eux-mêmes, contestent l’organisation et conçoivent un monde sans Dieu.

La réaction assez pessimiste des classiques appuie sa réflexion sur la notion de nature humaine permanente et universelle. Il dépend de la volonté de Dieu. Il est aussi victime des passions qui le trompent mais peut atteindre à une certaine grandeur. Le modèle social idéal est l’honnête homme qui fuit les attitudes extrêmes et soumet tout à sa raison.

Le mouvement, la complexité, l’imbrication du baroque s’opposent à la fixité et à la rigueur géométrique du classicisme.

VIII)       La question de l’homme au XVIIIe siècle

1-      Conscience de la relativité des mœurs et des valeurs

Les Lumières désigne un mouvement européen, il s’agit des lumières de la raison que l’homme doit exercer librement pour accéder à l’indépendance intellectuelle et morale. Les hommes des Lumières prennent conscience de la diversité de l’homme selon les lieux et les temps et de la relativité des mœurs, des lois, de la morale, de la littérature.

2-      Le philosophe éclairé, homme citoyen contestataire

L’homme idéal des Lumières est le philosophe, homme social, qui par son usage de la raison remet tout en cause. Il veut vulgariser les connaissances humaines et les débats philosophiques. Il veut construire un monde meilleur fondé sur la tolérance, la paix, le recul de l’ignorance, la liberté de penser, le pluralisme religieux, le progrès scientifique. Son but est que l’homme connaisse sur terre le bonheur et le bien-être matériel.

IX)             La question de l’homme aux XIXe et XXe siècles

1-      Le XIXe siècle : l’individu et ses passions

Le romantisme (1820-1850) : il refuse l’optimisme et la prédominance de la raison. L’homme est n être d’émotion qui fuit dans le rêve une société qui ne le comprend pas. Il privilégie l’imagination, la sensibilité, l’individu et la communion avec la nature.

Le réalisme et le naturalisme (1848-1890) : il apparait en réaction contre l’idéalisme romantique car la révolution industrielle change le regard sur l’homme. L’homme est décrit comme le produit de son hérédité et de son environnement socioculturel. La littérature veut soit reproduire fidèlement la réalité dans sa dimension quotidienne (réalisme) soit analyser les êtres humains et la société en appliquant les méthodes des sciences expérimentales (naturalisme).

Le symbolisme (1885-1900) : ils refusent d’expliquer le monde par la science. Pour Verlaine, Rimbaud et Mallarmé, le monde apparent masque des réalités mystérieuses, invisibles. Les symbolistes s’attachent à les décrypter et à exprimer les profondeurs cachées de l’être humain, la réalité spirituelle.

2-      Le XXe siècle : déshumanisation, nouvel humanisme

Le traumatisme des deux guerres mondiales, la disparition des repères religieux et des valeurs ont dégradé la notion d’homme et entraine la conscience de l’absurdité et de l’impossibilité de communiquer.

Les progrès technologiques et scientifiques ont nourri une foi en l’homme mais aussi une angoisse ace à l’exploitation immorale et inconsciente éventuelle des découvertes modernes. Les écrivains incitent à dépasser ce sentiment de l’absurde, à donner un sens à l’existence par l’engagement politique et un humanisme moderne fondé sur la résistance et la solidarité.

La photographie et le cinéma dénoncent et se mettent au service de l’argumentation.

éditions Hatier année 2011

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Ecriture poétique et quête du sens (Objet d'étude 1ere)

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Ecriture poétique et quête du sens

 

I)                  La poésie, art du langage et expression d’une vision du monde

1-      Qu’est-ce que la poésie ?

La poésie est un art, c’est-à-dire une création. On ne définit plus aujourd’hui la poésie par la forme versifiée : elle prend des formes variées et inattendues. La poésie est une façon originale de voir, de percevoir le monde, de réagir face à lui et d’exprimer le monde et la réalité. Est poétique ce qui est dit de façon inhabituelle.

2-      Qu’est-ce qu’un poète ?

C’est un artiste qui a un moi plus sensible que la norme, une connaissance plus aigüe et plus profonde des hommes et du monde. Il dévoile le monde intérieur et en révèle les aspects cachés. Il crée un nouvel univers en modifiant et transformant la réalité. Un poète est un artisan qui connait son matériau, la langue ; il a la capacité de la modeler d’une façon inhabituelle pour obtenir une expression originale.

3-      Quelles sont les fonctions de la poésie ?

Deux tendances majeures s’opposent :

La poésie comme peinture : Elle décrit et peint le monde et ses réalités concrètes (l’art pour l’art), les faces cachées du monde, un monde imaginaire ou les sensations.

La poésie engagée : elle est utile et doit être action. Elle dénonce les injustices et les maux du monde. Elle exprime les idées avec plus de force et d’intensité que la langue ordinaire.

La poésie a aussi pour fonction de célébrer les exploits d’un héros (poésie épique) ou de créer un nouveau langage.

II)               La poésie, du Moyen Age au XVIIIe siècle

1-      Le Moyen Age : jongleurs, trouvères et troubadours

La poésie lyrique médiévale trouve son origine dans les chants populaires interprétés par les jongleurs, les troubadours et les trouvères. Ses thèmes sont l’amour et la nature. Elle prend la forme de chansons (phrase musicale et refrain) : chansons de toile, chansons de geste et pastourelles.

La poésie prend peu à peu son autonomie par rapport à la musique et évolue vers un art du langage et s’exprime dans les formes fixes (ballade, rondeau,…)

Au XVe siècle, la poésie courtoise et bourgeoise se côtoie. Ils annoncent des temps nouveaux par leurs confidences sincères. A l’expression des sentiments s’ajoute l’expression d’idées souvent sous forme de symboles ou d’allégories. A la fin du XVe siècle, la poésie évolue vers un art de la rhétorique pure.

2-      Le XVIe siècle : imitations et inventions de la Renaissance

Les humanistes de la Renaissance (avec la Pléiade) renouvellent la poésie en empruntant aux anciens ou à d’autres pays. Poètes de l’amour et des émotions lyriques, ils sont aussi les témoins des guerres de Religion.

3-      Le XVIIe siècle : poésies baroque et classique

Une poésie lyrique raffinée et précieuse se développe. Pour traduire leur conception du monde instable, les poètes recourent à des métaphores filées, des vertiges d’images et de sonorités. Ils critiquent les défauts de l’époque dans une poésie truculente et triviale, d’inspiration satirique.

 

La poésie en tant que genre décline au fil du XVIIe siècle avec l’essor du classicisme et son respect pour la raison. Elle devient didactique, elle est destinée à « plaire et instruire ».

 

4-      Le XVIIIe siècle : raison et poésie incompatibles ?

Le culte de la raison du siècle des Lumières entraine une certaine désaffection pour la poésie : les philosophes trouvent les contraintes formelles inutiles.

 

Le seul poète vraiment connu est André Chénier.

 

III)            La poésie au XIXe siècle : innovations et ruptures

1-      Le romantisme : la poésie en révolution

Un contexte spécial : le mal du siècle, les jeunes rejettent le monde matérialiste et bourgeois. Ils s’évadent dans le rêve et les passions.

 

La poésie est lyrique et privilégie l’expression du moi à travers les thèmes de la fuite du temps, de la nature, de l’amour, de la mort et de Dieu.

 

Les formes poétiques se libèrent. Aloysius Bertrand invente le poème en prose. Les hommes se libèrent aussi, les poètes sont au service de l’humanité.

 

Quatre grands poètes romantiques : Lamartine, Hugo, Nerval et Musset.

 

2-      Une réaction antiromantique : le Parnasse et Baudelaire

Le Parnasse ou l’art pour l’art prônent une poésie à la forme parfaite sans but moral ou utilitaire. Le poète est un artisan minutieux.

 

Pour Baudelaire, la poésie exprime une angoisse existentielle mais aussi la connaissance du monde : elle pénètre le sens caché des choses et tire la Beauté de la laideur.

 

3-      Le symbolisme contre le Parnasse

Les poètes symbolistes réagissent contre les exigences formelles des Parnassiens et le naturalisme de Zola : le poète révèle, par les symboles, la beauté de l’idée derrière l’apparence des objets. Il suggère plus qu’il ne décrit.

 

Quelques poètes maudits symbolistes : Mallarmé, Verlaine, Lautréamont, Rimbaud

 

IV)             La poésie au XXe siècle : recherches, révoltes, apaisement

1-      L’esprit nouveau du début du siècle

Lyrisme et monde moderne : Les poètes mélangent les deux sous une forme moderne. Les calligrammes d’Apollinaire marquent la variété et la fantaisie de son imaginaire poétique.

 

Dadaïsme et surréalisme : le refus du conformisme : Il est créé par Tzara. Le mouvement dada rejette une civilisation qui a permis des horreurs et refuse toutes les références et normes traditionnelles.

Les surréalistes, avec André Breton, veulent instaurer de nouvelles valeurs et libérer l’homme de la dictature de la raison : ils explorent l’inconscient et sont à la recherche d’une réalité supérieure présente dans le monde. La plupart des poètes s’engagent lors de la Deuxième Guerre mondiale.

 

Valéry célèbre plutôt l’intelligence et son fonctionnement dans une poésie sensuelle d’une grande perfection formelle. Claudel, lui, exprime sa vision de l’homme et glorifie la création divine.

 

2-      La diversité de la seconde moitié du siècle

Les poètes reviennent au réel et prennent leurs thèmes dans la vie quotidienne avec simplicité et réalisme, émotion, fantaisie ou rigueur quasi philosophique.

Francis Ponge invente une nouvelle poésie en prose pour permettre aux choses les plus usuelles de s’exprimer.

Queneau renouvelle le langage avec un humour savant et ouvre la voie à l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle)

 

V)                Décrire la forme d’un poème

1-      Un jeu visuel avec l’espace

Le poète joue sur la mise en page et la typographie. L’aspect matériel du poème apparait au premier coup d’œil.

 

2-      Les éléments de la poésie versifiée

Le vers est un procédé traditionnel de mise en page poétique. Il est déterminé par le nombre de syllabes.

Alexandrin = 12 syllabes, Décasyllabe = 10 syllabes, Octosyllabes = 8 syllabes, Hexasyllabes = 6 syllabes, Endécasyllabe = 11 syllabes, Ennéasyllabes = 9 syllabes, Heptasyllabe = 7 syllabes.

 

Le « e » muet ne se prononce pas en fin de vers et devant une voyelle. Si on prononce deux voyelles qui se suivent en une seule syllabe on fait une synérèse, si on les prononce en deux syllabes alors on fait une diérèse.

 

Les vers se combinent en strophes séparées par un blanc graphique :

Distique = 2 vers, Tercet = 3vers, Quatrain = 4vers, Quintil = 5vers, Sizain = 6vers, …

 

3-      Les poèmes en vers à forme fixe

La ballade : il est né au Moyen-Age. Il contient trois strophes semblables de huit ou dix vers de forme carrée qui se termine par un envoi (demi strophe de dédicace au destinataire). Un refrain termine chaque strophe et envoi. Les rimes se répètent à l’identique.

 

Le rondeau : il présente 15, 13 ou 12 octosyllabes de deux rimes dont huit féminines et cinq masculines (ou inversement). Le premier vers est repris sous forme de refrain (qui ne compte pas comme un vers) après les huitième et treizième vers.

 

Le sonnet : il contient 14 vers répartis en deux quatrains suivi de deux tercets. Les rimes sont généralement embrassées. Il peut avoir deux constructions : les quatrains s’opposent aux tercets, ou alors les 13 premiers vers s’opposent au 14e.

 

4-      Les poèmes en vers à forme régulière

L’ode : petit poème lyrique qui présente des strophes de forme carrée souvent accompagnée de musique.

La fable : poème à visée argumentative qui vise à enseigner la morale.

La satire : poème qui se moque des défauts d’une personne ou d’un groupe social.

Le blason : poème court à rimes plates qui fait l’éloge d’un être ou d’un objet.

L’acrostiche : lues verticalement, les initiales de chaque vers de ce poème composent un mot-clé

Le poème en vers libres : le poète y alterne différents types de vers au gré de ses intentions. Les vers ne riment pas, ne commencent pas par une majuscule et omettent parfois la ponctuation.

 

5-      Les formes poétiques non versifiées

Le poème en prose : composé en versets (courts paragraphes) dont le rythme, les jeux sur les sonorités et les images lui donnent sa poésie.

Le calligramme : typographie et mise en page dessinent des formes géométriques ou reproduisent la forme de ce que décrit le poème.

 

VI)             Analyser les sonorités et les rythmes d’un poème

1-      Un jeu musical avec les sons

Les rimes peuvent être pauvres (un seul son en commun), suffisantes (deux sons en commun) ou riches (au moins trois sons en commun). Elles sont féminines (e muet en fin de mot) ou masculines (pas de e muet). Les rimes peuvent être plates (aabbcc…), croisées (abab) ou embrassées (abba)

 

L’allitération répète un son consonantique, l’assonance répète un son vocalique. L’harmonie imitative répète certains sons pour imiter un bruit ou créer un effet particulier

 

2-      Un jeu musical avec les rythmes

Il faut analyser la longueur des vers et les pauses à l’intérieur des vers.

Les coupes divisent le vers en deux mesures égales (effet d’équilibre) ou inégales.

Les poètes créent parfois des effets de rupture volontaires : enjambement (déborder la phrase sur le vers suivant), rejet (prolonge la phrase sur les premières syllabes du vers suivant), contre-rejet (anticipe un groupe de mots du vers suivant en fin de vers)

 

VII)          Etudier un poème

1-      Analyser d’où nait le pouvoir de suggestion du poème

La poésie suggère plus qu’elle ne dit.

Avant de lire un poème, observez-le comme si c’était une image. Ensuite repérez sa structure générale, puis les strophes et les blancs et pour finir commentez l’effet produit et le sens donné par cette mise en page.

 

Analyser le rôle des sensations dans le poème : relevez le lexique des sensations et les rapports entre les différentes sensations puis commentez l’effet produit sur  le lecteur.

 

Analyser les images : repérez les figures de style, identifiez les points communs entre comparé et comparant, appréciez le rapport entre les deux réalités et commentez l’effet produit sur le lecteur et l’intention du poète.

 

Analyser la musicalité : lire le poème à haute voix, commentez les choix de vers et repérez les effets de sonorités et finalement repérez et caractérisez les effets de rythmes.

 

2-      Déchiffrer le sens, le message du poème

Identifier  les thèmes et les registres (lyrique, élégiaque, épique, pathétique, …)

Mesurer la présence du poète et l’implication du lecteur

Apprécier la vision du monde du poète (peinture fidèle ? métamorphose ? optimiste ? pessimiste ? visionnaire ? fantastique ?)

Repérer le sens symbolique ou allégorique du poème (sens symbolique ? relation sens littéral et sens implicite ? diversité des interprétations ?)

Repérer la conception de la poésie qui se dégage (art pour l’art ? art poétique ? poésie engagée ?,…)

Apprécier les rapports du poème avec son temps (inscrit dans une tradition ? un mouvement ? en rupture avec son temps ?)

 

VIII)       Poésie et peinture, deux mondes d’images

1-      « ut pictura, poesis »

Aristote et Horace faisaient déjà une analogie entre les « deux sœurs » : poésie et peinture. La poésie prend souvent pour thème la réalité qu’elle décrit et reproduit. Les poètes comme les peintres ont une grande marge de créativité, déforment la réalité, créent des mondes. Ils ont également le choix entre un art à visée purement esthétique et un art engagé. De nombreux écrivains se sont consacrés à la peinture et au dessin et de nombreux peintres à la poésie

 

2-      Les rapports entre poésie et peinture

Les calligrammes appartiennent autant à la poésie par leur texte qu’aux arts graphiques par leur forme et leur typographie. Il faut comparer l’effet produit par le calligramme et le texte qui le compose.

 

Les poètes et peintres puisent aux mêmes sources d’inspiration et traduisent les gouts esthétiques de leur temps. La Tour Eiffel a inspiré la littérature et tous les autres arts. L’allure cubiste du monument peint fait écho aux recherches de la littérature moderne qui déstructure le langage.

éditions Hatier année 2011

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Le roman et le personnage romanesque (Objet d'étude 1ere)

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Le roman et le personnage romanesque

 

I)                   Le roman, genre multiforme et complexe

1-      Définition du mot roman

Il s’agit d’une œuvre narrative de fiction en prose relativement longue qui crée un monde et donne vie à des personnages imaginaires, les fait évoluer et donne l’illusion de la vie.

2-      La diversité du roman

Il s’est développé librement, en dehors de toute règle.

Le roman historique est fortement ancré dans la réalité historique plus ou moins fidèle.

Le roman picaresque donne une vision du monde par les tribulations d’un personnage populaire, aventurier qui traverse les milieux sociaux.

Le roman d’aventures multiplie les péripéties sentimentales ou scientifiques (science-fiction)

Le roman d’apprentissage retrace l’éducation du héros dans son parcours affectif, social ou moral.

Le roman d’analyse privilégie la peinture psychologique, analyse les mouvements de l’^me et de l’affectivité.

Le roman de mœurs donne l’image d’une société, personnages mêlés au contexte social et politique.

Le roman policier propose une énigme, privilégie mystère et suspense. Personnages types : policier, criminel, détective.

Le roman épistolaire est composé de lettres de correspondants fictifs et multiples.

Le roman autobiographique voit un écrivain déguiser en fiction le récit de sa vie.

Roman et poésie : il a une trame narrative, il comprend des passages lyriques et surréalistes parfois proches de la poésie.

Roman et théâtre : il retrace aussi des conflits, des crises, possède des dialogues qui pourraient constituer des scènes de théâtre.

Roman et histoire : Il ne prétend pas être une science mais il peint aussi l’homme dans la durée, reconstitue une époque.

Roman et cinéma : Il n’est pas un art visuel mais raconte une histoire, ils ont certains termes en commun. De plus il y a de nombreuses adaptations de romans au cinéma.

Roman et essai : Il raconte une histoire mais fait partager des idées.

Roman et apologue : Il est ample et n’a pas de morale explicite mais il propose une vision de la vie et du monde et invite à tirer une leçon de leur lecture.

3-      Les composantes du roman

L’auteur est la personne réelle qui a écrit le roman.

Le narrateur est celui qui raconte l’histoire. Le narrateur peut s’effacer complètement et manifester sa présence.

Le personnage est la créature imaginaire du romancier. Il n’existe que par l’imagination de l’auteur et du lecteur.

Le point de vue externe : Le narrateur voit, sait et raconte uniquement comme une caméra avec un angle limité. Il se limite à l’aspect extérieur. Neutralité, authenticité, documentaire.

Le point de vue interne : Le narrateur voit, sait et raconte uniquement comme un personnage avec un angle de perception limité dans le temps et dans l’espace. Mode restreint et subjectif.

Le point de vue omniscient (focalisation zéro) : Le narrateur voit, sait et peut raconter tout dans le temps et l’espace. Il connait tous les personnages et en sait souvent plus qu’eux. Compréhension complète et claire de la narration et crée une illusion réaliste.

La narration : l’histoire qui s’inscrit dans le temps et dans la durée. La suite d’épisodes constitue l’intrigue.

La description : Il s’agit de pauses, d’arrêts sur image. La description d’un personnage constitue un portrait.

L’argumentation : Les personnages peuvent être amenés à argumenter lorsqu’ils dialoguent ou réfléchissent.

II)                Le roman au XVIIe et XVIIIe siècles

1-      Les origines du roman

Les origines pourraient remonter à l’Antiquité du mélange entre épopée, ouvrages historiques et poésie pastorale. Il comporte déjà une intrigue fictive mais souvent vraisemblable.

Au Moyen-Age et à la Renaissance, épopée et roman étaient déjà confondus.

2-      Le XVIIe siècle : entre baroque et classicisme

Le roman apparait comme un espace de liberté marqué par le spectaculaire, il se construit sur des histoires épiques.

Les romans baroques et précieux oscillent parfois entre deux tendances :

            Merveilleux et idéalisme de la littérature précieuse : idéalise l’homme. (Le roman pastoral et sentimental et les romans héroïques qui sont des romans fleuves précieux)

            Réalisme et burlesque souvent comique : décrit les réalités quotidiennes et prend en compte la diversité de l’homme.

Le roman classique, peu nombreux, sont écrits en réactions aux romans baroques. Ils visent la concision et la vraisemblance, il privilégie l’analyse psychologique, présente une portée morale et une vision pessimiste et austère de la vie et du monde.

La Princesse de Clèves est le premier véritable roman français : c’est un roman historique, d’analyse à portée morale.

3-      Le XVIIIe siècle : variété et liberté des Lumières.

Le roman rend désormais compte des aspirations du siècle et de l’évolution de la pensée et de la société.

Le roman des Lumières se fait le reflet de la société.

Le roman d’apprentissage montre un être humain qui se construit à partir de ses expériences. Le roman de mœurs peint la société, les vices de la société et prend une portée morale. Le roman philosophique confronte le héros à des personnages qui soutiennent des thèses philosophiques autour des problèmes du siècle.

Le roman sentimental des Lumières exprime une sensibilité qui se fait l’écho du cœur et de l’âme. Ils annoncent déjà le XIXe siècle avec des thèmes chers aux romantiques : amour, nature et exotisme.

III)              Le roman du XIXe siècle à nos jours

1-      Le XIXe siècle, siècle du roman

1800-1830 : des débuts difficiles : Le roman reste toujours en marge de la littérature (écrit par et pour les femmes). Le roman du XIXe siècle nait du roman psychologique, historique et d’aventures.

1830-1850 : reconnaissance et promotion : Il fait enfin son entrée dans la littérature. Il s’ancre alors dans un réel proche du lecteur. Les personnages sont des types humains. En même temps, le roman-feuilleton passionne d plus en plus le lectorat populaire. Le héros romantique est un être hors du commun (sensible, avec une grandeur d’âme ou alors abject), il est proie de passions violentes.

1850-1900 : les romans réalistes et naturalistes : Le héros est désacralisé, les personnages sont ordinaires voire collectifs Le roman naturaliste est inspiré de la génétique et des sciences expérimentales.

2-      Le XXe siècle : fluctuations du personnage et roman en crise

Les romanciers tentent de pénétrer leur univers intérieur et de donner une vision subjective du monde à travers leurs personnages.

Les bouleversements historiques servent de toile de fond à des romans qui s’interrogent sur le sens de l’existence.

Certains romanciers perpétuent le principe des suites romanesques qui suivent le destin de familles entières.

La seconde moitié du XXe siècle conteste le modèle romanesque : les romanciers surréalistes désarticulent le personnage au gré de leur imagination libérée. Le nouveau roman conteste la tradition romanesque et le personnage qui est soit totalement détruit soit un antihéros.

Le personnage a pourtant survécu et fait même preuve de vitalité surtout dans les littératures étrangères. En France, le personnage est en quête d’identité et de bonheur. Le personnage renvoie au lecteur une image de la modernité et du monde qui l’environne.

3-      Quelques romans à connaitre

La Princesse de Clèves, Mme de Lafayette

Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos

Le Rouge et le noir, Stendhal

Le Père Goriot, Balzac

Madame Bovary, Flaubert

Les Misérables, Hugo

Germinal, Zola

La Symphonie pastorale, Gide

Thérèse Desqueyroux, Mauriac

Voyage au bout de la nuit, Céline

La Condition humaine, Malraux

L’Etranger, Camus

Les Choses, Pérec

IV)             La construction d’un personnage romanesque

1-      La création du personnage

Le nom identifie et place le personnage dans un milieu, dans un pays. Le nom révèle souvent l’origine sociale et marque aussi la fonction dans un groupe social ou familial.

Le portrait physique peut être statique ou en action. Le portrait moral analyse le personnage et donne l’impression de le connaitre et de pouvoir anticiper sa conduite.

Le portrait en paroles renseigne sur le niveau social et culturel,… du personnage. Il y a plusieurs façons de rapporter les paroles.

Le milieu et le décor définissent le personnage. Les naturalistes insistent sur l’interaction entre le milieu et le personnage. Certains lieux ou objets éclairent le personnage et révèlent son univers mental.

Les personnages s’éclairent mutuellement : ressemblance, complémentarité, contraste.

2-      La nature et le statut du personnage

Le personnage est totalement fictif ou historiquement réel, il peut être un individu ou un personnage collectif, il peut être un héros ou un antihéros.

Le personnage principal domine le roman et l’action tourne autour de lui. Les personnages secondaires gravitent autour de ce dernier. Les « figurants » n’ont pas d’épaisseur psychologique mais servent à recréer un monde autour du personnage principal.

Certains moments clés sont très formateurs : initiation, rencontre, action, rupture,… Des retours en arrière et des prospectives permettent au romancier de rendre compte de cette évolution.

V)                Personnage, narrateur, auteur et lecteur

1-      Le personnage romanesque et son narrateur

Le personnage est dépendant du narrateur, il se construit grâce aux choix du narrateur. Il intervient et marque son jugement directement ou indirectement. Le narrateur joue des différents points de vue.

2-      Le personnage romanesque et son lecteur.

Le roman est destiné à une lecture personnelle, son rapport est le lien entre le lecteur et les personnages. Le lecteur retrouve en lui ses aspirations profondes. L’identification peut aider le lecteur à se comprendre lui-même ou à comprendre l’être humain.

3-      Le personnage romanesque et son auteur

Ils sont inévitablement liés à son auteur. Il peut être le reflet de l’auteur, le héros porte-parole (incarne les idées et la vision du monde de leur auteur) ou le personnage repoussoir (l’attitude contraire à celle de l’auteur fait comprendre les idées de l’auteur)

4-      Destinée et fonctions du personnage romanesque

Le personnage prend place dans l’imaginaire collectif. Il peut être représentatif d’une époque, il peut accéder au rang de type ou devenir un symbole. Lorsqu’il atteint la dimension du mythe, il est souvent l’objet de réécritures.

A travers ses personnages, le roman peut avoir pour but de divertir, de dépayser, de peindre et instruire une meilleure connaissance d’une époque et d’une société, d’exprimer ses convictions ou de poser des questions existentielles.

VI)             Etudier l’ordre et le rythme d’un roman

1-      S’interroger sur l’ordre de présentation des événements

L’ordre chronologique est-il respecté ? Situation initiale, élément perturbateur, péripéties, situation finale.

L’ordre chronologique est-il bouleversé ? Analepses (retour en arrière), prolepses (anticipation)

Le roman épistolaire a généralement une structure labyrinthique (l’intrigue est éclatée). Il repose sur des jeux d’échanges (rappels et annonces). Il y a un brouillage de la chronologie. Il se crée des jeux de miroirs.

2-      S’interroger sur le rythme de la narration

Le narrateur ne raconte jamais tout. Il peut choisir d’accélérer, de ralentir ou de suspendre le temps du récit. Si le temps du récit est supérieur à celui de l’histoire, on a une pause ; si le temps du récit est inférieur à celui de l’histoire, le rythme est rapide.

Le narrateur accélère-t’il le rythme ? Le narrateur ralentit-il le rythme ? Le sommaire : le narrateur résume une longue durée. L’ellipse : certains événements sont passés sous silence. La pause : le narrateur arrête le temps. Le ralenti : il étire le temps.

Le narrateur peut donner l’illusion que la durée réelle d’un événement raconté est celle de la lecture (c’est une scène). Sa fonction est de faire vivre en direct un temps fort par le dialogue et l’abondance de précisions.

VII)           Analyser un début de roman

1-      La fonction informative du début de roman

Pour savoir si le roman remplit sa fonction, il faut pouvoir répondre à ses questions : qui ? Quoi ? Où ? Quand ?

Il faut également se demander à quel rythme sont données les informations : début statique ? Progressive ? in medias res ?

2-      La fonction d’accroche du début de roman

Quels sont les moyens pour inciter à poursuivre le lecteur ? Quelles attentes pour la suite ?

3-      L’instauration d’un contrat de lecture

Le début indique-t’il clairement le genre du roman ? Le narrateur se situe-t’il en dehors de l’histoire ? Le narrateur raconte-t’il son histoire, est-il un personnage secondaire ou un témoin ?

Qu’en est-il du lecteur ? Est-il un simple témoin ? Joue-t-il un rôle dans le roman ?

VIII)        Le roman et les autres arts

1-      Roman et autres arts : un regard sur une époque

Il porte les marques de la sensibilité, des gouts esthétiques, de la vision du monde de son époque. Les romanciers et les artistes traient souvent des sujets similaires avec un regard identique.

2-      La fonction descriptive : roman et peinture

Le roman et la peinture ont tous deux une fonction descriptive : ils reproduisent un lieu ou un personnage. La peinture inspire aussi certains romanciers qui mentionnent un tableau, retracent le cheminement créateur,… Certains romanciers ont pratiqué le dessein et même illustré leurs romans.

3-      La fonction narrative : roman, opéra, cinéma et BD

Ils ont une fonction narrative, ils racontent une tranche de vie et reposent sur une intrigue. Le roman peut être source d’inspiration de l’opéra, du cinéma (les effets spéciaux ont favorisé l’adaptation des romans fantastiques ou de science-fiction). A l’inverse, le cinéma inspire parfois les romanciers. Le roman inspire parfois la BD, le roman graphique propose une histoire aussi étoffée que le roman.

éditions Hatier année 2011

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