Marie-Hélène Lafond - Auteur de livres pour enfants

Publié le par litteratureetfrancais

Quelques questions sur vous et l’écriture

1.     Présentez-vous en quelques mots.

J’ai 50 ans. J’habite dans le sud de la France, dans la petite ville de Frontignan (entre Sète et Montpellier). Je suis mariée, ai trois garçons (et un  petit-fils).

Malgré des études plutôt tournées vers les maths et un métier tourné vers l’informatique (j’ai un DUT de statistiques et d’informatique), j’ai toujours aimé les livres (passion transmise par mon père), et ce malgré mes problèmes de dyslexie.

2.     Parlez-nous de votre dernier ouvrage.

C’est un livre pour les tout petits. L’histoire se déroule dans une ferme, où de l’avis d’Horace le chat il ne se passe jamais rien : chaque animal reste dans son coin sans se préoccuper des autres. Alors Horace décide alors que cette situation doit cesser et il se met à chanter-miauler (chamiauler ?) au milieu de la cour de la ferme. Et après le premier moment de stupéfaction, tous les autres animaux se joignent à lui dans une joyeuse sarabande.

Voilà pour l’histoire proprement dite.

Sinon l’idée m’est venue en découvrant une illustration de Marie-Pierre Tiffoin. Je lui ai alors demandé si je pouvais lui écrire une histoire et elle a accepté. Même s’il y a peu de texte, je me suis bien amusée à imaginer cette histoire et je suis très fière des illustrations de Marie-Pierre qui ont donné vie à tous les animaux de la ferme avec tendresse et humour.

3.     Depuis quand écrivez-vous ?

Si je regarde la date d’enregistrement, mes premiers écrits remontent à 1995. J’ai commencé à retranscrire les histoires que j’inventais pour mes fils. Et tout naturellement j’ai continué écrire pour la jeunesse.

Sinon j’ai vraiment commencé à écrire en 2006 quand j’ai créé mon site « La tête dans les mots ». Depuis je n’ai pas vraiment arrêté, même si je ne suis pas une acharnée de l’écriture. J’écris quand j’en ai envie, quand une histoire devient trop présente ou trop insistante, et que je ne peux pas lui résister.

4.     Que vous apporte l’écriture ?

Ho lala ! Vaste question ! Je dirais une sorte d’évasion, comme quand je lis (et je lis énormément). C’est une sorte d’exutoire pour tout ce que je n’arrive pas à dire. L’écriture m’a servi à me créer une sorte de bulle rien qu’à moi, où je pouvais me réfugier quand je voulais, à un moment où beaucoup de choses n’allaient pas dans ma vie. Elle m’a permis de ne pas sombrer, même si je n’ai jamais écrit sur ces moments difficiles.

Et puis un jour j’ai décidé de partager avec les autres…

5.     Dans quelle condition écrivez-vous ?

Paradoxalement, j’écris rarement à la maison. En fait j’ai commencé à écrire sur mon ordinateur au bureau (je n’en avais pas à la maison) et depuis c’est mon environnement favori : c’est là que je me sens bien, que je suis dans mon élément. Alors je me ménage des petits moments dans la journée (le matin avant de commencer mon travail, à midi, en fin de journée). À la maison, je me relis, je corrige.

6.     Quelle est votre source d’inspiration ?

J’aime écrire à « l’instinct ». L’inspiration me prend souvent au dépourvu, en entendant une phrase, un son, ou quand je vois une image, une scène. Je ne cherche jamais (ou presque) une idée, je la laisse venir à moi et s’imposer. Régulièrement elle fera l’objet du titre d’ailleurs.

Après je laisse mon esprit partir en « roue libre » : j’invente dans ma tête, une première histoire parfois plusieurs versions. Et alors je me mets à écrire. Ma seule contrainte c’est l’accroche, la première phrase ou le premier paragraphe. Tant que je n’ai pas trouvé cette accroche, il m’est impossible de continuer, même si l’histoire est toute prête ! Si je trouve les bons mots pour débuter, alors très souvent le reste suit sans problème.

Il m’arrive souvent de bifurquer vers une autre idée pendant la phase d’écriture et ainsi d’obtenir quelque chose de complètement différent de ce que j’avais imaginé au départ !

 

7.     Etes-vous écrivain à part entière ou exercez-vous une profession à coté ? si oui laquelle ? Que vous apporte-t-elle par rapport à votre travail d’écrivain ?

Je ne pourrais jamais rester chez moi toute la journée ou ne rencontrer qu’une ou deux personnes par jour. Alors non je ne suis pas écrivain à part entière.

Dans ma vie professionnelle, je construis des sites internet pour un laboratoire de recherche en botanique et biologie végétale, où je côtoie des gens formidables. Nous partageons beaucoup, que ce soit sur un plan professionnel ou sur un plan culturel.

Travailler dans un domaine qui n’a rien à voir avec l’écriture, m’oblige à rencontrer des personnes dans plein de domaines différents. Construire des sites internet est aussi une forme de créativité, qui m’oblige à être très structurée, à savoir comment agencer les informations, ce que parfois j’ai du mal à faire avec mes histoires.

8.     Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

Oh oui, j’en ai plein. Je pense que certains se concrétiseront, et d’autres resteront à l’état de projet.

Actuellement, mes projets concernent plutôt des contes (inventés ou non) et de petits romans pour les 8-10 ans.

9.     On dit souvent que l’auteur « fait passer un message » : est-ce le cas pour vous ? Si oui quel est ce message ?

Je pense que tout écrit fait passer un message parfois de manière très explicite parfois de manière plus subtile.

Personnellement, je ne cherche pas spécialement à faire passer un message, mais si l’occasion se présente au court de l’écriture, pourquoi pas…

10.  Si vous deviez changer quelque chose dans votre carrière d’écrivain, ce serait quoi ?

Si je devais changer quelque chose ? Être moins fainéante et plus persévérante, constante dans l’effort.

11.  Comment s’est fait le choix de votre maison d’édition ?

Bien sûr quand j’estime qu’un de mes textes est mur pour partir à la conquête d’un éditeur, je regarde les catalogues de ces derniers, pour avoir une idée de la « ligne éditoriale », mais ce n’est pas toujours évident. C’est parfois au petit bonheur la chance.

Alors est-ce que l’on choisit vraiment une maison d’édition ? N’est-ce pas elle en fin de compte qui nous choisit ?

 

Quelques questions sur vous et la lecture

1.     Qui vous a fait aimer la lecture/ l’écriture ?

Incontestablement mon père ! Même si l’on n’avait pas beaucoup de livres à la maison, j’ai toujours été entourée par les livres.

2.     Quel est votre auteur préféré en dehors de vous-même bien sûr ! ?

Ahah ! Je ne suis pas mon auteur préféré (il m’arrive même de penser que je suis « nulle » !)

Impossible de citer un seul auteur, alors une petite liste s’impose. Dans le désordre : Jo Nesbo, Pierre Lemaître, Tony Hillerman, Craig Johnson, Isabelle Wlodarzyck, Philippe Claudel, Ho Hayder, Maxime Chattam, Laurent Gaudé, Harper Lee, Agatha Christie,…

Mes dernières découvertes : Olivier Norek et Ian Manook

3.     Quel type de lecteur êtes-vous ?

Boulimique ! Si l’histoire me plaît, je peux « avaler » un livre de 350-400 pages en 2 jours.

4.     Qu’aimez-vous lire ?

En regardant la liste de mes auteurs préférés, vous remarquerez que je lis énormément de romans policiers et de thrillers. J’affectionne aussi les romans, les romans historiques, la science-fiction et la fantaisie.

Par contre je déteste les romans d’amour !

Quelques questions sur les blogs et tout le reste …

1.     Que pensez-vous des blogs littéraires ?

Je connais quelques blogs littéraires, mais en fait je dois avouer que je ne les consulte que très rarement.

 

2.     Comment gérez-vous les critiques des lecteurs de blogs qui ne sont pas des spécialistes ? (critique positive et négative) ?

Écrire et se faire publier c’est accepter de se prêter au jeu de la critique. Et il ne faut surtout pas oublier que l’on ne peut pas plaire à tout le monde.

Alors évidemment il est plus facile de gérer une critique positive qu’une critique négative (il faut parfois un certain temps pour digérer cette dernière). Que cela vienne d’un professionnel ou non. D’ailleurs la plupart de nos lecteurs ne sont pas des « spécialistes » !

3.     Si vous deviez remercier un professeur que vous avez eu : ce serait qui et pourquoi ?

J’aurais tendance à dire : aucun. (Sauf peut-être madame Vianes, professeur d’histoire-géo de 4ème et 3ème, qui m’a fait aimer cette matière, malgré toutes les petites misères que nous avons pu lui faire subir, nous sales petits morveux incultes…)

4.     Pensez-vous que les jeunes ne sont plus capables d’apprécier la lecture ? Quels remèdes proposeriez-vous ?

Je pense que les jeunes sont toujours capables d’apprécier la lecture. Il faut juste que nous, auteurs – et illustrateurs car pour les plus jeunes c’est très important –, nous arrivions à la leur faire apprécier, en leur proposant des textes bien écrits qui leur parlent, les interpellent, les fassent rire ou s’émouvoir.

5.     Que pensez-vous du boom des éditions numériques ?

Il faut vivre avec son temps. Les ordinateurs, les tablettes, les smartphones… La technologie a envahi notre quotidien de façon exponentielle.

Moi-même j’ai déjà lu quelques livres numériques. Pas beaucoup, quelques-uns tout de même. Et j’ai trouvé l’expérience intéressante. Alors je n’ai rien contre les éditions numériques, à condition qu’il y ait un vrai travail éditorial derrière : ne pas publier tout et n’importe quoi !

Et en ce qui concerne les publications numériques pour les jeunes, à condition qu’il y ait une valeur ajoutée : du son, des animations, des informations complémentaires, des activités ludiques… Et je dirais que parfois (souvent ?) cela amène un enfant réfractaire aux livres, à venir à la lecture justement. Par contre si c’est pour avoir un simple « PDF » d’un livre papier, alors autant mettre un vrai livre entre les mains d’un enfant.

6.     Quels conseils donneriez-vous aux jeunes écrivains ?

Ne pas se précipiter, toujours se remettre en question, apprendre à mettre son ego de côté… et travailler encore et encore : un texte peut toujours être amélioré (ou presque).

 

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