Kundera - Le livre du rire et de l'oubli (20e siècle)

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Le livre du rire et de l’oubli de Kundera

Personnages principaux

  • Mirek
  • Kundera, le narrateur
  • Zdena
  • Marketa
  • Karel
  • La mère de Karel
  • Eva
  • Gabrielle
  • Michèle
  • Mme Raphaël
  • R*
  • Sarah
  • Tamina
  • Bibi
  • La belle-mère de Tamina
  • Le père de Tamina
  • Hugo
  • Banaka
  • Christine
  • L’étudiant
  • Voltaire
  • Goethe
  • Pétrarque
  • Lermontov
  • Raphaël
  • Edwige
  • Jan
  • Hanna
  • Passer
  • Les Clevis
  • Barbara

Résumé par parties

Partie 1 : On parle de la photo de Gottwald et Clementis qui a été modifiée après l’accusation de trahison de Clementis. Cette photo représente le début de la Bohême communiste. Mirek veut se battre contre qui ? Contre ceux qui respectent la Constitution ? Contre l’Etat ? Il s’est fracturé le bras au travail. Quelle affaire veut-il régler avec Zdena ? Quels sont ces « écrits compromettants » ? Mirek a eu une relation avec Zdena, elle a été déçue de leur première fois. Il lui a fait l’amour « comme un intellectuel » ce qui est insultant à cette époque. Mirek est suivi mais il n’a pas encore été arrêté. Il va voir son ami mécanicien qui lui dit qu’il est trop célèbre. C’est l’époque des dénonciations. Les évènements de l’histoire sont vite oubliés car trop nombreux. Les communistes étaient intelligents, ils avaient des plans. Mirek repart de chez le mécanicien. Les deux hommes continuent de le suivre. Il regrette d’avoir encore les papiers compromettants. Il ne pense qu’à la visite qu’il va faire à Zdena. Après sa rupture avec Zdena, tout lui a souri et même si maintenant cela va moins bien il aime son destin et cherche à le rendre superbe. Il faudrait juste effacer Zdena de son histoire. Il a honte de Zdena car elle est laide et que c’est malheureux d’avoir une maitresse laide. Elle ne parle que de lui, il ne peut donc pas nier cette relation. Il n’est pas un arriviste, il n’arrivait juste pas à aborder les jolies femmes. Il se souvient de leurs expériences : il n’a jamais réussi à y mettre de la passion. Les tchèques ont essayé de devenir indépendants en 1968 ce que les russes n’ont pas laissé faire. Ils ont effacé tout souvenir du Printemps de Prague et de Mirek. Zdena lui dit qu’il a encore une chance : il doit se renier et changer publiquement ses dires. Elle doit le faire capituler, surement sur ordre du parti. Zdena ne lui a pas tendu de piège, elle veut le sauver même s’il est trop tard. Elle aime toujours Mirek. Celui-ci veut récupérer les lettres qu’il lui avait écrites. Il l’a aimée d’où les sentiments forts qui ressortent des lettres. Il veut les jeter aux ordures. Elle le trouve changé. Il lui ment sur les raisons pour lesquelles il veut les lettres mais elle dit qu’elle ne les lui donnera jamais. Cela l’irrite au plus haut point, il ne veut pas qu’elle garde une partie de sa vie. Zdena fait semblant de ne pas voir la police secrète devant Mirek mais c’est pour cacher une vérité qui l’effraye. Il réussit à semer la police. Il en profite pour observer le paysage ce qu’il n’avait jamais fait auparavant. Il est trop tard pour se débarrasser des papiers compromettants. Le narrateur s’accroche à un souvenir de Mirek qui montre qu’il a ruiné Zdena, raison pour laquelle il veut la rayer de sa vie. Tous les hommes veulent remodeler leur passé. Lorsqu’il rentre chez lui, il se rend compte que son appartement est perquisitionné. Il va se retrouver devant un tribunal. Mirek a été « effacé » de l’histoire. Il a fait de la prison, ainsi que son fils et une dizaine de leurs amis.

Partie 2 : Marketa et Karel sont allés vivre loin de la mère de Karel. Marketa est plus indulgente avec le temps. La mère de Karel a prolongé sa semaine de vacances chez eux. Pourquoi ne veulent-ils pas parler d’Eva ? Qui est –elle ? Karel se résigne à la présence de sa mère pour le week-end. Il se rend compte que ce qui l’exaspérait chez sa mère n’a guère d’importance. Il sent qu’elle a changé. Marketa est allée chercher Eva à la gare. C’est leur amie et une chasseuse d’hommes. Marketa va la présenter comme sa cousine. Maman a fait exprès de ne pas partir. Elle a aimé faire connaissance avec Eva. Elle a évoqué des souvenirs que Karel lui a prouvé être faux. Mécontente, elle s’est enfermée dans sa chambre. Eva et Karel se sont rencontrés et ont fait l’amour alors qu’il était avec Marketa. Eva ne croit pas à l’amour. Karel est aussi un chasseur. A quoi Eva va –t’elle aider Karel ? Marketa sait que Karel la trompe. Elle en veut à la mère de Karel d’être encore là car elle ne peut pas profiter de la présence d’Eva. Son mariage lui semble pesant tout d’un coup. La tension entre le couple est palpable. Ils ne peuvent plus se voir. Eva a un plan qu’elle trouvait égoïste mais qui va les aider car elle est persuadée qu’ils s’aiment. Ils vont faire l’amour à 3. Karel a provoqué la rencontre entre Eva et Marketa pour guérir la jalousie de cette dernière sans succès. Karel est épuisé7par sa vie de couple, il veut être seul. La mère de Karel ne dormait pas... Elle veut leur parler pour leur prouver qu'elle a raison. Elle remodèle consciemment son souvenir. Maman arrive juste au moment où les filles sortent de la salle de bain mais elle ne voit rien. Karel se sert de sa mère pour faire languir les filles qui sont nues. Karel cherche à voir Mme Nora en Eva. Cela éveille des souvenirs qui l’excitent. Il oublie toute fatigue et fait frénétiquement l’amour aux deux femmes. Eva veut que Marketa joue son rôle dans son couple. Marketa ne se sent bien que lorsqu’elle imagine que Karel est un inconnu. Elle a accepté la proposition même si son amour pour Karel la retient un peu. Karel ramène sa mère, il lui a enfin proposé de venir vivre avec eux ce qu’elle refuse. Il sait que la nuit passée va faire partie des deux ou trois nuits inoubliables de sa vie.

Partie 3 : Gabrielle et Michèle doivent faire un exposé sur Rhinocéros. Elle cherche le sens du signe qu’est le rhinocéros. Michèle en arrive à la conclusion que c’est un effet comique. Le narrateur parle du rire et de ses bienfaits, du bonheur qu’il exprime et que nous recherchons tous. Milan parle de son expérience lorsqu’il a été chassé de son poste. Anecdote de la rédaction de la rubrique astrologie pour R*. Il explique qu’il y a deux sortes de rire : l’un, le premier apparu, vient du diable, l’autre qui n’est qu’une imitation vient des anges. Il y a tromperie car il n’y a qu’un mot pour les deux rires. Mme Raphaël a cherché sa place dans une ronde car faire la ronde c’est la joie. Michèle et Gabrielle travaillent sur leur exposé. Il a fait partie d’une ronde mais au premier faux pas il en a été exclu. Il a regardé les autres avec envie même s’il n’était pas de leur côté. Il a regardé Eluard faire la ronde avec les autres. Il est accusé de trahison envers l’Etat. R* le fait venir en cachette : tout a été découvert. Elle a été licenciée et n’a pas retrouvé de travail. Ils se mettent d’accord sur l’histoire à raconter à la police. Michèle et Gabrielle illustrent l’exposé avec de fausses cornes. Sarah, qui les déteste, les humilie devant la classe. Mme Raphaël rit car elle croit que cela fait partie de l’illustration. Elle et les filles, qui pleurent, font une ronde, elles s’envolent en riant comme des archanges. Il se sait messager du malheur, il doit quitter ceux qu’il aime et son pays. A la fin du rendez-vous avec R*, il voulait la violer alors qu’il n’avait jamais eu aucune attirance pour elle : ce sont ses contradictions qui l’excitaient.

Partie 4 : Il présente son personnage, Tamina. Il situe vaguement son histoire. Il parle un peu d’elle. Sa qualité : elle ne combat pas pour avoir l’oreille d’autrui, elle « écoute ». Tamina demande à Bibi d’aller lui chercher quelque chose chez son père à Prague quand elle y sera. Bibi veut écrire un livre. Tamina appelle sa belle-mère. Ça lui coute très cher. Elle veut récupérer un paquet : sa belle-mère a dû l’ouvrir car elle sait ce qu’il contient. Elle et son mari avaient fui illégalement. Son mari est mort et son souvenir s’estompe au fur et à mesure. Dans les carnets, il y a toute leur histoire à elle et son mari. Tamina a tenté de se souvenirs de ses 11années sans succès. Les souvenirs ne sont plus clairs, elle n’arrive pas les replacer chronologiquement, c’est pour cela qu’elle tient tant à retrouver ses carnets : elle veut se rappeler de tout même des mauvais événements. Elle ne peut pas se les faire envoyer à cause de la police. Elle a donc besoin de Bibi et doit devenir son amie. Elle va tout faire pour que Bibi rencontre Banaka, un écrivain. Elle n’a pas fait l’amour avec quelqu’un depuis la mort de son mari : elle sait que c’est idiot mais elle ne peut pas refouler sa nostalgie. Rencontre entre Bibi et Banaka. Il ne faut pas écrire de roman car à part soi on ne connait rien, tout n’est donc que mensonge. Bibi  approuve et demande des conseils pour se mettre à écrire. Il a compris l’essence de l’activité de l’écrivain grâce à un chauffeur de taxi qui a écrit son histoire non pour sa famille mais pour les inconnus. Il explique ce qu’est réellement la graphomanie. Hugo invite Tamina au zoo mais il n’ose pas la draguer, elle l’intimide. Ils vont visiter un jardin zoologique. Les autruches lui ont fait peur : elle y voit un mauvais présage. Hugo se propose d’aller chercher le paquet si Bibi se désiste. Sa belle-mère ne veut pas se souvenir d’où est la clé. Tamina ne veut pas retourner dans son pays car tous leurs amis ont trahi son mari et que les pardonner serait le trahir à son tour. Après sa mort, elle a voulu se suicider mais n’a pas réussi alors elle a décidé de vivre en et pour le silence. Ils sont tous chez Bibi devant la télé. Ils parlent orgasme à cause de l’écrivain interrogé. Tamina appelle son père de chez Bibi. Elle essaye de le convaincre d’aller chez sa belle-mère récupérer le paquet sans succès. Son père a toujours été en rivalité avec son mari. Elle veut récupérer son paquet avant que quelqu’un ne puisse lire ses carnets car s’ils sont lus, ils lui sembleront dérisoires et le passé sera gâté. Bibi ne supporte plus son mari. Elle ne partira pas avec lui. Tamina est dépitée cat elle n’aura pas son paquet : elle repense aux autruches. Tamina fait des cauchemars avec les autruches. Certains éléments de ce cauchemar sont des souvenirs de lecture de Thomas Mann par Kundera. Banaka est saoul, il dit qu’il n’existe pas car son univers d’écrivain n’est pas reconnu. Tous les hommes finiront par être écrivains et donc sourds et incompris. Hugo la désire car il n’ose pas l’aborder. Ils dinent de nouveau ensemble. Il lui parle de son art. Elle lui dit que Bibi ne va pas à Prague, il ira pour elle. Le père de Tamina a convaincu son frère de récupérer le paquet. Hugo la prend dans ses bras. Tamina se laisse faire. Il la déshabille en prenant ses réactions pour de l’excitation, sans raison. Hugo lui fait l’amour, il tente de faire ses preuves mais elle est indifférente, elle pense à ses vacances passées avec son époux. Elle ferme les yeux pour ne pas voir le visage de celui-ci. Son frère a récupéré les carnets et les lettres. Ils sont chez son père. Elle sait qu’elle ne reverra plus sa famille car elle se sent souillée, violée comme l’ont été les carnets par sa belle-mère. Hugo a compris qu’il ne pourrait jamais entrer dans le monde de Tamina. Il veut écrire un livre sur eux. Il veut se venger de cette indifférence et refuse d’aller à Prague. Il la dégoute. Elle part, silencieuse : elle n’aura jamais son paquet.

Partie 5 : Christine est une bouchère qui a une aventure platonique avec un étudiant pendant l’été. Celui-ci veut d’elle mais elle ne veut pas abaisser leur relation à ça. Explication de ce qu’est la litost : moment où l’homme se rend compte de sa propre misère. Il se sert de l’étudiant et de sa précédente conquête comme exemple. Voltaire, assistant de la fac, propose à l’étudiant une rencontre avec les plus grands poètes contemporains mais celle-ci tombe en même temps que son rendez-vous avec Christine et celle-ci compte plus que ‘toute la poésie de son pays ». La rencontre est décevante pour l’un comme pour l’autre. Il réussit à mettre en place un compromis : il va aller à la réunion des poètes et avoir sa dose de sexe avec Christine ensuite. Une fois dans l’intimité, ils retrouvent leur charme. Kundera regarde ce rassemblement de très loin avec nostalgie. En 1977, il vit déjà à Rennes. Il ne peut pas leur donner leur vrai nom, il les appelle donc Goethe, Pétrarque… Le poète, nommé Pétrarque, leur raconte la visite d’une étudiante qu’il a voulu cacher à sa femme et qui lui a fait peur car elle ne disait rien mais ne voulait pas partir. Boccace, toujours un surnom, dit que les femmes ne peuvent être heureuses qu’avec les misogynes. Pétrarque continue son histoire pour prouver que sa femme est son amie dans toute situation, même en plein scandale comme avec l’étudiant. La discussion monte d’un ton. Les insultes commencent à faire leur apparition. Lermontov cherche à humilier Pétrarque mais tous se retournent contre lui dont Goethe, pseudonyme pour le grand poète. L’étudiant devrait rejoindre Christine mais il n’a pas envie de partir. Alors que tous se moquent de Lermontov, lui prend sa défense et ouvre les yeux à tous ces grands poètes qui du coup l’admirent. L’étudiant demande la dédicace pour Christine à Goethe. Celui-ci fait de la provinciale une reine. L‘étudiant la désire plus que jamais. Les poètes sont mis dehors. Il faut porter Goethe car il a trop bu. Ils ont peur qu’il soit en retard parce que sa femme est un vrai dragon. Lermontov va faire un poème de cette scène. L’étudiant écoute la fin de l’histoire de Pétrarque. Celui-ci l’admire, il est plus poète que les autres. Il lui dit que l’amour c’est la poésie. Grace à Goethe et Pétrarque, Christine devient pour l’étudiant une femme à aimer. Il la retrouve endormie. Il la réveille et tente de lui faire l’amour mais elle ne le laisse pas : elle lui dit qu’elle en mourrait, il ne comprend pas que ce n’est pas qu’une image. Malgré la frustration, il est empli d’amour. Christine a tout expliqué à l’étudiant le lendemain. Pour elle, ce fut une nuit merveilleuse alors que lui est désespéré si elle lui avait dit, ils auraient fait l’amour. Ceci lui donne envie de rire « d’un rire larmoyant et hystérique ». Il explique les deux façons dont se manifeste la « litost ». L’étudiant est frustré : il veut voir Lermontov car lui aussi a été humilié. Il est bloqué avec sa litost. Il va au club. Pétrarque et Lermontov sont là, ils ne le voient pas. Il se sent abandonné de tous. Il part comme chassé par sa litost. Il laisse le mot de Christine pour qu’on sache qu’il est aimé. Pétrarque me rattrape et voit le mot. Il fait avouer à l’étudiant qu’il fait des vers. Quand la litost devient ingérable, la poésie prend le relais. Lermontov renie l’étudiant car il n’aime pas les amants heureux. L’étudiant en est vexé. Lui et Pétrarque laissent Lermontov seul.

Partie 6 : Il parle de Kafka et de son œuvre. Du Procès dans lequel Prague ne sait pas qui elle est. Les rues ont beaucoup changé de noms, tous les monuments ont été renversés. Description de la rue ou a grandi Tamina et de ses noms successifs. Husak a détruit la culture tchèque : moyen qui d’après Hübl est le plus efficace pour liquider un peuple. Il se souvient de l’époque où son père était mourant. Il ne trouvait plus ses mots, il savait beaucoup de choses mais ne pouvait pas les exprimer. Il ne pouvait que répéter : « c’est étrange ». Le silence est la toile de fond de l’histoire de Tamina. Elle s’est disputée avec Bibi et un jour elle a disparu sans laisser de trace. Le jour de sa disparition, un jeune homme est venu au café, il a posé des questions à Tamina. Personne ne s’était intéressé à elle depuis la mort de son mari. Le jeune homme lui explique qu’elle doit partir pour oublier son remord d’avoir oublié son passé. Elle part avec lui dans une voiture de sport rouge. Milan connait le remord qu’a ressenti Tamina. Il explique grâce à la symphonie de Beethoven que le fait de vouloir aller au bout des choses nous empêche de voir l’essentiel. Le livre est, comme les symphonies de Beethoven, écrit en forme de variation. Raphaël arrête son bolide au bord d’un talus. Là, Tamina retrouve un souvenir, elle comprend que son mari n’est pas perdu, elle doit juste voyager pour retrouver les souvenirs. Raphaël la mène à la vie. Lui et le jeune garçon rient ce qui détend Tamina. Il la met dans la barque mais ne la suit pas. L’angoisse de Tamina augmente à nouveau. Elle se moque d’où le jeune garçon la mène. Elle le remplace aux rames. Il se met à gesticuler d’une façon que Tamina trouve obscène. On la mène à son dortoir. Il n’y a que des enfants. Elle est sur une ile, les enfants ne se rendent pas compte qu’elle est une adulte. Elle se souvient du sourire de Raphaël et est prise d’effroi. Le mari de Tamina est mort la nuit à l’hôpital. Ce n’est pas le non-être de la mort qui fait peur à Tamina, c’est d’être un cadavre : personne n’a de respect pour le corps d’un défunt. Il a envoyé Tamina sur l’ile aux enfants parce que dans son dernier souvenir où son père est conscient, il entendait des enfants chanter. Elle a eu peur de l’hostilité des enfants alors elle a tout fait pour s’intégrer. Elle se lave même avec eux maintenant, elle n’a plus honte : sa sexualité d’adulte fait d’elle une reine. Ce voyage dans l’ile est bénéfique : elle a oublié son mari et son remord cat elle est dans un  monde où aucun des deux n’existent. Cette expérience réveille des souvenirs qu’elle avait enfouis car avant ils étaient incongrus. Son groupe veut la récompenser. Ils vont la laver et s’occuper totalement d’elle. Leurs caresses, d’abord un peu gênantes, lui provoquent une volupté qu’elle pensait ne jamais retrouver. Avec une métaphore musicale, il montre que l’homme ne peut pas concevoir sa propre fin. La volonté de faire progresser le monde ne fait que nous rapprocher de notre fin. Malgré la fin de l’histoire de la musique, il n’y a pas le silence mais il y a une musique bête, musique de l’origine sans histoire. Tamina voit l’ile à la fois comme une punition et comme une récompense pour son amour. Là le sexe redevient « une joie d’une angélique simplicité ». D’abord les jeux amoureux avec les enfants n’étaient que plaisir mais il y avait eu des rivalités et le sexe a alors provoqué la discorde. Tamina a mis fin au jeu sexuel de façon un peu brutale. Plus rien n’intéresse Tamina. Elle ne participe plus aux jeux. Son « équipe » la déteste. Ils se sont battus jusqu’à être tous blessés. Son corps qui était admiré est maintenant vu comme monstrueux. Elle est traquée. Elle fuit et en a honte mais, même s’ils sont faibles, ils sont nombreux. Ils l’ont piégée et emprisonnée avec les filets de volley. Les enfants ne sont pas méchants, Tamina est juste hors de leur monde et de leur loi donc ils en font ce qu’ils veulent. Tamina est pleine de haine. Le temps fait son boulot, les enfants en s’intéressent plus à elle. Elle se remet à jouer, elle ne doit plus être en dehors de leur monde alors elle reste à la frontière. Les enfants sont l’avenir car ils n’ont ni souvenir, ni passé, ils sont heureux de tout. Tamina voit son jeune passeur. Elle espère trouver la barque. Elle ne pense qu’à lui. Les danses des enfants l’écœurent. Ils s’élancent tous sur elle. Elle se jette dans l’eau et nage. Elle a l’impression d’être purifiée par l’eau froide. Elle essaye de garder le même cap dans la nuit noire. Elle veut vivre, elle ne sait pas encore dans quel monde mais elle tient à vivre. Elle n’a presque pas avancé. Elle perd espoir et veut alors se laisser mourir. Une barque d’enfant s’approche, ils se contentent de l’observer. Elle se laisse mourir et finit par disparaitre sous la surface.

Partie 7 : Jan fait l’amour avec Edwige dont le visage impassible le travaille. Ils font l’amour dans un mutisme absolu alors qu’ils sont d’abord très bavards. Avec l’exemple du merle, Milan nous montre que nous sommes toujours fixés sur ce que nous jugeons important mais qu’au final c’est toujours l’insignifiant qui nous surprend. Jan écoute Hanna lui parler d’elle et de leur ami commun Passer. C’est une femme certaine de son charme. Débat sur le monokini chez les Clevis : ils sont pour ! Les Clevis sont un niveau à bulle pour trouver la/les bonne(s) idée(s) progressiste(s) à défendre. Quand le sujet dérape, ils parlent de Passer et ne souligne même pas l’égocentrisme d’Hanna. Il couche avec une vendeuse qui prône l’orgasme comme but absolu. Il se compare à Hertz qui faisait danses ses actrices nues pour être sûr de leur placement. Il a honte de s’être laissé diriger ainsi par la vendeuse. Milan écrit l’histoire de Jan avec des événements que celui-ci a vécu comme insignifiant. Il a accepté d’aller chez Barbara pour des jeux érotiques collectifs car il allait quitter le pays. Le mot « frontière » lui fait penser à la mort. Chaque homme a trois biographies sexuelles : les vraies relations, les fantasmées et celles qui auraient pu être et qu’on a refusées  ce qui est illustré avec Jan et la fille du train. Jan et Edwige discutent des images sexuelles, du jeu entre l’homme et la femme mais ils ne sont pas d’accord sur le rôle de celle-ci, rôle qui évolue et trouble l’homme. Il comprend que pour Edwige, faire l’amour c’est juste un signe d’amitié. Jan fait l’amour avec une femme mariée, ils n’ont pas le temps. Le ridicule de la situation offre une entrée au rire mais s’il y a rire, il n’y a plus sexe alors il l’a repoussé. Jan va voir Passer qui est très mal en point et qui pourtant est plein d’espoir. Il dit être amoureux d’Hanna. Jan veut lui montrer que le monde est sur sa fin pour que celle de son ami soit moins tragique. Jan constate que le rire est de l’autre côté de la frontière et qu’après le rire il y a l’oubli, le sommeil. Milan corrige un peu Jan : la frontière nous accompagne toute notre vie. Enterrement de Passer durant lequel il y a beaucoup de malaise. Anecdote du chapeau du père Clevis. Jan assiste à l’une des « réunions » de Barbara. Lui et un autre homme se moquent de ce qui se passe ici. On s’occupe d’eux mais le rire est là, trop puissant alors ils se laissent allés, ils sont priés de quitter la soirée. Jan emmène Edwige sur une ile avant de partir en Amérique. Ils sont tous nus là-bas. Sa relation avec Edwige est fondée sur une foule de malentendus. Il voudrait être Daphnis : un corps rempli d’excitation qui ne connait pas l’acte charnel.

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